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 Mes 100 comics préférés

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doop

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Date d'inscription : 26/08/2015

MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 26 Aoû 2016 - 11:08

71. 2001 ? Sera dans mon TOP 10

72. 2002 ULTIMATES vol 1  #1-6, Marvel Comics (Mark Millar/ Bryan Hitch/Paul Neary)

Afin d'attirer de nouveaux lecteurs, MAVREL crée au début des années 2000 une nouvelle ligne de comics, la ligne ULTIMATE qui laisse aux plus grands créateurs l'opportunité de moderniser les origines des personnages iconiques de la firme. On a donc droit à ULTIMATE SPIDER-MAN par BAGLEY et BENDIS, ULTIMATE X-MEN par MILLER et KUBERT et quelques mois plus tard, ULTIMATES (qui reprend une version modernisée des vengeurs) par le même MILLAR mais avec cette fois-ci BRYAN HITCH, qui sort de la JLA chez DC Comics.
On connaît bien Mark Millar et en dépit des très nombreux défauts que possède ce scénariste, il faut reconnaître qu'il a véritablement lancé une nouvelle mode : celle des comics directement adaptables au cinéma. Et c'est exactement ce qui se passe avec cet Ultimates, dont les designs sont modernisés et dont les personnages ressemblent à des acteurs connus.
Et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si toute la ligne des films MARVEL s'inspire grandement des ULTIMATES, en commençant par le Nick Fury noir campé par Sam L. Jackson croqué par Hitch dans ces épisodes.
Alors oui, ce ULTIMATES est une bande dessinée importante dans la mesure où elle va influencer les designs des films actuels et va lancer, avec l'aide de Bryan Hitch toute une mode "photoréaliste". Marvel va en effet demander pendant plusieurs années à tous les dessinateurs maisons d'adopter un style de ce type, laissant petit à petit de côté les dessinateurs au style plus affirmé. Cela a eu des effets absolument catastrophiques pour les dessinateurs, le premier exemple me venant en tête étant celui de Greg Land, dessinateur capable de faire de très bonnes choses (rappelez-vous les Birds of Prey, Nightwing) et qui ne fait depuis que des photocopies d'acteurs ou d'actrices pour ses dessins. On aurait pu dire la même chose de Salvador Larocca ou encore de Mike Deodato jr (même si dans ce cas-là c'est plutôt une amélioration).
Bryan Hitch quant à lui est à l'aise dans ce style et livre une excellente copie. C'est peut être son dernier bon travail car je trouve que depuis, il a eu beaucoup de mal à aligner les bonnes prestations (comme ses Fantastic Four ou Age of Ultron).
Mais ces ULTIMATES ne sont pas essentiels que pour les dessins et ce qu'ils ont apporté par la suite, les six premiers numéros forment une histoire vraiment intéressante (je n'ai pas pris les six derniers car je trouve que cela perd en intensité), où Millar prend le temps de décrire ses personnages et où, pour une fois, il le fait en toute humilité et en développant énormément les caractères de ses héros. C'est sensible, prenant et je me rappelle avoir pris une claque énorme à la lecture du premier recueil contenant ces six numéros, la scène de bataille entre Hank Pym et la guêpe étant tout simplement saisissante.
Cela a peut-être vieilli, je ne sais pas, je ne l'ai pas relu depuis un moment, mais c'est en tout cas un comics que je conseillerais à des gens qui auraient aimé les films.
Dommage que Millar n'ait pas transformé l'essai, ses ULTIMATES vol 2 étant largement en dessous et sa production post-Marvel étant quasiment calamiteuse (de Kick-Ass à Nemesis en passant par Wanted) . Il s'est depuis repris et livre une excellente série, JUPITER'S LEGACY.
Pour moi c'est en tout cas son meilleur travail.

Titres écartés au profit de celui-ci:
- ULTIMATE SPIDER-MAN, qui est certainement la série faite pour Brian Bendis.
- JUPITER'S LEGACY, de MIllar et Quitely qui arrive à faire du neuf avec un sujet vu et revu (un monde, des héros, etc…)



73. 2002. WONDER WOMAN : HIKETEIA (Greg Rucka/ J.G.Jones), DC comics

Difficile de ne pas faire un TOP 100 sans inclure Greg Rucka, qui a livré au début des années 2000 un run d'anthologie sur notre Amazone préférée. Rucka est un auteur de romans policiers, très à l'aise avec les personnages de femmes fortes. Son run faisant une cinquantaine de numéros, j'étais déjà en train de me creuser la tête pour savoir quoi choisir, mais c'était oublier que l'une des premières incursions de l'auteur dans l'univers de Wonder Woman étaient sur ce one-shot, nommé HIKETEIA, qui confronte notre héroïne à Batman !
Dans cette histoire, WONDER WOMAN a prêté serment de protéger jusqu'à la mort une jeune femme, nommée Danielle, qui a commis un meurtre : elle a en effet exécuté les dealers qui avaient abusé de sa sœur. Ce qui la met en opposition directe avec Batman, qui cherche la justice.
Dans cette histoire, Rucka donne vraiment énormément de profondeur à Diana, faisant de cette héroïne un personnage en chair et en os, avec des faiblesses et des côtés sombres, ce qu'on avait rarement vu encore.
Et force est de reconnaître que c'est une réussite totale. A la relecture on a vraiment l'impression de lire ENFIN du Wonder Woman en tant que princesse mais aussi en tant que femme. Pas une caricature, pas une guerrière, un être humain et c'est à mon sens l'une des meilleures histoires de Wonder Woman, même si Rucka utilisera la série principale pour développer d'autres facettes encore plus intéressantes de notre Amazone.
Niveau dessins, rien à dire puisque c'est le dessinateur surdoué J.G. Jones qui s'occupe de la partie graphique, pour des planches absolument divines. Ca tombe bien !
Très conseillé, de même que la série WONDER WOMAN réalisée par Rucka !


74. 2002 Y THE LAST MAN #1-5 (Brian K. Vaughan/Pia Guerra), DC Comics
Première apparition dans ce top de  Brian K. Vaughan, scénariste qui a réussi le tour de force de proposer quasiment au même moment deux séries de très grande qualité, EX MACHINA avec Tony Harris et Y THE LAST MAN, qui a fait les beaux jours de la ligne VERTIGO et qui l'a consacré comme l'un des meilleurs scénaristes de ces dernières années. J'aurais pu citer aussi PRIDE OF BAGHDAD, mais j'ai choisi les premiers numéros de Y car le concept est fort intéressant. En effet, tout commence alors que YORICK BROWN est tranquillement chez lui, en train de téléphoner à sa petite amie BETH (qui se trouve en Australie ) et de la demander en fiançailles lorsque toute la population mâle de la Terre disparaît dans d’atroces souffrances (les animaux, les fœtus etc… ) et dans des circonstances inexpliquées. Sauf YORICK et son petit singe mâle AMPERSTAND survivent à cette extinction de masse. Alors que ce premier tome se consacre aux évènements qui font suite la disparition de la moitié de l'humanité, on suit aussi les aventures de Yorick, qui part à Washington rejoindre sa mène sénatrice et à son association avec la scientifique ALISON MANN (la seule capable de pouvoir cloner des humains et donc de permettra à la race humaine de ne pas s'éteindre) et l'agent secret 355.
A la relecture, ces cinq premiers numéros sont tout simplement excellents. Vaughan développe une intrigue passionnante, dans la mesure où le gros mystère (la disparition des hommes) peut être expliqué de plusieurs manières différentes : est-ce la faute à une amulette mystérieuse portée par 355 qui l’avait volé en Jordanie ? Ou alors la naissance du bébé cloné de MANN ? Un virus ? Une arme bactériologique lancée par un pays ennemi ? Un acte de dieu ? Est-ce l’anneau que YORICK a acheté qui le protège ?
Bref, le point de départ est assez addictif et plutôt bien lancé. Mais Y ne repose pas que sur ça. Cette bande dessinée permet aussi de voir comment les femmes vont se débrouiller dans ce monde privé d’hommes et pouvoir créer une toute nouvelle société. C’est très étalé dans le temps (en gros trois mois se passent entre la premier et le cinquième numéro), YORICK mettant deux mois à rejoindre WASHINGTON en partant de NEW YORK, car toutes les routes sont impraticables, les voitures et les accidents ayant été nombreux. Cela permet aussi une étude intéressante : les hommes disparus, allait-on assister à une meilleure société ? Quelque chose de plus délicat ? Pas du tout ! Dès le début, les luttes de pouvoir sont nombreuses, que ce soit à WASHINGTON où on a une opposition entre les républicains et les démocrates qui tourne au carnage, ou les actes de violence des Amazones (une secte qui a vu le jour après l'extinction). La société n’est pas devenue meilleure, loin de là, mais c’est compréhensible dans la mesure où tout le monde cherche à s’adapter.
Parlons un peu de notre héros : YORICK est un jeune étudiant qui faut son malin, et il faut dire, il a de quoi puisque c’est le dernier représentant de la masculinité sur Terre. Le fait d’avoir été choisi (on ne sait pour quelle raison) lui donne une sorte d’arrogance assez sympathique. Il est très intelligent mais va toujours tenter des choses aberrantes pour sortir les gens de la panade. Il n’hésitera pas, par exemple, à se dévoiler à toutes les représentantes du congrès pour arrêter la bataille rangée entre les deux camps, au risque de se faire tuer. Il a une sorte d’insouciance de la jeunesse, qui colle parfaitement avec les dialogues extrêmement bien ciselés de BRIAN K. VAUGHAN. Son seul but est de retrouver sa fiancée, ce qui est très noble quand finalement, on a toutes les femmes du monde à sa disposition.
VAUGHAN, comme à son habitude insiste aussi sur les petits détails de la vie quotidienne, truffant ses épisodes de références musicales, cinématographiques ou littéraires compréhensibles par tous et qui finissent d’ancrer nos personnages dans la réalité. L’identification est forcément immédiate.
Les dessins de PIA GUERRA conviennent eux aussi parfaitement, c’est clair, lisible, et si l’on a parfois un peu de mal à reconnaître les protagonistes (toutes féminines, ce n’est pas évident), son dessin est efficace et joli, elle dessine les femmes sans toutes en faire des top-modèles, mais elle leur donne toujours un petit quelque chose en plus. Pia Guerra est un avantage considérable pour ce volume absolument impeccable, qui a le mérite non seulement de présenter un casting assez nombreux et bien développé, une intrigue innovante et efficace, diverses options de résolution et surtout un fil rouge qui sera finalement non pas le pourquoi de la disparition des gens, mais surtout la quête de YORICK pour retrouver sa petite amie. Quel dommage qu'elle ne produise plus de comics, j'aurais adoré la voir croquer les personnages de Fantastic Four par exemple.
Vraiment impeccable, une entrée en matière parfaitement réussie !
Et ce n’est pas fini !  
Si la série va connaître quelques hauts et quelques bas, surtout vers les épisodes 40, VAUGHAN nous livrera des derniers épisodes d'anthologie, concluant sa série de la meilleure des manières, ce qui est assez rare pour être signalé.

Titres écartés au profit de celui-ci:
- EX MACHINA, tout du moins les dix premiers numéros.
- PRIDE OF BAGHDAD, qui raconte les aventures des animaux du zoo de Bagdad bombardé par les Américains



75.2003 GOTHAM CENTRAL #12-15 , DC Comics (Greg Rucka- Ed Brubaker/ Michael Lark / Stefano Gaudiano )
Eh oui, encore du Greg Rucka mais cette fois-ci accompagné d'Ed Brubaker pour ce qui est certainement la meilleure série Batman des années 2000, à savoir GOTHAM CENTRAL. Quand je dis série Batman, ce n'est pas tout à fait vrai puisque GOTHAM CENTRAL nous raconte  (une fois de plus) la vie quotidienne des policiers de GOTHAM, qui sont souvent pris entre les criminels et le justicier chauve-souris qui n'apparait quasiment jamais dans la série. Et c'est cet arc, qui les met face au Joker, qui me semble le plus représentatif de la série en général, qui est excellente de bout en bout.
Un tireur fou abat plusieurs notables de la ville, notamment le maire et créant un effet de panique dans la population Gothamite.
Ce que j'ai le plus préféré dans cette histoire, c'est surtout la découverte de l'identité du méchant (le JOKER donc) et l'effet que cela produit chez les flics du commissariat sous-payés parce qu'on leur refuse des heures supplémentaires et qui se retrouvent finalement confrontés au mal absolu, au pire méchant de l'univers DC.
Cela fonctionne parfaitement dans la mesure où Rucka et Brubaker sont des experts de la police et des enquêtes criminelles, et qu'en plus ils écrivent très bien. On a donc un casting pléthorique, composé d'au moins une dizaine de flics, mais qu'on reconnait très facilement car ils sont tous très bien développés. Et c'est à mon sens dans cet arc-là qu'on se rend compte de leur position plus que délicate, entre des criminels trop forts et trop dérangés pour de simples officiers et un justicier qui ne leur dit rien de ses agissements. La fin d'ailleurs rajoute d'ailleurs une épaisseur au mur qui sépare Batman des officiers.
En plus, les dessins de Michael Lark sont sublimes, magnifiés par l'encrage un peu sombre de Stefani Gaudiano. Lark est un superbe dessinateur,  un peu trop sous-estimé et méconnu, mais qui mériterait sans aucun problème sa place au panthéon des meilleurs dessinateurs du début des années 2000. Il est capable de dessiner de nombreuses cases sur une page et de représenter une dizaine de policiers en uniforme tout en leur donnant des caractéristiques et un langage corporel différent, ce qui permet de les différencier du premier coup d'œil. Et lui aussi est tout à fait capable de représenter le Joker sans avoir recours à des effets gore ou sanglants, il est représenté de manière assez réaliste et cela suffit largement pour le rendre terrifiant.
GOTHAM CENTRAL est donc une série policière, qui entre deux enquêtes particulièrement réussies et assez réalistes finalement nous donne un aperçu des relations qui pourraient exister entre des policiers lambda et un über-justicier comme Batman.
URBAN vient de ressortir l'intégrale de la série en quatre volumes, je vous incite vraiment à vous les procurer !

Titres écartés au profit de celui-ci :
- CAPTAIN AMERICA d'Ed Brubaker et Steve Epting, qui redéfinit complètement le perosnnage de Steve Rogers et lui a donné ses lettres de noblesse.
- QUEEN AND COUNTRY, une série d'espionnage par Greg Rucka et différents dessinateurs qui s'intéresse au MI-6.
- IRON FIST par Brubaker, Fraction et Aja qui redéfinit ce personnage de second ordre.


76. 2003 TRUTH #1-7 : RED, WHITE and BLACK, Marvel Comics (/ Kyle Baker)
TRUTH : RED , WHITE & BLACK est une mini-série en 7 parties publiée par MARVEL COMICS en 2003. (De Janvier à Juillet) ; elle est écrite par ROBERT MORALES ; dessinée par KYLE BAKER et éditée par AXEL ALONSO. Elle nous dévoile les expérimentations faites par l’armée américaine sur les soldats afro américains pour recréer la formule du super soldat à l’origine de CAPTAIN AMERICA ainsi que l’apparition d’ISAIAH BRADLEY , premier CAPTAIN AMERICA noir, durant la deuxième guerre mondiale.


An 2000 : lors d’une réunion éditoriale, JOE QUESADA (rédacteur en chef de MARVEL) et BILL JEMAS (président) ont une idée pour créer la polémique et faire parler d’eux: faire un CAPTAIN AMERICA noir ! Il faut dire que MARVEL est en plein renouveau après la faillite artistique et financière de la fin des années 90 et que l’arrivée de BILL JEMAS a changé les choses. Son plan de communication est très simple: faire de la hype , créer du buzz, utiliser les médias à fond pour faire parler des projets de sa firme, ce qui implique de prendre des décisions souvent osées en terme de publication. Les exemples sont nombreux; comme réduire la taille de la franchise X-MEN , le fer de lance de l’entreprise à l’époque; confier certaines séries très classiques à des créateurs indépendants qui peuvent faire ce qu’ils veulent avec la séries (on pense bien évidemment à X-FORCE / X-STATIX par le duo MILLIGAN/ALLRED) ; faire venir des scénaristes de la télévision (JM STRASZYNSKI sur SPIDER-MAN) ou encore publier des histoires plus adultes, plus choquantes à grand renfort de publicité (comme le RAWHIDE KID, personnage de western faisant son coming out ).
Il est bien évident que cette idée du CAPTAIN AMERICA noir est à la base lancée pour faire jaser les fans et créer de la publicité autour de la série.
Mais on ne plaisante pas vraiment avec la sacro-sainte continuité, et l’idée de base est que ce CAPTAIN AMERICA noir apparaisse dans un nouvel univers, l’univers ULTIMATE, qui propose une modernisation des super héros classiques de MARVEL pour les jeunes lecteurs. L’idée sera abandonnée en cours de route et c’est NICK FURY qui changera de couleur de peau au final dans la ligne ULTIMATE.
JEMAS et QUESADA choisissent de confier la série à ROBERT MORALES et à KYLE BAKER, avec AXEL ALONSO en tant qu’éditeur. ALONSO a été fraîchement débauché par MARVEL de VERTIGO (une ligne adulte chez DC comics) et est plutôt connu pour son approche assez novatrice et radicale des comics. C’est en effet lui qui a édité la série PREACHER par GARTH ENNIS et STEVE DILLON, série à ne pas mettre entre toutes les mains.
Le pari est osé, et MORALES commence à faire des recherches. La première chose qui lui vient à l’esprit c’est le fameux projet TUSKEGEE et son scandale.

Petit rappel historique: le TUSKEGEE SYPHILIS EXPERIMENT (ou PUBLIC HEALTH SYPHILIS STUDY) est une étude clinique menée par le gouvernement Américain de 1932 à 1972 à TUSKEGEE, dans l’ALABAMA. Son but : recruter des afro Américains atteints de la maladie et observer la progression naturelle de l’infection sans aucun traitement. Cette étude a posé d’énormes problèmes éthiques, surtout après 1940 et l’arrivée de la pénicilline quand il a été prouvé que les docteurs ne traitaient pas les patients malades et les empêchaient même d’aller se soigner ailleurs. L’étude s’arrête après que le projet soit révélé dans la presse, ce qui déclenche un scandale sanitaire, obligeant le gouvernement à changer la loi sur la protection des sujets dans les tests cliniques aux USA (loi toujours en vigueur).

MORALES et ALONSO partent du principe que l’armée Américaine aurait plutôt fait des tests sur des noirs avant de lancer le sérum du super soldat sur un jeune blanc frêle et de bonne famille.
MORALES continue ses recherches et découvre que la vérité historique est encore pire que ce qu’il avait imaginé : en effet, la période de la seconde guerre mondiale n’était pas un grand moment de fraternité et d’union aux USA, les afro-américains ayant vécu une des périodes les plus noires en terme d’intégration lors de ces années. La ségrégation militaire empêchait en réalité les soldats noirs d’aller au combat, ils étaient uniquement confinés dans des unités « noires » (on ne mélangeait pas les couleurs à l’époque) qui faisaient les corvées tandis que les bons Américains partaient se battre contre l’ennemi.

Le synopsis de MORALES est donc très noir, et très sombre; il se révèle être non seulement un coup porté à la continuité du CAPTAIN AMERICA actuel, mais aussi une charge violente contre le gouvernement Américain et ses agissements envers la communauté afro-américaine pendant la guerre de 1940. A tel point que MORALES pense que son script ne sera pas accepté.
Il aura quand même le feu vert, mais la série va être mise en stand-by pendant quelques temps à l’issue du 11 Septembre. En effet, après l’effondrement des tours jumelles du WORLD TRADE CENTER; l’ambiance est plus à l’union et au retour des valeurs patriotiques, aux super héros colorés et à la moralité tranchée. Par exemple, la série CAPTAIN AMERICA classique va tripler ses ventes en proposant un CAP ne se battant plus contre crâne rouge, son ennemi nazi, mais contre les talibans en Afghanistan. Il semble difficile à cette époque de ternir le symbole de l’Amérique en publiant une histoire où ses pouvoirs sont issus d’expérimentations sur les noirs.
Au fil des mois et du mandat de GEORGE BUSH, la tendance va s’inverser et le projet TRUTH reçoit le feu vert !
Son premier numéro fait un véritable tollé parmi les fans, qui ne supportent pas que les origines de leur super héros préféré soient entachées par les expériences faites sur les afro-américains. Ils ne veulent pas du tout que l’on touche à la continuité de STEVE ROGERS. Et pourtant, le premier numéro ne nous présente que trois personnages, censés incarner les différents aspects de l’Amérique noire de l’époque.
– MAURICE CANFIELD , riche , bien élevé et socialement (plutôt) intégré, communiste et qui commence à se battre pour les droits civiques. Personnage enragé et engagé.
– LUCAS EVANS, un ancien militaire, défiguré et qui a bien connu la ségrégation au sein de l’armée, d’ailleurs, il s’est retiré et pense à se suicider.
– ISAIAH BRADLEY, un jeune homme assez naïf et très amoureux de FAITH, son épouse enceinte, qui se prend la ségrégation en pleine poire.
Dès le premier numéro, les paris sont ouverts pour savoir lequel des trois va devenir le CAPTAIN AMERICA. Je ne vous dévoile pas la suite.
TRUTH est une œuvre à part dans l’univers MARVEL, très engagée (trop parfois , ce qui dénature un peu le propos) et c’est dommage que les recherches historiques de MORALES n’aient pas été accompagnées de recherche sur le personnage de CAPTAIN AMERICA, ce qui aurait permis d’éviter certains problèmes de continuité qui à postériori l’ont obligé à faire des remaniements en cours de route. Le scénario est quand même plutôt sympathique, même s’il ne peut pas éviter parfois certaines lourdeurs, en ce qui concerne les dessins, personnellement je trouve qu’ils fonctionnent plutôt bien, mais ils sont à l’opposé de la production actuelle , où le style réaliste à la limite du roman photo est quasiment imposé par les grandes maisons d’édition. C’est en tout cas original.
Pour finir, ROBERT MORALES se verra proposer les rênes de la série régulière CAPTAIN AMERICA, mais il sera vite remplacé à la suite d’une aventure où il placera CAPTAIN AMERICA dans le camp de GUANTANAMO, comme quoi, on ne se refait pas!




77. 2003 B.P.R.D #8-68 PLAGUE OF FROGS , Dark Horse Comics (Mike Mignola-John Arcudi/Guy Davis)
J'ai toujours eu un peu de mal à accrocher à l'univers de la série HELLBOY, le titre principal ne m'ayant pas assez captivé pour me permettre d'aller au-delà du premier ou du deuxième recueil.
Pourtant, à l'issue de la publication de l'arc BPRD PLAGUE OF FROGS en quatre énormes volumes, j'ai décidé de franchir le pas au vu des retours positifs sur cette série.
Et j'ai bien fait de les acheter, car c'est tout bonnement exceptionnel. Cette fois-ci, c'est impossible de détacher un arc en particulier car si l'histoire est pourtant composée d'une dizaine d'arcs différents, elle forme un tout, nos héros du BPRD devant combattre la menace des grenouilles (des envoyées démoniaques) tout au long des soixante épisodes.
Que dire ?
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, le BPRD est la cellule d'enquête sur le paranormal dans lequel officie Hellboy. Il est composé de plusieurs personnages aux pouvoirs différents, comme Abe Sapien ou encore Liz Sherman, Johann Kraus ou Roger the Homonculus, à savoir une chose créée par alchimie.
Si au départ la série se pose comme une succession de one-shots assez différents, elle prend une toute autre tournure à l'arrivée de Guy Davis, dessinateur au style assez particulier et très différent de celui de Mignola. C'est avec Davis et John Arcudi, scénariste trop souvent sous-estimé que la série prend sa vitesse de croisière et nous livre non seulement une histoire formidable, qui n'a pas peur de faire des dégâts sur l'univers d'HELLBOY (destruction de villes, mort de personnages importants) mais aussi sur ses personnages, qui vivent, meurent , évoluent d'une manière très subtile. Intrigue au long cours dans laquelle nos héros vieillissent à vitesse réelle, ce PLAGUE OF FROGS est un véritable chef d'œuvre, impeccablement dessiné, superbement écrit avec une trame démoniaque que ne renierait absolument pas Lovecraft.
On peut en plus la lire sans trop connaître l'univers d'Hellboy. Je l'ai lue intégralement l'année dernière et cela à été mon coup de cœur de l'année.
Plus que conseillé, pour les gens qui auraient du mal avec les super-héros et qui aiment les histoires à base de magie, de démons et les ambiances rétro-gothiques. C'est simplement PARFAIT !


78. 2004 SUPERMAN SECRET IDENTITY, DC Comics (Kurt Busiek/ Stuart Immonen)

Récit situé dans l'univers ELSEWORLDS (c’est-à-dire hors continuité), Kurt Busiek nous raconte l’histoire du fameux SUPERBOY TERRE PRIME, à savoir la Terre où tous les héros sont des personnages de fiction (donc en gros notre terre à nous) et où un seul personnage est doté de pouvoirs. BUSIEK nous joue la carte d’un jeune garçon qui s’appellerait CLARK KENT dans un monde identique au notre, où SUPERMAN n’existe qu’à travers les comics. Sauf que ce garçon va découvrir qu’il a les mêmes pouvoirs que le héros de papier. L'histoire est assez simple : en gros, que se passerait-t-il si un jour quelqu’un avait des pouvoirs similaires à Superman dans notre monde réel à nous ?  Ce qui est bien avec BUSIEK, c’est qu’il ne cherche pas à échapper aux incohérences de la bande dessinée de super héros, il utilise ici toutes les failles possibles (la recherche ADN, les empreintes que forcément le héros va laisser à chaque fois qu’il intervient) des histoires de super-héros. Et notamment des siennes, puisqu'il a écrit des comics Superman. Comme il a pu le faire avec MARVELS, BUSIEK est très bon quand il s’agit de décrire la réalité, il nous livre donc une histoire en quatre parties, qui raconte toute la vie de CLARK et il fait très peu d'erreurs. On comprend totalement les réactions de Clark et celles des gens qui l'entourent, c'est fait avec une finesse et une sensibilité assez rare dans les comics. Il est de plus aidé dans sa démarche par un STUART IMMONEN qui dessine des planches à tomber par terre, avec un style extrêmement réaliste qui est à mille lieues de ce qu’on a pu le voir faire chez Marvel récemment. Ce qui est génial avec IMMONEN, c’est que tout en produisant un dessin très réaliste, il réussit à conserver son style propre, ce qui donne des planches très dynamiques aussi, prouvant qu’on peut très bien réaliser les deux à la fois.  Sincèrement, un des comics les mieux dessinés de tous les temps, c'est vous dire !!!!
Et puis quelle histoire ! Tout en nous décrivant un personnage imaginaire qui n'est pas Superman, les deux auteurs magnifient les failles de ce héros de papier !
Une des meilleures histoires de Superman, en tout cas la mieux dessinée !
Titres écartés au profit de celui-ci:
- IT'S A BIRD du duo Seagle/Kristiansen, une étude sur le personnage et comment il peut être abordé par les auteurs.




79. 2005 ALL STAR SUPERMAN , DC Comics (Grant Morrison/Frank Quitely)
L'histoire en quelques mots : Superman est mourant après avoir été trop exposé à des radiations solaires. Avant sa disparition, il en profite pour faire le tour de sa vie, de ses espoirs, passer ses derniers instants avec ses proches et régler les affaires courantes.

Voici l'hommage ultime de Grant Morrison à l'un de ses personnages préférés, le dieu solaire qu'il a décrit dans son livre SUPERGODS.
Et il faut reconnaître que c'est vraiment très bien fichu. Morrison montre qu'il connaît parfaitement tous les rouages et toute la mécanique de Superman et nous révèle sa vraie substance tout en continuant à approcher ses thèmes favoris : la création et l'interaction avec ses créateurs. Il y a aussi un peu de bizarre, de surprenant et le scénariste Ecossais truffe son histoire de références aux comics des années 60 qu'il lisait quand il était gamin.
Alors oui, en dehors du fait que ce soit un hommage, un Superman définitif et absolu et que cela a déjà été fait par Alan Morre dans Suprême (disons que cela part du même principe en tout cas), c'est quand même véritablement passionnant et Morrison réussit à donner une version moderne du personnage qui n'est pas en contradiction avec ce qui le définit de manière intrinsèque et un peu naïve. Rien que pour ça, c'est très fort. Il y a des parties extrêmement touchantes, les épisodes avec Loïs sont vraiment exceptionnels de maîtrise et de tendresse, et les passages sur la terre bizarro sont proches du chef d'œuvre. Après, il y a quelques faiblesses, notamment ce personnage de scientifique qui n'est pas, à mon sens, assez développé et qui laisse une fin un peu tronquée. Peut-être aussi quelques menaces vraiment trop étranges et un peu trop vite parachutées mais globalement, c'est quand même un sacré voyage !  
Mais ce qui impressionne surtout, c'est le boulot de Quitely, encore une fois impeccable de bout en bout, et qui livre une prestation assez incroyable en termes de qualité et de modernité. Chapeau bas. On a l'habitude de le voir inventer des choses sur chaque planche, et il ne me fait pas mentir sur ces douze numéros.
Comme quoi on peut livrer un personnage de Superman moderne sans jamais toucher à ce qui le définit vraiment, un comics dont auraient mieux fait de s'inspirer les studios Warner pour leur interprétation du Man Of Steel.



Titres écartés au profit de celui-ci: Globalement, toute la production Morrison/Quitely est d'un excellent niveau, on retiendra
- FLEX MENTALLO, une des premières collaborations du duo, qui fonctionne à merveille et qui brise encore une fois le quatrième mur
- THE FILTH, où toutes les obsessions de Grant Morrison explosent sous le crayon de Chris Weston


80.2005. FELL #1-9, Image Comics (Warren Ellis/Ben Templesmith)  
Bon ben voilà, autant Warren Ellis peut parfois être décevant (il est pourtant cité de très nombreuses fois dans ce top) , autant parfois ses idées sont tout bonnement exceptionnelles, en tout cas, cet auteur apporte toujours quelques chose de sympathique sur une BD, une envie de bien faire, contrairement à certains autres qui abusent un peu de la crédibilité de leurs lecteurs. Dans le cas qui nous concerne, voici FELL, srti en VF il y a dix ans chez DELCOURT, et qui nous raconte l’histoire d’un policier avec un secret, débarqué dans un coin de ville abandonné de tous où règnent le crime et les ambiances glauques. Rien de bien original me direz-vous, sauf que c’est tout bonnement excellent aussi bien niveau dessins que niveau scénario. Le dessin d’abord car c’est celui qui frappe le plus. On avait l’habitude situer  BEN TEMPLESMITH comme un dessinateur jouant dans les mêmes eaux qu'ASHLEY WOOD, (voir ses 30 DAYS OF NIGHT ou plus récemment ses SPAWN CHRONICLES chez DELCOURT aussi en kiosque) et il nous livre ici une prestation totalement différente, prouvant par la même occasion qu’il est un grand dessinateur, capable de s’habituer aux tons du récit, inutile d’en rajouter dans le glauque, ce n’est pas la peine, ici on a un trait très lisse, très cartoony avec des couleurs pastels, qui font penser un petit peu à du JOSHUA MIDDLETON façon NYX qui se serait accouplé avec JIM MAHFOOD, mais en plus élaboré. Autant dire que c’est extrêmement intéressant et en tout cas parfaitement réussi. La colorisation (signée aussi TEMPLESMITH) est parfaitement maîtrisée.
Au niveau du scénario les épisodes sont très courts, une quinzaine de pages et je dois avouer que le tout premier épisode m’a fait peur : j’y ai vu trop de glauque et je me suis dit que si tout était comme ça, ce serait vite pénible. Et bien pas du tout ; FELL progresse au fur et à mesure des épisodes, contrairement à la lente descente aux enfers de ce type qui s’est mis en tête de sauver la ville, mais qui voit bien que c’est une tâche insurmontable. L’originalité et la précision du scénario vont crescendo, avec quelques épisodes absolument magnifiques, du genre celui de l’interrogatoire et surtout le dernier, quasiment tout en prose, qui pourrait ressembler à ce qu’on a déjà vu dans certains épisodes de TRANSMETROPOLITAN.
On s’habitue petit à petit à ce héros malgré lui, à sa copine bizarre serveuse de bar, à tous ces gens corrompus jusqu’à la moelle, glauques jusqu’au bout des dents et même à la réaction bizarre de certains des protagonistes, car en effet, ELLIS ne situe absolument pas sa ville, ne nous donne pas plus que ça d’indications sur les personnages et se contente juste de faire avancer ses idées et son histoire, différente à chaque épisode avec la ville en dénominateur commun.
On a en plus droit à des running-gags, genre la bonne sœur, ce qui contribue à faire encore plus de ces récits un sérial qu’on aurait envie de retrouver tous les mois.
Car chacun des épisodes (sauf peut être les premiers) est un petit bijou de dialogues, de scénario et de manière de faire vivre son histoire en 17 pages.


Bref, autant dire que ce recueil est une réussite totale et qu’il mérite bien un achat et qu'on attend toujours la suite !

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psychocouac

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 26 Aoû 2016 - 15:43

doop a écrit:
Dès le premier numéro, les paris sont ouverts pour savoir lequel des trois va devenir le CAPTAIN AMERICA. Je ne vous dévoile pas la suite.
Bah en fait, un peu avec ton image juste en dessous Wink
Je n'ai pas lu cette série mais je connaissait l'identité du Cap Black par Young Avengers (et je suis sur que je ne suis pas le seul)

Sinon Secret identity I love you
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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Sam 27 Aoû 2016 - 11:37



Moi j'aime pas Secret Identity.
Dès que l'on colle une femme et des gosses à Superman, on lui enlève son essence en lui donnant une priorité: sa famille*.
Superman appartient à l'Humanité mais dès qu'on lui adjoint une descendance, c'est foutu puisqu'il va toujours privilégier ses enfants. Donc il n'y a plus de Superman mais un Superpapa. C'est exactement ce qu'il se passe actuellement sur ses titres où il passe une partie de son temps à mettre sa femme et son fils hors de danger et c'est nul.
Je ne me souviens que très vaguement de ce qu'il se passait mais je me souviens parfaitement d'avoir pensé que c'était écrit par un futur père (ou tout nouveau) qui s'extasiait devant la grossesse de sa femme en pensant que c'était naturel que tout le monde participe à cet état de béatitude.

All Star Superman pas dans le Top 10, ça commence à faire beaucoup...

*en revanche, Batman s'arrange très bien avec un fils puisque les différents Robin avant lui ont déjà créé un rapport filial.
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SgtPépère

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Sam 27 Aoû 2016 - 13:52

J'aime bien Secret Identity parce que c'est un Elseworlds, schtroumpf grognon !
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 10:28

81. 2006 STAR WARS LEGACY #1-50, Dark Horse, Marvel Comics (John Ostrander/Jan Duursema/Sean Parsons)


STAR WARS LEGACY est un superbe comic-book, je ne donne d'ailleurs pas de numéro particulier puisque la saga s'étend sur toute la série et prend de l'ampleur et de l'allure au fur et à mesure des planches.
L'histoire se passe après STAR WARS VI, et se concentre sur les aventures du dernier de la lignée des SKYWALKER, prénommé CADE, nous ne sommes donc plus raccord avec le nouveau film, mais ce n'est pas grave.
C'est l'accroche principale, mais on comprend très vite que JOHN OSTRANDER (scénariste trop sous-estimé qui a non seulement fait un travail fabuleux sur l'univers Star Wars mais aussi chez DC avec THE SPECTRE et SUICIDE SQUAD) et JAN DUURSEMA ne vont pas se focaliser sur le héros, mais sur tout l'univers qui l'entoure et toutes les forces en présence, n'hésitant pas à faire des numéros entiers sans que CADE apparaisse et qui ont pour protagonistes des personnages nouveaux ou secondaires, mais très important pour le développement de l'histoire. Car effectivement il y a beaucoup de forces en présence, tout un univers d'ailleurs.
Tout d'abord les SITH, menés par le très sombre DARK KRAITH qui ont pris le pouvoir en destituant par la force et avec l'aide de ses principaux conseillers (les MOFFS) l'ancien EMPEREUR, en exil, mais qui cherche à se venger et à retrouver son trône, aidé de ses jedi impériaux (des jedi "gris", à mi-chemin entre les JEDI pur et le SITH).
Puis de l'autre côté, les jedi, totalement disséminés eet dont il ne reste que peu de membres et qui s'allient plus ou moins aux YUZAAN VONG, des extraterrestres qui avaient tenté d'envahir l'empire, qui ont été heureusement battus mais qui sont à l'origine de la nouvelle scission de celui-ci. Vous trouvez cela déjà compliqué ?
Si vous rajoutez les trahisons de certains MOFFS, de certains IMPERIAUX, des rebelles qui se battent indépendamment et sans allégeance à l'empereur déchu contre les SITH et l'incapacité pour CADE de savoir s'il suit le chemin qui le mène à la lumière ou vers le côté obscur, vous comprendrez que LEGACY bénéficie d'une intrigue plus que dense, qui peut décontenancer au départ, mais dont les éléments et les personnages se mettent au fur et à mesure en place au fil des épisodes, formant un tout final particulièrement brillant.
L'intrigue principale est parsemée d'épisodes spéciaux, comme par exemple celui qui nous raconte les dessous de la scission EMPIRE/SITH et qui met bien des choses en place ; ou encore une intrigue politique où deux espions tentent d'empêcher un accord entre l'empereur déchu (FEL) et une coalition armée qui se bat contre les SITH. Nous avons même droit, dans les tous premiers épisodes de la série, à deux numéros où CADE retrouve certains de ses anciens camarades JEDI et monte une alliance avec les VONG et un épisode sur la manière dont les généraux de KRAITH asservissent une planète. Vous voyez bien qu'on est très loin du concept de base, et que ce qui prime dans LEGACY , c'est l'univers et les intrigues politiques.
Niveau dessin, c'est impeccable puisque la prestation de JAN DUURSEMA est tout bonnement fabuleuse, je n'avais jamais vu un tel niveau chez cette dessinatrice et cela n'a absolument rien à voir avec ce qu'on a pu voir dans les années 1990 sur X-Men. Je ne sais pas si c'est l'encrage de SEAN PARSONS qui lui réussit, mais en tout cas, c'est vraiment très bon et un régal pour les yeux. Je ne pensais pas qu'elle était capable de livrer d'aussi jolies planches !
Toute la série tourne donc entre arcs faisant avancer l'intrigue principale et petits numéros solos sur des points de l'univers Star Wars. Cela forme un tout extrêmement cohérent et complexe pour ce qui reste la meilleure série Star Wars Dark Horse, qui n'a rien du tout à envier aux nouvelles séries Marvel, trop restreintes par le format imposé !
Autre point positif : la fin de la série n'est absolument pas bâclée, elle est même vraiment passionnante et clôt de la meilleure des manières la série !
Même si vous n'êtes pas fan Star Wars (ce que je suis) et que vous n'avez qu'une connaissance parcellaire de cet univers, laissez vous entraîner dans cette aventure !
Titres écartés au profit de celui-ci:
- THE SPECTRE par le même Ostrander et Tom mandrake, qui nous propose le meilleur des aventures du perosnnage le plus mystérieux et le plus puissant de l'univers DC.




82. 2006 CASANOVA #1-7: LUXURIA, Image Comics (Matt Fraction/ Gabriel Bà)

J'avais acheté le premier TPB de cette série car j’avais vu de très bons retours sur certains forum (Buzzcomics pour ne pas le nommer) et comme je ne m’étais pas renseigné du tout, je suis allé de surprises en surprises. Tout d’abord les couleurs : il n’y en a que trois, noir, blanc et vert. C’est toujours intriguant ce choix de trois couleurs, et je ne comprends pas bien pourquoi, mais c’est plutôt réussi car cela met en valeur le graphisme de Gabriel Bà.
Et puis il y a l’histoire : CASANOVA est une série de science-fiction croisée avec un peu de JAMES BOND. Là aussi, grosse surprise, je ne m'attendais pas à ça de la part du scénariste qui, à l'époque, n'avait fait que IRON FIST !
Ca fonctionne très bien. Le récit est très dense et jongle tout de suite avec des concepts pas du tout compréhensibles à premier abord, comme les lignes de temps parallèles ou les combats mentaux. Arrivé aux alentours de la fin du premier épisode, on repose alors le bouquin et on se dit qu’on va tout reprendre depuis le début, en faisant beaucoup plus attention. Car c’est loin d’être une bande dessinée pop-corn , comme SEX CRIMINALS du même scénariste par exemple. Il faut faire des efforts si l’on veut rentrer dans cette BD, et c’est plutôt bon signe car à la fin , on est totalement fasciné par l’univers que FRACTION et BA sont en train de créer sous nos yeux.
CASANOVA QUINN est donc le fils du directeur de l'EMPIRE (sorte de SHIELD ), dont le but est de protéger la planète des méchants. Or, CASANOVA est un méchant, un gentil méchant mais un méchant quand même. Le voilà par magie transporté dans une ligne temporelle alternative par le chef du WASTE (l'HYDRA donc), qui lui propose de se faire passer pour son double de cette réalité afin d’infiltrer l’EMPIRE. (Dans cette réalité, CASANOVA est un super agent). C'est déjà assez compliqué mais si vous rajoutez à cela des créatures bizarres ; des corbeaux ou des araignées qui apparaissent de temps en temps lors des combats mentaux, eh bien on se demande ce qui se passe et où FRACTION veut en venir. Pas d'inquiétude, tout est (quasiment) expliqué à la fin.
C’est beaucoup plus limpide au fil des épisodes, et ce qui peut paraître un peu confus au départ se décante très bien au bout du deuxième numéro. On est totalement pris dans l’action et l’univers ne pose plus de problèmes (même si j’ai toujours pas capté cette histoire de corbeaux et d’araignées…)
Le rythme aussi est excellent. CASANOVA nous donne la plupart du temps des numéros solos, où l’intrigue est résolue en vingt-quatre planches avec bien entendu toujours un fil rouge bien construit sur la personnalité du héros et de son univers. Il est sacrément doué pour raconter des histoires FRACTION, et réussit à nous faire aimer son héros pourtant peu ragoûtant au départ. Construit en plus sur de bonnes idées un peu tordues, FRACTION relance encore son récit dans le dernier épisode, ce qui promet de belles choses pour l’avenir.
De superbes personnages, de très bons concepts, de très bonnes histoires, bref, cela ne dépareille pas avec certains titres de MORRISON ou ELLIS, par exemple, tout en restant plus orienté action et SF.
La deuxième surprise vient du dessin. Au départ, je me suis dit…BOF BOF, le premier coup d’œil ne m’a pas franchement emballé. Et pourtant, on est absolument conquis par le style de GABRIEL BA dès les premières planches, où son sens du dynamisme et du détail qui tue fait mouche à tous les coups. Il faut, là aussi, juste faire un petit effort pour rentrer dans le dessin.
En résumé, CASANOVA est une série très inventive, rondement menée et excellemment dessinée.
Tout pour plaire donc.
Ce sera moins le cas pour ses suites, Fraction n'arrivant pas à retrouver le niveau de son premier arc.
Titres écartés au profit de celui-ci:
- DAYTRIPPER où Gabriel Ba et son frère jumeau Fabio Moon nous propose une bande dessinée très intimiste et assez surprenante.




83. 2006. MOUSE GUARD: FALL 1152, Archaïa entertenment (David Petersen)
Première constatation: l’objet est superbe, le format est cartonné, carré (21*21) avec plein de bonus et de pin-ups ; des cartes du monde, etc…
C’est le premier point positif.
Deuxième point l’histoire.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout, MOUSE GUARD est une épopée très fantasy qui a pour protagonistes de jolies petites souris. En fait, les MOUSE GUARDS sont les protecteurs des villages et des routes rejoignant les différentes villes ; les débarrassant d’éventuels dangers (serpents , etc…)
On s’intéresse plus particulièrement à trois GUARDS qui vont mettre à jour un complot visant à envahir la capitale et à faire tomber la reine.
Si j’étais réducteur, je dirais, pensez au seigneur des anneaux version souris. C’est quand même beaucoup moins fourni que l’œuvre de TOLKIEN mais l’auteur, David Petersen, a particulièrement soigné son univers, fournissant cartes et moult détails à la clef, ce qui permet vraiment de nous faire rentrer de plein pied dans l’histoire, tout à fait classique.
C’est une petite histoire avec des petites souris en fait, tout simplement. Sauf que c’est particulièrement bien réalisé.
Je ne pense pas qu’il faille chercher quelque chose de plus, ce sont juste des souris et l’auteur n’a certainement pas cherché à faire de la philosophie anthropomorphique ; le fait que ce sont des animaux n’est pas une métaphore par rapport à la condition humaine, je pense notamment à des œuvres comme MAUS, ici rien à voir.
C’est juste une histoire de fantasy avec des souris toutes mimis.
En plus l’idée de départ est bonne. Comme ce sont de tous petits animaux, il paraît logique qu’il y ait une garde qui protège et surveille les routes des prédateurs des souris. Après, on a exactement (et encore une fois) ce que l’on cherche si on achète ce livre. Une bonne histoire de chevalier, de complot, de combat et de bravoure.
Evidemment, (et c'est le troisième point) ce livre ne serait pas aussi bon sans les magnifiques dessins de Petersen, qui arrive à dessiner de valeureuses et farouches petites souris avec des épées tout en gardant le côté mignon et craquant de celles-ci.
Bon, évidemment, le problème avec des souris, c’est qu’il est difficile de les reconnaître, et Petersen emploie une astuce faite et refaite depuis mais qui marche (la couleur de la fourrure et la couleur de la cape). Non, ce qui est très intéressant dans le dessin, c’est qu’il mélange un côté cartoon, pour les souris en général qui sont aux prises avec un monde extérieur en revanche, lui, dessiné de manière très réaliste. Les combats des souris contre des serpents ou des crabes sont tout bonnement beaux à tomber.
C'est aussi une mise en bouche, l’auteur a un plan derrière la tête puisque son histoire ici n’est que la première partie d’une saga plus grande dont trois autres volumes sont déjà sortis. Il respecte donc encore ici les codes de la fantasy jusqu’au bout.
En plus, vous pouvez faire lire ce livre à n’importe qui autour de vous, les plus jeunes, les moins jeunes, ce n’est pas extrêmement violent, c’est beau et l’histoire est très lisible et très linéaire. Les plus grands pourront eux s’extasier totalement devant la finesse et l’habileté de dessinateur de Petersen.
Un vrai petit bijou, un grand livre pour une petite histoire avec de petites souris.
Et donc un grand coup de cœur.



84. 2007 SILENT WAR (David Hine/Fraser Irving), Marvel Comics
Cette série en six parties est la suite directe de la mini série SON OF M, et nous raconte les début d'une guerre entre les inhumains, les humains et VIF ARGENT.
Pour ceux qui ont aimé la mini SON OF M, vous pouvez vous jeter dessus instantanément. En effet, le scénario est aussi bon, voire meilleur et peut-être un peu plus linéaire mais c'est tout à fait logique, car la précédente série s'intéressait aux différents voyages dans le temps de PIETRO. Hine a vraiment une relation particulière avec ses personnages et nous décrit les inhumains d'une manière très intéressante, se concentrant sur les personnages avant tout comme l'avait fait JENKINS dans sa mini avec JAE LEE. Le ton y ressemble un peu je trouve, et c'est quand même dans ce genre de séries que l'on se rend compte que FLECHE NOIRE est un magnifique personnage. J'aurais pu mettre SON OF M mais là, je pense que c'est sur cette mini-série que David Hine se donne à fond et maitrise le mieux son histoire.
Ici, on s'intéresse aux conséquences du vol des cristaux térrigènes et de leur expérimentation par l'armée Américaine, ce qui va entraîner une guerre entre les inhumains et les USA. C'est, en plus de ça, relié parfaitement aux séries de MARVEL, avec l'apparition des MIGHTY AVENGERS et d'autres équipes plus en relation avec VIF ARGENT, à savoir X FACTOR. Donc là-dessus, pas de problème, les personnages sont écrits impeccablement et le scénario ne prend pas le lecteur pour une buse et il ne fait pas de concessions, ce qui parait actuellement impossible. C'est assez dur, c'est violent et adulte, ce qui est le principe des récits de David Hine.
Hine est à mon sens l'un des meilleurs scénaristes du moment. Il a réussi sur chaque titre qu'il a eu entre ses mains à donner une valeur ajoutée non négligeable, à réaliser quelque chose de mature, profond et ambitieux, que ce soit sur ses titres indépendants (Spawn, Bulletproof comics) mais aussi chez Marvel (Son of M, District X) ou DC (pas mal de Detective Comics de très bonne facture). Vous pouvez prendre les yeux fermés dès que vous voyez son nom quelque part, c'est quasiment toujours signe d'une très grande qualité.
Le dessin, maintenant : FRAZIER IRVING a vraiment un style, que personnellement j'adore et c'est un peu pour cela que j'ai choisi cette mini par rapport aux autres! Je comprends qu'il puisse en rebuter quelques-uns, mais franchement, il faut reconnaître que tout y est : ce n'est pas statique, cela à du style, les persos sont quand même très reconnaissables et une majesté se dégage complètement de FLECHE NOIRE par exemple. Même ses MIGHTY AVENGERS tiennent la route, c'est vous dire. Non vraiment, j'adore ce style, reconnaissable entre tous.
Si vous avez l'occasion, foncez !


Titres écartés au profit de celui-ci:
- SILENT WAR qui s'intéresse aux suites de HOUSE OF M et qui est plus complexe
- DISTRICT X, une série policière mutante avec Bishop et qui est à mon sens la meilleure production Marvel issue de HOUSE OF M
- XOMBI par Frasier Irving, un superbe récit auto-contenu est superbe !



85.2007 SCALPED #1-5 INDIAN COUNTRY, DC Comics (Greg Rucka- Ed Brubaker/ Michael Lark / Stefano Gaudiano )
Pas repéré au départ, je suis venu à SCALPED après la sortie du deuxième recueil VO, poussé par les critiques dithyrambiques sur les forums.
A première vue pourtant, ce n’est pas franchement ma tasse de thé, les thèmes d’un indien qui revient dans sa réserve en tant qu’homme de main du « mafieux » local sur fond de pauvreté d’alcoolisme etc… peut facilement devenir caricatural ou gênant, ou partir trop dans la démesure. Quand on voit des batailles sanglantes, un peu trop parodiques collées à un fond très réaliste, j’ai beaucoup de mal, car c’est déjà vu et déjà fait !
Autant vous dire que ce n’est absolument pas le cas ici !
SCALPED est tout simplement brillant !
Pourtant, on pouvait craindre des premières planches que le récit parte dans un semblant d’histoire ultra violente, mais en fait pas du tout. La grande réussite de JASON AARON c’est qu’il arrive à rendre complètement crédibles les personnages de sa série, en s’y attardant longuement, et qu’il maîtrise parfaitement l’art du cliffhanger ! Mais alors complètement. La fin du premier épisode est déjà surprenante en soi, mais la fin du TPB nous laisse carrément par terre, nous faisant acheter immédiatement la suite.
AARON veut aller en profondeur dans son histoire, et prend son temps ; personne n’est réellement ce qu’il paraît être et c’est pour notre plus grand plaisir qu’on se prend à découvrir des aspects de certains personnages qu’on ne supposait absolument pas. Ce sera d'ailleurs le principe de la série tout au long des dix recueils.
Un résumé pour ceux qui ne connaîtraient pas : DASH BAD HORSE revient donc dans sa réserve après plus de quinze ans d’absence et se met très vite au service du chef LINCOLN RED CROW , très stressé par l’ouverture prochaine de son CASINO qui doit lui permettre de gagner encore plus d’argent qu’il ne se fait avec l’alcool, la drogue ou la prostitution.
AARON ancre sa série dans un réalisme historique, avec des agents du F.B.I. tués par des indiens dans les années 70 et une rébellion qui a effectivement eu lieu me semble t-il (mais mes connaissances en histoire de l’Amérique s’arrêtent là) et on entre tout de suite dans cette atmosphère de fin du monde, de misère et de pauvreté.
Le style est assez intéressant aussi, AARON utilisant la plupart du temps des flashbacks qui nous en apprennent à chaque fois un peu plus et nous entraînent vers une révélation finale assez surprenante et totalement bluffante !

Il y a aussi quelques personnages mystérieux qui vont apporter leur pierre à l'édifice et qui vont véritablement faire un parallèle entre les actions des protagonistes de la série et les légendes indiennes. Car SCALPEED n'est pas qu'une bande dessinée policière, avec des flics corrompus, des agents du F.B.I. qui ont des choses à cacher et des criminels qui sont peut-être meilleurs que les autres parfois. C'est aussi une bande dessinée sur l'identité, la loyauté, les liens du sang, bref, sur l'humanité et tout ce qu'elle recèle de bien ou de mal. Tous sont des gens paumés, et l’arrivée de BAD HORSE va déclencher des évènements à la chaîne, dont on ne peut évidemment pas prévoir l’issue. Cela me fait penser complètement au style de séries HBO, comme SHIELD ou SOPRANO. C’est rude, c’est dur et très bien écrit. Le scénario sait exactement où il va et s’attarde sur tous les aspects de l’histoire (le passé des personnages, les personnages secondaires, l’environnement) pour nous emmener exactement là où il le désire sans que rien ne soit superflu. Chaque page est un régal. Et pourtant, les trucs policiers violents ne sont pas ma tasse de thé, mais force est de reconnaître que c’est passionnant de bout en bout !
La bonne nouvelle c'est que le niveau ne baisse quasiment pas tout au long de la série !!!!!!
Quelques mots des dessins. R.M. GUERA, que je ne connaissais pas du tout est absolument formidable. Ses planches sont un bijou de détail et de réalisme, qui ne tombent jamais dans la démesure ni la caricature, et sans utiliser de photo références. C’est un dessinateur d’instinct, comme Sean Phillips d’ailleurs, et cela fonctionne encore mieux, car il évite parfois le trait caricatural de ce dernier. Ce sont des dessins puissants, qui rendent parfaitement l’atmosphère et qui en plus sont parfaites au niveau du storytelling.
Mélange entre du JOHN BUSCEMA pour l’énergie et la puissance de ses dessins et LEONARDO MANCO, R.M. GUERA est lui aussi une révélation.
Un des meilleurs TPB que j’ai pu lire récemment, et qu’on ne peut pas fermer avant d’être arrivé à la fin.
Maintenant que la série est terminée, je pense que SCALPED est le genre de série que l’on peut lire et relire indéfiniment, on trouvera toujours un petit quelque chose, un indice qui nous avait mis sur la voie.


86. 2007 OMEGA THE UNKNOWN (Lethem-Rusnak/Dalrymple), Marvel Comics
C’est marrant de constater qu’on a toujours tendance à laisser les œuvres récentes de côté lorsqu’on parle de ses histoires préférées. Peut-être est-ce le temps qui les rend meilleures, peut-être est ce que ce sont les souvenirs qu’on leur a attaché, je n’en sais rien. OMEGA a failli partir à la trappe, c’est pourtant l’une des meilleures choses que j’ai pu lire cette année, voire une des meilleures choses que j’ai pu lire depuis longtemps. Pourtant, ce n’est pas un concept original, puisque c’est le regretté STEVE GERBER qui a créé OMEGA au sein de son propre magazine mensuel, dans les années 70 avec le regretté JIM MOONEY. Depuis, OMEGA est parti dans les limbes de l’oubli pour être ressorti par JONATHAN LETHEM et FAREL DALRYMPLE l’année dernière !
Plus qu’une relecture, plus qu’un hommage, ce comics est absolument différent de quasiment tout le reste de la production MARVEL) dans la mesure où ce n’est absolument pas « markété » ni « bankable ». Des auteurs inconnus du grand public, un personnage totalement oublié, une parution dans la plus stricte intimité et sans publicité, bref, on se demande même ce qu’il fait au sein de la maison des idées, ce OMEGA.
Original, innovant, artistiquement parfait, OMEGA THE UNKNOWN a non seulement le mérite de garder l’esprit original de la série de GERBER mais de s’en démarquer au fil des pages pour arriver à un aboutissement assez explosif et osé (aucun dialogue sur l’épisode de fin..ou presque). Comme si on avait demandé à un artiste contemporain de revisiter les toiles des plus grands maîtres de la renaissance
On suit donc les mésaventures du jeune ALEXANDER ISLAND, un jeune homme plutôt taciturne qui a le malheur de découvrir que ses parents ne sont que des robots lors d’un accident de voiture. Et qui est cet extraterrestre en collant qui poursuit ALEX ?
C’est une véritable explosions d’idées, avec un graphisme qui oscille entre du PAUL POPE et du GEOFF DARROW et des concepts tordus que même PETER MILLIGAN période SHADE ne renierait pas ! Une des grandes réussites (et des grandes originalités ) de OMEGA tient surtout dans le personnage de MINK, super héros bariolé qui n’existait pas dans la version originale et qui va donner lieu à quelques scènes totalement surréalistes (lorsqu’il se bat avec sa main coupée géante qui est devenue autonome et revancharde par exemple).
Le premier épisode (la série en compte 10) est quasiment une copie mot pour mot du script initial de GERBER, mais peu à peu, l’intrigue prend ses distances et on commence à se demander où LETHEM et son complice RUSNAK veulent bien aller. On est un peu perdu dans l’intrigue, mais tout se dénoue à la fin. C’est donc une splendide série qui s’offre à nous, totalement réussie de bout en bout !
Je vous le conseille vivement même si le traitement de l'intrigue à de quoi surprendre. C'est en tout cas une œuvre à part qui a toute sa place ici, une des plus originales de la dernière décennie !





87. 2008 I KILL GIANTS, Image Comics (Joe Kelly/J.M. Ken Nimura)


Barbara Thorson est une jeune fille un peu bizarre. Non seulement elle porte des oreilles de lapin sur la tête, mais de plus elle ne s'intègre pas vraiment dans sa classe, se faisant très peu d'amis. Il faut dire qu'elle est fan de jeux de rôles, qu'elle écrit beaucoup d'histoires, qu'elle vit dans sa tête.
Et surtout qu'elle attend des géants afin de les massacrer avec son petit marteau caché dans son sac en forme de cœur !
C'est, je pense, le titre le moins connu de toute la liste et pourtant, c'est le plus émouvant !
Joe Kelly nous livre sa meilleure histoire, peut-être la plus personnelle de sa carrière avec une jeune fille qui s'invente un monde imaginaire pour échapper à une triste réalité.
C'est drôle, touchant et la fin vous retournera le cœur.
En plus, il n'y a rien de compliqué, l'histoire se lit très rapidement et elle est finalement très simple.
J'aime aussi beaucoup la morale de l'histoire, "on est plus fort que ce que l'on croit "!
De plus, les dessins de JM Ken Nimura, très manga pourtant, arrivent à donner une certaine poésie à l'ensemble, ses personnages étant très bien croqués. Si on peut être un peu surpris par les graphismes au tout premier abord, cela fonctionne parfaitement dans le cadre de cette histoire.
Un petit bijou !





88. 2009 MARVEL DIVAS, Marvel Comics (Roberto Aguirre-Sacasa/ Tonci Zonjic)
Un jour est arrivé dans un colis un petit TPB qui avait l'air sympathique en dépit de la couverture horrible (mais c'est un pléonasme) de J SCOTT CAMPBELL : MARVEL DIVAS.
Je pensais lire un petit truc gentillet et au bout d'un épisode, j'ai été complètement conquis !
ROBERTO AGUIRRE SACASA (et je suis content de le voir dans cette liste) est un scénariste assez troublant, dans la mesure où il est rarement moyen. Il est soit excellent (FF : 4 ou ANGEL, AFTERLIFE WITH ARCHIE où il livre l'une des scènes les plus touchantes de ces dix dernières années), soit assez mauvais , voire les deux à la fois (sa mini-série MAN THING alternait le sublime comme le très médiocre). Là on est tout bonnement dans l'excellent !
MARVEL DIVAS nous raconte les aventures de quatre héroïnes de seconde zone : PATSY WALKER (HELLCAT); MONICA RAMBEAU (PHOTON); FELICIA HARDY (BLACK CAT) et ANGELICA JONES (FIRESTAR) et se veut une parodie comique des séries pour filles des années 50/60. Car n'oublions pas que PATSY WALKER, TOP MODEL était l'héroïne d'un comics à l'eau de rose avant d'être HELLCAT dans les VENGEURS, d'ailleurs c'est ce que Marvel a essayé de relancer il y a quelques mois en faisant un four absolu.
Alors quand un scénariste s'essaye à la parodie, c'est souvent lourd et raté (les exemples sont nombreux) sauf que là, miracle, ça fonctionne enfin.
On n'est pas du tout dans une bande dessinée qui joue la carte de la provocation, on n'est pas dans les allusions sexuelles à deux balles avec un humour gras. On n'est pas non plus dans un comique de répétition lourd et agressif, un seul gimmick utilisé et ré-utilisé jusqu'à la corde, pas de sang, pas de violence et surtout une caractérisation COMPLEXE des personnages, définis autrement que par un seul trait générique de caractère, bref, on n'est pas dans une série mainstream Marvel ou DC de base.
Bref, le scénario et surtout l'humour de MARVEL DIVAS est au SPIDER-MAN de Dan Slott ce qu'ASTERIOS POLYP est à ONSLAUGHT REBORN, un truc écrit de manière très fine et délicate, sans prouts à base de tacos qui ne joue pas la carte de l'humour potache et dans ta face, mais plutôt celle de la légèreté et de la subtilité.
Le premier épisode est tout à fait sympathique, la parodie est bien menée, les réactions des filles sont excellentes, entre l'une qui est totalement phagocytée par son ancien mari démon, l'autre qui ne s'est jamais remise de sa rupture avec son plus grand amour, une troisième qui se la joue BAD ASS mais qui est simplement un cœur d'artichaut et une quatrième qui revendique son indépendance mais qui ne peut pas s'en sortir toute seule.
Ce sont de très jolis portraits d'héroïnes qui nous sont livrés ici, et rien que de voir leur réaction lorsque les STARS DE MARVEL (SHE HULK, SUE STORM, TORNADE) débarquent lors d'une soirée vaut son pesant de cacahuètes.
Sauf que voilà, AGUIRRE SACASA transforme brutalement son récit dès la fin du premier épisode, qui vire dans un truc nettement plus sombre. Changement brutal et radical de ton, l'ambiance se retrouve totalement plombée lorsque ANGELICA annonce qu'elle a un cancer du sein. Pour les historiens, cette histoire avait déjà été abordée dans le AVENGERS vol 3 de BUSIEK/PEREZ et fonctionne à merveille dans le cadre de cette mini.
Les épisodes passent alors d'un ton frais et léger à un combat contre la maladie. Les détails données par l'auteur me font penser que soit il est bien documenté, soit il connaît le sujet personnellement.
Et surtout, on ressent de l'émotion.
Les épisodes 2 et 3 sont d'ailleurs de véritables petits bijoux de réalité. Pas de provocation, rien n'est gratuit. C'est excellent.
Bon évidemment, il faut trouver une fin, qui si elle est nettement plus convenue, nous laisse quand même émus et touchés comme très rarement depuis un comics MARVEL.
Qu'est-ce que cela fait plaisir d'être ENFIN touché et surpris par une bande dessinée alors que tout devient de plus en plus prévisible, sanglant et provocateur ou alors lisse et sans intérêt. On peut écrire des trucs fins, tout en livrant de splendides histoires. C'est tout simplement un petit moment de vie qui nous est livré ici. Cela prouve aussi, et c'est quelque chose qui a tendance à me gonfler avec les comics actuels, QUE DES HOMMES PEUVENT TRES BIEN ECRIRE DES COMICS CONSACRES UNIQUEMENT A DES PERSONNAGES FEMININS. Je ne vais pas rentrer dans le débat mais actuellement, c'est un peu n'importe quoi. On a tendance à confier à des auteures des comics uniquement féminins et je trouve ça regrettable, alors oui, j'entends bien l'argument "c'est déjà ça", mais bon, cela a tendance à me désespérer, je n'aime ni les étiquettes, ni les quotas et j'aimerais bien voir, par exemple, Elsa Charretier sur du Fantastic Four ou Jill Thompson sur Guardians of Galaxy. Pour bien écrire une série, il faut juste être un bon scénariste, peu importe le sexe. Les dessins de TONCI ZONJIC sont quant à eux dans une veine ligne claire et à rapprocher de MARCOS MARTIN, JAVIER PULLIDO ou CLIFF CHIANG et prouvent premièrement qu'il n'est pas besoin d'être une dessinatrice pour bien dessiner des personnages féminins mais aussi que Zonjic a de meilleurs connaissances sur l'anatomie féminine que J SCOTT CAMPBELL !!!
Une superbe mini-série !
Titres écartés au profit de celui-ci:
- AFTERLIFE WITH ARCHIE. Par AGUIRRE SACASA. Archie est confronté à des zombies et c'est tout simplement formidable!
- ANGEL par SACASA mais aussi par Adam Pollina dont le style préfigure ce qui va arriver dans MS MARVEL !





89. 2009 SILVER SURFER #1-14 COMMUNION , Marvel Comics (Dan Chariton-Stacy Weiss/ Milx, Lan Medina, David Yardin)

J’ai longtemps hésité avant de prendre ce volume car je ne connaissais pas les scénaristes ni le contexte de l'histoire. En plus, le SILVER SURFER était à l'époque loin (mais alors très loin) d’être l’un de mes personnages préférés (on en reparlera la prochaine fois) et c’est juste le fait d’avoir une histoire complète et de jolis dessins qui m’ont finalement convaincu. J’ai eu raison.
Cette mini-série en 14 parties (qui était au départ une série régulière) m’a vraiment impressionné car elle nous offre une manière différente de voir le surfer.
Le principe de base est très simple : la Terre va bientôt mourir, des oracles extraterrestres l’ont prévu. Le surfer enlève donc des enfants pour les emmener dans un vaisseau extraterrestre qui va servir d’arche de Noé.
Déjà, on a du mal à se rendre compte si on est dans l’univers MARVEL classique ou dans une autre réalité, et au vu des évènements je pencherais pour la deuxième solution. Aucune référence à GALACTUS, au héraut qui choisit les planètes pour les détruire, rien de tout cela.
L’approche de WEISS et CHARITON est totalement différente, ils enlèvent le côté cosmique du héros pour lui donner une approche plus extraterrestre. En effet, le SURFER n’est absolument pas humain, n’a pas cette mélancolie que lui a donné STAN LEE et c’est je pense, le gros problème pour les fans de ce personnage ; c’est qu’en gros, la version du SURFER proposée ici n’est absolument pas en adéquation avec ce qu’on connaît de lui par les FF ou ses précédentes séries. NORRIN RADD n’est pas un humain, c’est un étranger et il n’a pas de lourd fardeau sur ses épaules. Forcément, cela lui enlève quelque chose, mais les scénaristes nous proposent beaucoup d’événements et de personnages qui compensent cette perte de repères. Tout d’abord ils décident de se concentrer sur la relation entre une mère qui lit les lignes de la main à la Nouvelle Orléans et sa fille autiste et surdouée (que le SURFER va enlever). Cet enlèvement est prétexte à toute une histoire qui navigue ensuite sur les chemins de la SF pure et dure, avec des créatures qui lisent l’avenir et qui ont créé l’humanité au tout début ; puis une machine censée supprimer toute vie de la Terre pour mieux la rebâtir. Rien à voir avec les combats contre MEPHISTO ou les GEMMES DU POUVOIR, c’est très terre à terre et l’histoire est suffisamment intrigante pour qu’on ne puisse pas lâcher le bouquin du début à la fin. Evidemment, les humains et l’armée vont avoir un rôle majeur dans cette histoire (puisque le fils d’un milliardaire est lui aussi kidnappé) ce qui nous donne un récit complètement différent des aventures cosmiques dont on a l’habitude. Personnellement, en tant que non fan du SURFER , cela ne m’a pas dérangé du tout ; mais je comprends que cela puisse troubler les nostalgiques purs et durs du personnage. Pas de dialogues métaphysiques et parfois rochons sur la condition humaine, on est dans un récit totalement à l’opposé, où le côté ALIEN du SURFER est omniprésent. Il n’hésite pas à faire du mal aux parents dont il enlève les enfants, par exemple.
Maintenant, reste à savoir si les scénaristes ont réussi à mener leur histoire jusqu’au bout… C’est peut-être un peu le seul point faible, à savoir qu’on se perd parfois dans les circonvolutions et les différents personnages extraterrestres du récit. La mythologie de la série semble parfois bien tarabiscotée, mais encore une fois, si on adhère au concept, ce n’est vraiment pas gênant.
J’ai trouvé la relation entre la mère et sa fille plutôt bien décrite et finalement, j’ai complètement adhéré. Le deus ex-machina de la fin semble un peu venir de nulle part, mais il est cohérent avec toute l’histoire (et je suppose que les scénaristes ont fait de leur mieux pour boucler le récit le plus vite possible). En tout cas c’est un récit très cohérent du début à la fin, sans aucune baisse (ou hausse) de niveau. Peut-être répétitif parfois et on pourra le trouver un peu mou.
Les dessins eux aussi sont extrêmement homogènes, puisque LAN MEDINA (qui signe douze épisodes sur quatorze) est uniquement remplacé par DAVID YARDIN, au style similaire. Le premier épisode, dessiné par MILX ( ?) accentue encore plus le côté ALIEN du SURFER.
De très bons dessins donc, pour finalement une série surprise, qui moi m’a beaucoup plu. C’est d’un excellent niveau, tant au point de vue des dessins que du scénario.
Mais attention, je pense que certains ont dû détester cette série, complètement différente de ce qu’on pouvait attendre au départ. En fait, CHARITON et WEISS ont fait une série SILVER SURFER pour les gens qui n’aimaient pas le SILVER SURFER, ça tombait bien.
Quelques défauts mais qui sont largement compensés par les dessins absolument impeccables de MEDINA. Je crois qu’on aimera ou qu’on détestera cette série, qui aura eu quand même la bonne idée de nous donner un aspect complètement différent de ce personnage.
Une bonne curiosité et une histoire vraiment solide. Et forcément, Lan Medina !


90.2009. BLACKEST NIGHT #1-9, GREEN LANTERN BLACKEST NIGHT, GREEN LANTERN CORPS BLACKEST NIGHT, DC Comics (Geoff Johns- Tomasi/Ivan Reis- Mahnke-Benes-Gleason/Joe Prado-Albert)
Bon, difficile de parler simplement de BLACKEST NIGHT dans la mesure où j'ai lu tout les épisodes de BLACKEST NIGHT, GREEN LANTERN et GREEN LANTERN CORPS dans l'ordre de lecture, j'ai donc été obligé de jongler avec les trois gros HARDCOVERS et de lire un épisode à la fois. En fait, Dc nous a livré, comme c'est actuellement le cas, une mini-série accompagnée de séries satellites qui, généralement, ne servent à rien. Sauf que cette fois-ci, les deux autres séries qui accompagnent l'event sont écrites par les concepteurs de ce dernier et qu'elles font partie de l'ordre de lecture officiel. Impossible de faire sans.
Avec cette technique de lecture, il m'est donc totalement impossible de dire si BLACKEST NIGHT peut se lire tout seul, sans les autres séries. Je crois qu'il y a quand même beaucoup de choses développées qui ne sont pas dans la série principale, surtout vers la fin.
BLACKEST NIGHT c'est en gros une nouvelle "crisis" de l'univers DC (après CRISIS en 86, INFINITE CRISIS vingt ans plus tard et FINAL CRISIS trois ans après), qui ne porte pas son nom. D'un autre côté, FINAL CRISIS n'en étant pas une, ça compense un peu. Le sort de l'univers tout entier est cette fois-ci menacé par les BLACK LANTERNS, une sorte de MARVEL ZOMBIES made in DC. Il faut dire qu'à cette époque les zombies étaient en plein boom (cela ne s'est d'ailleurs pas encore éteint) donc DC en a profité à fond. Mais c'est un peu être de mauvaise foi car contrairement à de nombreus récits où l'on nous colle du zombie pour rien, toute cette histoire tient la route. Car c'est GEOFF JOHNS; l'architecte de l'univers DC depuis quelques années qui tient les rênes, et il en profite pour continuer son exploration de l'univers de GREEN LANTERN. Car oui, ces BLACK LANTERNS ne débarquent pas sans aucune explication, et en lisant BLACKEST NIGHT, on s'aperçoit que c'est en fait la culmination des 50 numéros de GREEN LANTERN qui ont précédé. JOHNS a mis en place des pistes, des nouveautés (tous les lanterns de couleurs différentes) depuis ses débuts sur le titre et les a très bien exploités. C'est très cohérent et cela fait sens, on n'est pas dans l'event de commande pour faire vendre, simplement dans une histoire complexe qui atteint son acmé via un event. A tout bien y réfléchir, c'est peut-être le dernier event Marvell ou Dc qui ne m'a pas semblé "forcé" et réalisé uniquement pour faire plus d'argent et relancer des séries au numéro 1.
BLACKEST NIGHT est un récit très basique et linéaire (des zombis black lanterns reviennent) mais la grande force de GEOFF JOHNS c'est qu'il a enrobé son pitch par des éléments qui prennent du sens et qu'il a préparé et distillé depuis des années. Comme par exemple la WAR OF LIGHT prévue et préparée dans GREEN LANTERN depuis une bonne quinzaine de numéros.
Il n'y a pas de circonvolutions ni d'ellipses, et c'est quand même le minimum dans un crossover de ce genre qui se consacre simplement à résoudre du mieux possible une histoire qui traîne depuis des mois.
Le truc, c'est que JOHNS et TOMASI, en tant que spécialistes de cet univers donnent tout ce qu'ils promettent, trouvant des idées qui plaisent à tout le monde, et aux fans de comics en particulier.
Quand on y pense, différents corps avec différentes couleurs qui représentent des émotions différentes, avec un listing , c'est exactement ce qui convient au lecteur de comics de super-héros (que je suis).
On a une histoire terriblement dense, avec des rebondissements, préparée, qui tient le route et qui est cohérente avec tout ce qui a été écrit depuis cinq ans dans cet univers. Ca c'est le point positif.
Car il y a quand même des choses qui m'ont un peu rebuté dans BLACKEST NIGHT.
Premièrement cet excès de violence; BLACKEST NIGHT est une série à ne pas mettre dans toutes les mains, et je trouve cela bien dommage. C'est toujours le gros problème de JOHNS et TOMASI, l'excès de gore et de tripaille qui explose. Si cela passe encore pas trop mal avec REIS dans BLACKEST NIGHT, la série GREEN LANTERN avec les dessins de MAHNKE , qui n'hésite pas à produire des pages "crades" ne peut être destiné aux personnes sensibles. Et c'est dommage car en faisant ça, ils se coupent quand même d'une partie du lectorat. Alors on pourra me répondre que oui, des zombies attaquent et que forcément ça doit être gore. Je ne suis pas d'accord sur ce point. Y'avait moyen de montrer tout ça sans l'exposer à la face du lecteur en pleine page (le premier épisode de GREEN LANTERN avec BLACK HAND qui se tire une balle en pleine tête est pour le coup limite insoutenable. En plus, MAHNKE, qui est très fort pour ca en rajoute). GLEASON aussi d'ailleurs.
C'est vraiment pour moi le point négatif de ce crossover.
On pourra aussi reprocher un peu la redondance du récit parfois (on trouve une nouvelle lumière, qui représente telle truc et qui va être un moyen de défaire les BLACK LANTERNS en attendant de trouver...une autre couleur et ainsi de suite) qui peut faire assez répétitif.
Mais sinon c'est un très bon crossover, car vraiment l'histoire tient la route et a du sens. J'ai bien aimé aussi la manière dont JOHNS arrive à mettre en lumière (c'est le cas de le dire) certaines résurrections dans l'univers DC, et leur signification. La révélation finale, le pourquoi du comment m'a laissé un petit peu de marbre quand même, j'aurais préféré un truc un peu plus lourd, mais je dois vraiment vous avouer que sur cette trentaine d'épisodes toute séries confondues, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Mais c'est normal, je fais partie de la catégorie visée. Non, vraiment une bonne aventure cosmique de super héros, plutôt bien écrite et avec des évènements d'importance. On arrive en plus à ressentir de l'émotion lorsqu'il y a des morts ou des grands actes de courage, donc c'est parfait. Le problème du gore mis à part, c'est certainement la meilleure crise DC depuis CRISIS, mais encore une fois, il faut prendre cette histoire comme un évènement fait pour les fans et écrit (plutôt bien) par des fans.
Et puis il y a les dessins.
On sait qu'IVAN REIS est un dessinateur plutôt solide, et là je dois vraiment avouer que son boulot sur Blackest Night m'a complètement scotché. Ses pages sont tout bonnement impeccables et il arrive à faire ce que peu de dessinateurs sont capables, à savoir mettre en image de manière impeccable des scènes de bataille rangées à plus de 50 protagonistes en ne négligeant aucun des personnages. A mon sens, il n'y a que PEREZ et DAVIS qui peuvent faire ce genre de choses, et je le trouve encore meilleur. Chacune de ses doubles pages est un poster en puissance, qu'on peut décortiquer pendant de longues minutes sans voir de raccourci ou de défauts. C'est pour moi une réelle découverte, je trouve son boulot nettement au-dessus de celui qu'il avait déjà bien réalisé sur SINESTRO CORPS.
Malheureusement, je trouve que depuis, il s'est largement laissé aller, ne donnant plus de pages aussi impressionnantes. Dommage.
Parlons de DOUG MAHNKE, lui aussi excellent avec son style si particulier qu'il gomme un peu mais qui ressurgit de temps en temps pour des scènes un peu plus "sales", comme dans le premier épisode. Evidemment, son style convient très bien à JOHNS , qui lui donne de la matière en dépassant un peu les bornes de la décence graphique (vraiment le premier numéro avec BLACK HAND est tout simplement choquant, MAHNKE n'hésitant pas à dessiner en pleine page ce que d'autres dessinateurs auraient fait dans l'ombre. moi ca me choque, mais ca prouve au moins que l'objectif est atteint, ce qui n'aurait, je crois pas été possible avec un autre dessinateur) . Un superbe boulot là aussi.
GLEASON est lui au diapason de ces deux autres collègues, avec un travail impeccable et un style toujours aussi particulier.
Aucune faute de gout sur ces trois dessinateurs, qui apportent effectivement de la matière et du corps à l'histoire.

En résumé, BLACKEST NIGHT est une série faite pour les fans de super-héros de base, les amateurs de crises universelles qui vont changer la face de l'univers à tout jamais, c'est sa force et certainement son défaut diront certains. Mais, contrairement à ce qui s'est passé depuis, cette crise est tout à fait légitime car elle se nourrit de dizaines de sous intrigues développées depuis cinq bonnes années sans qu'il y ait une faute de raccord, ou un tour de magie. En plus, il y a des émotions, des actes de bravoure, et c'est plutôt bien foutu.
En plus, on a trois dessinateurs au top qui livrent un des meilleurs boulot de leur carrière et qui donnent véritablement de l'épaisseur à l'histoire.
BLACKEST NIGHT justifie pleinement sa réputation de gros event cosmique, donnant exactement ce qu'il promet et titillant la fibre du lecteur de base sans le prendre pour un imbécile ou pour une vache à lait.
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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 12:00

Legacy ? Dans toute la production Star Wars, Legacy ? Vraiment ?
Déjà, c'est hideux. Non seulement les designs volés en moins bien à San Ku Kaï* sont d'une laideur abyssale mais le dessin en général pique les yeux.
Ensuite, on se tape encore du Skywalker/Solo alors que c'était l'occasion d'enfin s'en défaire. Et on en fait des bad-ass à la con parce que ça fait cool.
Enfin, toutes les manœuvres politiques chez les méchants sont d'un ennui accompli.
Une des plus mauvaises séries Star Wars jamais éditée, une des plus mauvaise série tout court d'ailleurs.
Invasion et Dark Times sont à des années lumières de ce machin.

Omega Man, à la fin j'ai eu envie d'envoyer un paquet de mouchoirs leader price aux auteurs. Mais étant dans la continuité de la série originale, personne n'a été pris en traître.

Les critiques concernent les titres, hein, pas le créateur de la liste.

*retour de karma, j'imagine, avec tout ce que San Ku Kaï a volé à Star Wars
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 12:37

Legacy, ben dans l'univers Star Wars, à part peut-être le VADER de Gillen, ce que j'ai pu lire est d'un ennui abyssal !
Je parle même pas du Star Wars de Aaron, de KOTOR, de LEGACY n°2 (qui était pourri certes) etc.... Tu es sûr qu'on parle bien de la même série, parce que là, je trouve que c'est violent pour une série superbement dessinée et très bien écrite ?


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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 12:42

DU coup tu conseilles quoi en titre SW, parce que j'ai pas lu mieux (j'en ai pas lu beaucoup non plus!)

En tout cas, ce qui est sur, c'est que le TOP 10 va pas te plaire du tout !!!!! Very Happy Very Happy Very Happy
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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 14:05

doop a écrit:
DU coup tu conseilles quoi en titre SW, parce que j'ai pas lu mieux (j'en ai pas lu beaucoup non plus!)
Dark Times et Invasion.
doop a écrit:
En tout cas, ce qui est sur, c'est que le TOP 10 va pas te plaire du tout !!!!! Very Happy Very Happy Very Happy
cheers
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 16:28

merci, j'y jettterai un coup d'oeil à l'occase, les noms des auteurs m'intéressent (même si tom taylor peut faire peur) !
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soyouz
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 16:29

Tom Taylor fait un travail intéressant et propre sur Wolverinette !

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VIVE LA MAYENNE LIBRE !!!!
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 28 Aoû 2016 - 18:16

Oui, tout à fait, j'avais oublié (même sur Superior Iron Man c'était lisible en fait) mais je sais plus sur quoi j'avais trouvé ça tout pourri .ah oui .. JSA new 52 !!!!
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psychocouac

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Lun 29 Aoû 2016 - 15:29

Rawhide, tu fais décidément très bien le schtroumpf grognon Smile
Je comprends que tu sois déçu si tu lis Secret Identity en quête d'une histoire du Superman que l'on connait, mais sans cela c'est une très bonne histoire avec un magnifique Immonen.

Sinon, Blackest Night? Mouais. Ça se laisse lire mais ça se laisse aussi très vite oublier.
Je suis plus positif sur Mouse Guards mais je ne l'aurais pas mis dans un top non plus.

Tu m'as bien donné envie de lire Casanova par contre. Faudra que je tente l'aventure à l'occase.

Le reste me tente moins, du moins pour les titres que je ne connais pas, parce que Scalped a définitivement sa place dans un top 100 et en plus tu as mis Silent War: une histoire que j'avais tout bonnement adorée à sa sortie, magnifiée par les dessins effectivement assez personnels de Frazer Irving.
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 30 Aoû 2016 - 18:34

91. 2009 THE UNWRITTEN #1-12, DC Comics (Mike Carey/Peter Gross)

Cela m'aurait ennuyé de ne pas mettre le nom de Mike Carey dans ce top 100, car il a souvent écrit de très bonnes histoires. J'aurais pu choisir LUCIFER, titre adjacent à celui de Sandman mais j'ai préféré THE UNWRITTEN car il est plus récent. J'ai aussi choisi les douze premiers numéros car ils sont vraiment très bons, cela correspond aux deux premiers TPB.
L'histoire est vraiment intéressante et pleine de références, et pourtant les prémices du titre sont assez faciles, voire basiques.
Je vous les raconte vite fait : TOMMY TAYLOR est un jeune homme dont le père est un romancier à succès (il écrit des livres du genre HARRY POTTER) et dont le personnage principal est inspiré de TOMMY (même nom, même physique, etc…). Mais le père a disparu mystérieusement et le pauvre TOMMY se voit confronté à de nombreux problèmes, certains risquant de remettre en cause jusqu’à son existence. C’est encore pire lorsque des personnages du livre commencent à débarquer, mettant notre jeune héros dans une position plus que délicate.
Un jeune garçon vraisemblablement sorcier, une histoire qui tire vers la magie, des dessins de PETER GROSS ; forcément, on pense tout de suite à BOOKS OF MAGIK et à TIM HUNTER. Et la filiation est là, bien évidemment. Maintenant, le récit semble s’orienter vers quelque chose de plus littéraire.
J’ai eu assez peur au début, cela me semblait trop verbeux, mais au bout de quelques pages, l’intrigue se met en place et les mystères affluent.
Et à partir des épisodes 2 et 3 la série prend son rythme de croisière, laissant (un peu) de côté la filiation avec Harry Potter pour s'orienter vers quelque chose de beaucoup plus mystérieux. Après un retournement de situation assez imprévu autour de l'épisode 5 ou 6, Mike Carey nous régale avec un épisode sur Rudyard Kipling et un autre sur un chat de livre pour enfants qui en a marre de sa condition, nous rappelant par là le fameux COYOTE GOSPEL de ANIMAL MAN.
Les personnages secondaires sont particulièrement bien traités et tout le background autour de TOM est très richement développé, ce qui en fait une série d'une grande qualité, alignant surprises et numéros d'exception.
Il faut aussi souligner le travail de fou de Peter Gross, qui signe quasiment toute la série (une soixantaine d'épisodes) à lui tout seul et qui arrive à modifier son style pour mieux s'approprier les termes des différents épisodes.
Après rassurez-vous, même si vous ne captez pas toutes les références distillées par Mike Carey, cela ne change pas grand-chose, l'histoire reste tout aussi passionnante. J'ai d'ailleurs préféré cette série à FABLES pour deux raisons :
- je n'ai pas encore fini la série de WIllingham
- il n'y a pas de passages un peu en dessous dans UNWRITTEN !

Très conseillé. Une fois lancé dans la série (ce qui peut demander un peu d'effort), vous ne lâcherez plus et vous irez jusqu'au bout !

Titres écartés au profit de celui-ci:
- FABLES même si la série a proposé de très bons arcs, notamment le deuxième et la guerre des pantins de bois avec un Mark Buckingham au top! , je ne l'ai pas encore terminée




92. 2010 HELLBLAZER PANDEMONIUM, DC Comics (Jaimie Delano/ Jock)


Pour fêter les vingt ans de JOHN CONSTANTINE, DC a lancé ce one-shot d'une centaine de pages narré par le tout premier scénariste de la série (et certainement l'un des meilleurs) accompagné d'un dessinateur plutôt côté.
Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, John Constantine surnommé Hellblazer est un personnage de magicien cynique crée par Alan Moore dans la série Swamp Thing. Il a ensuite obtenu sa propre série, certainement une des meilleures séries DC/VERTIGO sur la longueur car gérée par de très grands scénaristes (Jaimie Delano, Garth Ennis, BIran Azzarello, Mike Carey, Peter Milligan) avec de très grandes histoires. Sans vous mentir, j'aurais pu mettre quasiment une bonne demi-douzaine de runs dans ce Top 100 mais j'ai préféré cette histoire, qui résume à mon sens parfaitement ce qu'est Hellblazer et comment il doit être écrit.
Ce HELLBLAZER PANDEMONIUM envoie notre sorcier préféré directement en IRAK, où il va devoir affronter un prisonnier bien spécial. Pourquoi JOHN CONSTANTINE accepte t'il de travailler pour l'armée, lui qui est clairement en dehors de tout ça ? Parce qu'il s'est fait piéger, tout simplement, mais sa revanche n'en sera que plus terrible.
Evidemment, DELANO + CONSTANTINE + l'IRAK ça fait saliver, surtout lorsqu'on connaît le cynisme et l'engagement politique du scénariste.
Et cela fonctionne (même s'il m'a fallu deux lectures pour le voir). DELANO n'a pas perdu la main vingt ans plus tard et nous balance un John Constantine complètement désabusé et au bout du rouleau, qui sert de regard acerbe au scénariste et porte bien sa vision et ses réflexions sur la guerre en IRAK. Il fait un parallèle entre les jeux, la guerre et livre un récit tout à fait sympathique, qu'on lit d'une traite. Il y a quelques moments plutôt sympas, mais on a l'impression que DELANO s'est un peu apaisé. Et c'est une fausse impression ! Car la fin nous donne un Constantine qui se lâche complètement et qui évacue ses frustrations et là, c'est juste jouissif ! La fin est donc tout bonnement excellente.
Et pour faire un jeu de mot foireux, les dessins sont véritablement une tuerie ! Quel travail de JOCK, bien au-delà de tout ce que je l'avais vu faire avant. Il y a du BILL SIENKIEWICZ dans ce dessinateur et certaines cases sont à tomber par terre.
J'ai vraiment été époustouflé par son travail.
On résume, une bonne intrigue, une fin réussie, des dessins exceptionnels et une vision politique par le prisme d'un britannique désabusé ! Disons que ce HELLBLAZER PANDEMONIUM est un bon résumé de tout ce que devrait être une série magique, nerveuse et engagée. Surtout ne tentez pas les versions New 52 (tout du moins celle avec GUEDES aux dessins) , qui ne correspondent plus du tout à l'esprit du personnage. Disons que le Hellblazer New 52 est à l'ancien Hellblazer ce que Justin Bieber serait à Johnny Rotten !
Titres écartés au profit de celui-ci:
Les meilleurs runs de Hellblazer
- Le run de JAIMIE DELANO (#1-40), le scénariste qui a posé les bases du personnage, excellent !
- le run de BRIAN AZZARELLO (#146-174) où Constantine fait le tour des USA et de ses travers !
- le run de PETER MILLIGAN (#250-300) le sénariste qui livre les meilleures histoires sur la longueur !
J'aurais bien évidemment pu citer le run de Garth Ennis, mais il est à mon sens largement au-dessous de ces trois-là




93. 2010. UNKNOWN SOLDIER #21 DC Comics (Joshua Dysart/Rick Veitch)
Retour sur l'une des meilleures séries publiées en VF par URBAN mais qui semble être passé totalement à côté des radars des lecteurs.

Le pitch :
Moses Lwanga est un docteur américain spécialisé dans l'humanitaire. Un jour, il décide de revenir dans son pays d'origine, l'Ouganda, afin d'y apporter une aide précieuse et d'amener les médias à rendre compte de la situation catastrophique dans lequel il se trouve, partagé entre des factions religieuses armées et des rebelles sans foi ni loi. Pacifiste convaincu, Moses a pourtant des accès de violence incontrôlés qui vont l'amener à l'automutilation et à se séparer de ses proches. Traversant l'Ouganda sous un bandage cachant son visage déformé et protégeant les innocents, il devient le Soldat Inconnu.

Le Soldat Inconnu est une vieille série créée dans les années 60 par Robert Kanigher et Joe Kubert, des spécialistes des comics de guerre et qui a été reprise dans le cadre de la ligne Vertigo. Elle est réalisée par Joshua Dysart (qui fait les beaux jours de Valiant) et Alberto Ponticelli qu'on retrouve fréquemment dans les magazines du new 52. Elle fait bien sûr hommage au héros crée au début des années 60 par Kanigher et Kubert, et transpose son mythe non plus durant la seconde guerre mondiale, mais en Afrique subsaharienne, où les factions religieuses, les désastres humanitaires, les enlèvements, les mutilations et les viols sont le pain quotidien de populations déplacées et vivant dans la misère.
Cette histoire, publiée en son intégralité (la série a duré 25 numéros aux USA) est vraiment très bien fichue et plutôt maligne. En effet, Dysart a fait de nombreuses recherches pour écrire sa série, et il nous en fait profiter largement dans les articles situés en fin de volume intitulés " une brève histoire de l'Ouganda" ou sur sa page Facebook. Du coup, on ressort de cette lecture en ayant appris des choses, et c'est toujours appréciable. Moi je ne connaissais rien du tout de ce qui pouvait se passer dans ces pays, et maintenant j'ai un peu plus de clefs pour comprendre, c'est en plus complètement dans l'actualité récente avec l'intervention de la France au Mali et en Centrafrique, URABN ne l'a bien sûr pas fait exprès mais ça tombe plutôt pas mal.
On a donc un récit violent, dur et difficile, mais autant j'ai du mal avec les scènes de violence gratuites, autant là elles se justifient complètement. Ce n'est donc pas un problème.
Dysart est donc un malin car il réussit à faire un récit plutôt neutre et exempt de tout pathos auquel on pourrait s'attendre dans ce genre d'histoire. Il est bien évidemment très critique avec les dirigeants du pays, mais aussi avec tous les artistes people qui font des conférences de presse dans ces pays pour partir deux heures plus tard. Dysart est concerné avant tout par les gens, et Moses est notre témoin. C'est à travers ses réactions qu'on arrive à mieux saisir l'étendue du problème et les différentes interactions avec tous les politiques (services secrets, corruption etc..).
J'ai choisi de mettre cet épisode #21 dessiné par Rick Veitch car il résume à mon sens tout ce qui est bon dans cette série.
Cet épisode est un peu spécial car il nous raconte la vie d'un AK-47 racontée….par le fusil lui-même et comment la médiocrité, l'avarice et la bêtise humaine l'a fait passer d'une usine en URSS aux champs de bataille de l'Afrique.
Rien à dire, c'est tout simplement un numéro essentiel, qui devrait être lu par tout le monde. Pour vous dire, je l'ai photocopié et fait lire non seulement à quelques-uns de mes élèves, mais aussi à des professeurs, merci Mr Dysart !

Titres écartés au profit de celui-ci :
- UNKNOWN SOLDIER #21-25 la série complète !
Quatre volumes à ne pas louper, que je conseille à tout le monde.
- HARBINGERS du même Joshua Dysart chez Valiant Comics



94. 2010 JOURNEY INTO MYSTERY #622-626 (Kieron Gillen/Doug Braithwaite ), Marvel Comics
Le pitch :
Loki est mort. Il s'est sacrifié durant Siege. Même si on n'a pas trop compris pourquoi et comment. Mais Thor, ce grand sensible, se languissait de son frère. À l'issue d'un pacte passé avec Hela, Loki a avant de mourir assuré ses arrières : il ne pourra ni aller au valhalla, ni en enfer. Son âme est donc lire et c'est un jeu d'enfant pour Thor de le ressusciter… dans le corps d'un tout jeune garçon. Moi, LOKI… 12 ans… et dieu du mal ! (Enfin…peut être). Car est-ce toujours le même personnage, ou quelqu'un de différent qui n'a pas eu à subir les humiliations passées ?

Gillen est un auteur qui souffle le chaud et le froid. Capable de très bonnes choses, il a aussi produit certains épisodes assez médiocres, notamment sur les X-Men.
Et j'ai choisi ce premier arc car cela a été pour moi une révélation absolue ! Gillen sait écrire, Gillen est bon, Gillen a des idées !
Je vais me lancer dans une comparaison un peu osée mais le style et la tournure des phrases du premier épisode m'ont fait nettement penser à du Neil Gaiman.
Les idées sont vraiment bien pensées, et encore une fois, livrer les aventures d'un petit LOKI qui n'a rien à voir avec le personnage du film est plutôt assez original et osé. C'est aussi relativement hermétique, puisque Gillen réintroduit beaucoup d'éléments de son run précédent sur Thor (qui était loin d'être mauvais, mais pas du tout au même niveau). Bon, pas la peine lire (comme moi) ce qui précède, puisque MARVEL fournit un résumé en images qui permet de bien s'y retrouver à la fin du tout premier TPB…Problème : il est situé à la fin du volume. Je l'aurais quand même mis avant les épisodes.
Parlons un peu de l'histoire : LOKI est donc revenu, et même si c'est un petit garçon qui prétend ne plus être le même, cela n'empêche pas les autres Asgardiens de vouloir lui faire la peau ! Mais attention, ce n'est pas parce qu'il mesure 1mètre 40 qu'il n'a pas de moyens de défense. Il est toujours le roi de la fourberie, des arnaques et du mensonge.
Pas de chance, ces épisodes tombent pendant Fear Itself, et je pense que c'est absolument incompréhensible si l'on n'a pas la moindre idée de ce qui se passe dans le crossover. C'est vraiment dommage.
Bref, LOKI n'a pas très envie de voir le Serpent gagner, et il va utiliser tous les moyens à sa disposition pour arriver à ses fins, dupant encore une fois Hela et Méphisto sans aucune vergogne.
C'est vraiment bien fichu, il y a des tentatives pour raconter une histoire de manière vraiment très différente et c'est super bien écrit. Le premier épisode est juste fabuleux ! La discussion vieux LOKI / P'tit LOKI est parfaite, l'idée du corbeau aussi, bref, il n'y a quasiment aucune faute.
Bon après, il reste quand même un point noir, comme je l'ai dit plus haut : c'est incompréhensible si on décide de s'y attaquer sans connaître Fear Itself, et c'est bien dommage.
Niveau dessins, j'aime beaucoup ce que propose Dougie Braithwaite, avec un style peut être un tout petit peu statique parfois, mais qui fait du bien aux yeux. En plus il dessine tous les épisodes, donc c'est très cohérent graphiquement.
JE ne m'attendais pas du tout à une bande dessinée de ce niveau, c'est impressionnant. Maintenant j'espère que la suite va tenir la comparaison parce que là, c'est très très élevé.
ET le pire, c'est que les épisodes qui suivent sont encore meilleurs, Gillen s'amusant avec les formats et les cases pour une série vraiment différente et totalement réussie, en dépit des dessins parfois pas terribles. Et que dire du dernier épisode de la série, qui prouve que le scénariste avait tout prévu dès le départ !
Tout simplement génial et l'une des meilleures séries Marvel de l'époque !





95. 2012 X-MEN LEGACY #1-24 (Si Spurrier/Tan Eng Huat), Marvel Comics



Pas du tout attiré par le thème de départ (un comics centré sur LEGION) mais au vu des previews et des couvertures, on pouvait penser que ce titre risquait d'être un "sleeper", c'est-à-dire un comics que personne n'achèterait mais qui serait d'une excellente qualité. Le fait que PANINI l'ait à l'époque dégagé du sommaire du magazine X-MEN pour en repousser son éventuelle publication aux calendres grecques a fini de me convaincre de passer à la VO. Et j'ai bien eu raison.

David Haller, le fils du professeur Xavier est l'un des mutants les plus puissants du monde, mais aussi l'un des plus perturbés! Il est schizophrène et possède environ deux cent personnalités qui se battent entre elles pour gagner le contrôle du corps du jeune homme. Problème : toutes ces personnalités ont chacune un pouvoir mutant de classe oméga (c’est-à-dire le plus élevé) !!!! Xavier a laissé son fils dans une sorte de monastère afin de lui permettre de pouvoir contrôler au mieux ses personnalités, et c'est ce qui arrive, jusqu'à AVX, où un évènement qui touche LEGION au plus profond de son être va tout bouleverser : la mort de Xavier et le choc télépathique qui s'en suit !
Libre et totalement perturbé, le jeune homme se lance sur les traces de son père, essayant de protéger les mutants en danger partout à travers le monde. Ce qui n'empêche pas les X-Men de se lancer à sa poursuite, le jugeant trop instable pour être laissé sans surveillance.
Cela commence assez bizarrement. Je ne connaissais pas à l'époque SI SPURRIER mais il faut reconnaître qu'il a des idées un peu bizarres, farfelues mais très intéressantes. L'endroit mental crée par LEGION pour contrôler sa propre armée de personnalités est assez intriguant au départ, tout comme ce monastère où il apprend à gérer ses pouvoirs. Personne ne l'avait abordé comme cela, de plus, certaines personnalités sont vraiment bien trouvées, comme un monstre télépathe sans forme qui va finir en sac à dos ! Bref, le ton est assez surréaliste (tout comme les couvertures de Mike Del Mundo) et ses aventures délirantes puisqu'il va rencontrer dès la première partie du récit deux yeux décharnés qui vont se mettre à lui parler ! Il est clair que l'on n'est plus vraiment dans une série mainstream Marvel, et le ton décalé fonctionne plutôt bien, même si l'on se demande au départ où le scénariste veut nous entraîner. On a la réponse assez rapidement, puisque rien que dans les six premiers épisodes il réussit non seulement à poser son personnage principal, à donner un but à sa série (ce qui est de plus en plus rare de nos jours) mais aussi à résoudre toutes ses intrigues, qui prennent sens au fur et à mesure de l'histoire et où tous les indices sont récapitulés lors de la grande révélation finale, comme dans un épisode de Sherlock Holmes. C'est là aussi de moins en moins fréquent d'avoir une histoire avec un début, un milieu et une fin, et surtout une ligne directrice.
La suite est du même acabit puisque David rencontre Crane Rouge qui possède le cerveau de son père, part dans l'espace et lie une relation amoureuse avec Blindfold, une jeune mutante de l'école des X-Men. Ces passages-là sont d'ailleurs mes préférés, Spurrier arrivant aussi à gérer les scènes plus émouvantes.
Encore une fois, la fin est tout simplement parfaite, puisque le scénariste trouve une solution toute poétique pour résoudre non seulement les problèmes accumulés durant les 24 épisodes, mais régler une fois pour toutes le destin de David Haller.
C'est excellent.
Les dessins sont la plupart du temps signés TAN ENG HUAT, un dessinateur au style assez variable, qui possédait une véritable identité graphique dans les années 90 avec la Doom Patrol et qu'il a abandonné pour des dessins plus paqsse-partout en débarquant chez Marvel il y a quatre ou cinq ans. Ici, il livre une prestation correcte, pas très originale et un peu poussive parfois, mais qui colle bien à l'ambiance. Ses fill-ins (comme Jorge MOLINA) sont toutefois d'excellente qualité.
Pour résumer, ce X-MEN LEGACY est un comics qui n'attire peut être pas les foules sur le papier, mais qui révèle finalement une histoire fichtrement bien agencée, avec de réelles idées qui changent un peu de ce qu'on peut voir chez Marvel et qui ne verse pas dans le sang (même si au départ on peut se le demander). Niveau dessin c'est très honnête, voire très bon et pour une première incursion dans l'univers Marvel Now, je dois reconnaitre que c'est très réussi, avec une réelle envie de connaître la suite.
Certains diront que cela se rapproche d'une série Vertigo, je ne suis pas tout à fait d'accord, même si l'esprit y est. On reste quand même dans du Marvel, mais avec une version un peu moderne et différente. C'est vraiment une bonne nouvelle. En tout cas, que ce soit en VO ou en VF, je ne peux que vous conseiller de sauter sur l'occasion, même si le concept de départ ne vous attire pas du tout. Une des meilleures séries Marvel récentes avec JOURNEY INTO MYSTERY




96. 2013 YOUNG AVENGERS #1-15, Marvel Comics (Kieron GIllen/Jaimie McKelvie)


De jeunes super-héros adolescents qui ont appartenu à différents groupes (Marvel Boy, Miss America, Hulkling, Wiccan, Kate Bishop, Patriot) se voient obligés de cohabiter ensemble loin de la Terre parce que l'un d'entre eux a réveillé un démon Trans-dimensionnel qui leur vaut d'être menacés de mort par leurs parents dès qu'ils s'en approchent.
Gillen et McKelvie correspondent parfaitement au duo d'auteurs qui savent livrer de bonnes histoires correspondant à l'air du temps. Le scénariste, s'il n'a pas tout réussi dans ce qu'il a entrepris auparavant a tout de même livré l'une des meilleures séries Marvel de ces dix dernières années, à savoir le JOURNEY INTO MYSTERY dont on a parlé plus haut, un coup de maître qui a définitivement montré tout le potentiel de ce monsieur. Il est accompagné ici de son dessinateur fétiche, Jaimie McKelvie, avec qui il a réalisé il y a quelques années la série PHONOGRAM et qui traitait déjà des adolescents et de leurs problèmes. C'est d'ailleurs le thème favori du duo, qui sera encore réutilisé dans THE WICKED + THE DIVINE. Si cela ne vaut pas le JOURNEY INTO MYSTERY, le pari est toutefois largement gagné.
En quinze épisodes, Gillen et McKelvie réussissent à donner une véritable caractérisation à tous ces adolescents de seconde zone, maltraités dans le passé par des scénaristes assez indigents (exception faite de MISS AMERICA par JOE CASEY). Il prend donc une équipe de super-héros assez basique, composée de personnages absolument pas connus et dont l'existence relevait plus d'un cliché qu'autre chose, ces jeunes ayant été souvent utilisés comme chair à canon dans de nombreux crossovers de la firme (doit-on véritablement revenir sur MARVEL BOY et les DARK AVENGERS de BENDIS, ou sur l''infâme bouse concoctée par ALAN HEINBERG qui le temps d'une maxi-série (CHILDREN'S CRUSADE) a réussi à anéantir tout le bon travail qu'il avait alors pu faire sur HULKLING et WICCAN, qui sont pourtant ses créations !
Bref, Gillen construit en quelques épisodes une véritable interaction entre ses personnages, et crée finalement une intrigue pas aussi classique que ce que le pitch de départ pouvait laisser entendre. Mieux, il utilise même la continuité de ses personnages pour faire grandir l'intrigue, tous les héros étant opposés non seulement à leurs parents, mais aussi aux personnes qu'ils ont trahi dans leur passé.
C'est tout simplement une série sur le dépit amoureux adolescent qui nous est proposée ici, mais version Marvel. En fait, Gillen réussit à nous décrire véritablement des ados d'aujourd'hui, des gamins qui ont des pouvoirs quasi-divins, qui le savent mais qui continuent à se chercher. D'ailleurs la fin, où l'on se rend finalement compte que l'équipe ne contient pratiquement aucun personnage strictement hétéro, est particulièrement savoureuse. En plus, c'est réalisé assez finement, tout comme les dessins de McKelvie.
Alors je dois vous avouer qu'à la base, j'apprécié énormément les dessins de McKelvie mais qu'en plus, les éditeurs de Marvel ont eu une idée géniale : lui associer l'encrage de Mike Norton.
Et, disons-le clairement, la combinaison de ces deux très bon dessinateurs donne le truc le mieux dessiné chez Marvel depuis très très longtemps (à mon goût tout du moins, bien évidemment). Il faut que je vous avoue que je ne suis pas plus attiré que ça par les dessins et que j'ai plutôt tendance à préférer une bonne histoire mal dessinée qu'une mauvaise histoire bien dessinée. Là je me suis extasié devant certaines planches du duo, ce qui ne m'arrive que très rarement. Il y a une finesse dans le trait de McKelvie totalement sublimée par Norton, et quand on rajoute à cela des compositions très audacieuses (peut-être plus du fait de Gillen que de McKelvie), c'est vraiment une partie graphique à placer dans le haut du panier.
En effet, Gillen, lorsqu'il se sent à l'aise, n'hésite pas à proposer des formats différents pour sa narration (je me rappelle d'une scène de combat façon jeu de l'oie dans JIM) et il essaye encore de proposer des choses dans cette série qui en plus ne sont pas toujours gratuites, comme par exemple quand un monstre joue avec les cases de la bande dessinée où quand il se sert de l'espace de la page pour franchir des dimensions.
Du vrai comics actuel réussi.
La partie graphique est tout simplement à tomber par terre (d'ailleurs on remarque tout de suite la différence quand Norton n'est pas à l'encrage) et ce Young Avengers reste une excellente série, très recommandée.
Titres écartés au profit de celui-ci :
- PHONOGRAM
- THE WICKED AND THE DIVINE du même duo, qui est à mon sens beaucoup plus forte que YOUNG AVENGERS, avec des dieux qui reviennent sur Terre mais qui n'est pas encore terminée.


97. 2013 LAZARUS #1-4, Image Comics (Greg Rucka/ Michael Lark)

Nouvelle série IMAGE pas encore terminée, réalisée par le tandem de GOTHAM CENTRAL Greg Rucka et Michael Lark.
Nous sommes dans un proche futur où les pays n'existent plus mais où les territoires sont soumis à de richissimes familles. Chaque famille possède un LAZARUS, c'est-à-dire un être artificiel génétiquement modifié qui peut se régénérer et qui possède des pouvoirs physiques au-dessus de la norme. Nous suivons ici les aventures du LARAZUS de la famille Carlyle, une jeune femme nommée Forever (Eve).

Enorme série pour un arc plus que prometteur ! (je ne ferai pas la critique des autres, je ne les ai pas encore tous lus).
On pouvait s'attendre à quelque chose de fort, mais là, vraiment c'est excellent. Rucka non seulement développe un univers plutôt complet et réaliste, bien développé mais s'intéresse à une jeune guerrière qui commence à avoir des doutes non seulement sur sa fonction de LAZARUS mais aussi sur son passé de membre de la famille. Cela tombe bien car les héroïnes fortes sont l'une des spécialités de Rucka, qui a toujours utilisé ce genre de personnages aussi bien dans ses comics que dans ses romans. Rucka sait écrire un personnage féminin et cela fonctionne donc à merveille. On s'attache tout de suite au personnage principal. C'est très très bon.
Eve va donc devoir affronter une famille ennemie de celle des Carlyle en affrontant leur Lazarus, mais aussi devoir faire face à des trahisons à l'intérieur même de sa propre famille. En gros, c'est Game Of Thrones qui rencontre Terminator. Il n'y a que quatre épisodes, ce qui est peu pour se faire une idée précise de la qualité de la série, mais globalement cela part sur des chapeaux de roue et les épisodes qui suivent et que j'ai pu lire le confirment : c'est une réussite! Le concept est plutôt intéressant, encore une fois cela change de la plupart des comics Image qui parlaient à l'époque de gore, de zombie ou de sexe. C'est d'ailleurs l'une des premières séries Image à avoir amorcé un virage vers la science-fiction pure et dure comme les séries TREES ou encore INJECTION de Warren Ellis.
Mais là où cela devient fort, c'est que la série est de plus graphiquement impeccable. Et c'est normal puisque c'est Michael Lark qui gère les dessins. Lark a encore élevé son niveau en dépit de quelques couvertures assez hasardeuses. On sent bien qu'il se fait plaisir! Et quand on possède un talent aussi prononcé dans le détail et la composition permettant de dessiner en une seule planche autant de cases que Jim Lee dans un épisode entier de Superman Unchained, forcément l'histoire avance très vite. On ne peut pas lire Lazarus en cinq minutes, et donc on a aussi l'impression d'en avoir pour son argent, de lire une bonne histoire bien dense et c'est parfait.
Que dire de plus, Lark est excellent et son association avec Stefano Gaudiano mais aussi Brian Level fonctionne toujours aussi bien. Les couleurs de Santi Arcas complètent d'ailleurs parfaitement les dessins .
Bref, pour résumer on a une histoire avec une super héroïne forte, bien décrite, un univers bien pensé et bien étoffé, une histoire qui tient la route à base de trahison et de dessins top niveau. Que dire de plus si ce n'est qu'il faut absolument le lire.
Lazarus peut véritablement vous réconcilier avec les comics si vous trouvez que la production actuelle est fade et sans intérêt ou si vous en avez marre des zombies.
Titres écartés au profit de celui-ci:
C'est peut-être un peu rapide mais il y a d'excellentes séries qui ont débuté chez Image Comics assez récemment et qui ne sont pas encore terminées, parmi toutes celles que je vais citer, lazarus est celle qui m'a fait la meilleure impression, mais tout le reste est d'une très très grande qualité !
- TREES de Warren Ellis
- INJECTION de Warren Ellis et Declan Shalvey



98. 2014 SILVER SURFER vol 7 #1-15, Marvel Comics (Dan Slott/ Mike Allred)


Dan Slott (SPIDER-MAN) et Mike Allred (X-STATIX) nous présentent les nouvelles aventures de Norrin Radd, alias le SILVER SURFER. Dans ses pérégrinations cosmiques, il est cette fois-ci accompagné, sans trop savoir pourquoi, d'une humaine nommée DAWN GREENWOOD. Ensemble ils vont affronter la NEVER QUEEN, détruire une planète, rencontrer les Gardiens de la Galaxie, se battre contre Hulk et le Dr Strange et finalement se confronter aux actions passées de Norrin en faisant face à Galactus ! Mieux encore, ils vont complètement redéfinir leur univers et leur existence durant le crossover SECRET WARS, livrant une fin…cosmique et touchante !

J'avais très peur de Dan Slott sur le Silver Surfer. En effet, le scénariste, qui m'avait tellement fait plaisir sur Miss Hulk et sur Arkham Asylum, où il avait parfois fait preuve de subtilité et d'empathie, s'était brusquement transformé en serveur de fan-service sur la série Spider-Man, utilisant souvent les procédés les plus cheap et les blagues les plus faciles. Attention, Slott a réalisé aussi de très bons arcs sur le personnage, notamment son Superior Spider-Man qui reste un bon moment. En revanche , je trouve qu'il est nettement moins bon sur les crossovers ou les projets d'envergure, ses "gros arcs" étant souvent foirés (Spider-Island, Ends of The Earth, etc..).
Du coup, retrouver ce scénariste sur Silver Surfer, un personnage dont la noblesse écrase tout le reste, m'inquiétait un peu. Je craignais déjà des blagues scatos qui n'auraient pas convenu du tout à ce que j'envisageais pour le Surfer. Encore une fois, c'est la présence de Mike Allred qui m'a convaincu de la faire en single, puisque pour moi, c'est une combinaison parfaite, même si son style de plaît pas à tout le monde. Mike Allred sur le Surfer, j'en rêvais depuis un moment et Marvel a réalisé mon rêve.
J'ai été particulièrement rassuré à la lecture du premier arc en trois parties qui a pour protagonistes une bonne demi-douzaine de races extraterrestres aux looks plus déjantés les uns que les autres, une planète impossible et surtout la NEVER QUEEN, qui se trouve tout simplement être ni plus ni moins qu'une version "féminine" d'ETERNITE.
C'est très bien. En fait, Dan Slott utilise pour son Silver Surfer un style qui ne serait pas sans rappeler celui utilisé pour les histoires du Dr WHO, à savoir une jeune fille totalement ancrée à la Terre et à sa réalité qui ne peut pourtant pas refuser de partir en vadrouille avec un être cosmique et qui va, au fil des temps, nouer des liens affectifs avec lui.
Dawn Greenwood est sympathique et adoptée dès les premières pages, elle est même beaucoup plus développée dans la série que le héros lui-même. Mais cela fonctionne parfaitement. La relation entre les deux est tout simplement adorable et cela suffit pour faire vibrer mon petit cœur de midinette. Ce premier arc est très bon, Slott permettant à Allred de se faire plaisir, notamment en lui proposant des villes impossibles à dessiner et l'artiste excelle dans quasiment tout ce qu'on llui demande, livrant à chaque numéro des planches aussi magnifiques qu'inventives.
De plus, il tient en trois épisodes, ce qui évite les redites et les redondances. Le rythme est donc bien tenu.
Le deuxième arc est un peu plus faible, il ramène Dawn et Norrin sur Terre, pour faire face à Cauchemar, à Hulk et au Docteur Strange. Il y a aussi un passage obligé inévitable avec les Gardiens de la galaxie, qui ne sert à rien. L'histoire est correcte sans plus, mais permet de véritablement nouer les liens entre les deux protagonistes principaux de la série et d'entériner le choix de Dawn, celui qui va l'emmener aux confins de la galaxie.
On a ensuite deux histoires solos qui parachèvent le début de la relation amoureuse entre Dawn et Norrin, toute en subtilité (il faut le faire remarquer).
Nous voici donc arrivés au numéro 8 et Dawn doit malheureusement apprendre le passé de Norrin et ses actions en tant que héraut de Galactus lorsque les deux tourtereaux arrivent sur une planète composée uniquement de races qui ont survécu à l'extermination de leur planète par l'ogre cosmique.
C'est certainement l'arc le plus réussi au niveau de l'histoire puisqu'on a une véritable évolution de la relation entre Norrin et Dawn. On assiste à de réels sacrifices de la part de l'un comme de l'autre, par amour tout simplement. C'est vraiment très bien. De plus, Allred est fait pour dessiner Galactus et si c'est un peu moins recherché que dans certains autres épisodes, c'est quand même franchement bien fichu en termes de narration.
Et que dire de l'épisode 11, beaucoup plus long que les autres qui vraiment va essayer de nous proposer quelque chose de différent en enfermant notre ami Norrin dans une boucle temporelle. L'idée de Slott est assez originale (proposer deux bandes sur chaque page pendant vingt pages qui forment une boucle) et si c'est quand même nettement moins bien réussi que ce qu'avait fait Alan Moore dans PROMETHEA (il y a quand même quelques soucis de temporalité je trouve), cela a au moins le mérite d'exister dans un comics MARVEL. Cet épisode 11 est certainement celui qui est le plus réussi depuis le début, cela promet donc pour la suite. De plus le lien entre NORRIN et DAWN est encore exploité à merveille.
Par la suite, le Surfer se retrouve embringué dans le crossover SECRET WARS qui redéfinit l'univers Marvel. Slott est un malin puisqu'il réussit à rester dans la trame de ce crossover sans toutefois qu'il soit besoin de le lire pour apprécier l'histoire. ON y retrouve tous les personnages du début et c'est un tournant décisif dans la relation qu'entretiennent nos deux protagonistes principaux.
Ce Silver Surfer est un régal. Il réussit à allier quelque chose de nouveau, de moderne tout en respectant complètement le personnage tel qu'il a été défini par Lee et Kirby. Comme quoi, on peut faire du neuf avec du vieux, kil suffit d'avoir simplement de bonnes idées. L'histoire de Slott n'est peut-être pas toujours exceptionnelle (même si a relation entre Dawn et Norrin est parfaite) mais elle est largement compensée par les dessins d'Allred.
Un des meilleurs comics actuel.
La mauvaise nouvelle : le titre s'est arrêté au numéro 15
La bonne nouvelle : il a été relancé deux mois plus tard avec la même équipe et, d'après ce que j'ai pu lire, la même qualité !
Titres écartés au profit de celui-ci:
- DOCTOR STRANGE de Jason Aaron et Chris Bachalo , où l'équipe qui avait déjà livré le somptueux WOLVERINE AND THE X-MEN redéfinit complètement le docteur de Marvel pour le meilleur.
- WONDER WOMAN new 52 par Azarello et Cliff Chiang qui lui aussi redéfinit le personnage !


99.2014. SUPREME BLUE ROSE #1-7, Image Comics (Warren Ellis/ Tula Lotay)


Diana Dane est une journaliste au chômage qui galère dans ses relations humaines. Un jour, elle est contactée par Darius Dax, un mystérieux entrepreneur spécialisé dans l'anticipation et la prévision du futur afin d'éclaircir un mystère : découvrir ce qu'il s'est passé dans la ville de Littletown et surtout retrouver Ethan Crane, alias Supreme.

J'avais commandé ce TPB uniquement parce que j'avais lu le nom de Warren Ellis et vu les previews de Tula Lotay sur Buzz. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'en fait il s'agissait d'une bande dessinée sur SUPREME, oui, le héros de ROB LIEFELD qui a été magnifié et canonisé par Alan Moore. Pourtant en feuilletant le volume, je n'ai vu absolument aucun super-héros dans le coin !!!!
Passer après Moore, il fallait oser et surtout avoir une approche assez originale. Et finalement, quel meilleur auteur que Warren Ellis pouvait nous proposer un truc comme ça.
Attention, ça donne mal à la tête mais le jeu en vaut largement la chandelle.
Ca va être très difficile de faire une critique de cette série sans rien spoiler à tout bien y réfléchir.
Disons qu'Ellis a une idée absolument géniale, à savoir réutiliser tous les personnages de l'univers de SUPREME ainsi que les idées de Moore sur le contexte méta-textuel de la série sans toutefois proposer une suite, ou une version différente. Je ne peux pas vous expliquer plus au risque de vous spoiler. Disons que l'idée (qui prend tout son sens à la fin et ne vous inquiétez pas, tout est bien expliqué) d'Ellis est tout simplement géniale et qu'elle n'imposera aucune contrainte si des auteurs décident de reprendre le héros.
Car oui, Ellis arrive à faire un lien entre le SUPREME de Liefeld et celui de Moore par le biais d'une histoire totalement onirique et à double sens. Cela peut faire penser à DOCTOR THIRTEEN d'Azzarello et Chiang, sauf qu'au lieu de partir directement sur une histoire linéaire, super héroïque ou ultra-référencée par rapport au medium, Ellis préfère faire une intrigue à base de science-fiction. Le point de départ est de savoir si l'on peut voyager dans le temps via une résolution d'équation ainsi que la réécriture d'un univers !!!!
Quel est alors le rapport avec SUPREME et Darius Dax , la série vous le dira, mais disons qu'il faut quand même faire l'effort de s'accrocher jusqu'au dernier numéro qui, promis, vous donnera toutes les explications.
Et qu'est-ce que c'est beau !
Définitivement, Tula Lotay (que je ne connaissais pas du tout) est une star en puissance, proposant des dessins absolument magnifiques et embellis par une colorisation parfaite (oui, les petites ratures présentes à toutes les pages ont une réelle signification dans le cadre de l'histoire).
En sept épisodes, elle enterre clairement Fiona Staples, qui serait celle dont le style se rapprocherait le plus, mais avec un petit goût de David Mack. Je veux revoir cette artiste, qui a peut-être encore des problèmes avec les scènes en mouvement, mais quelle beauté des planches : chaque dessin pourrait être un poster. C'est tout simplement magnifique.

SUPREME : BLUE ROSE est définitivement une mini-série exceptionnelle : des dessins magnifiques et surtout des idées pour faire une série sur SUPREME vraiment bien trouvée. Faire une série sur ce héros sans qu'il apparaisse une seule fois, il fallait le tenter. En plus cela tient la route.
Une grande grande bande dessinée qui (re)donne de l'espoir en ce qui concerne le futur de ce medium.



Titres écartés au profit de celui-ci:
- DOCTOR THIRTEEN par Azzarello et Cliff Chiang



100. DESCENDER #1-6, Image Comics (Lemire/Nguyen)

Titre qui est venu s'inclure en dernière minute dans la liste. Là aussi la série n'est pas terminée et on ne sait pas quelle sera la fin, mais je tenais quand même à inclure du Jeff Lemire dans ce Top 100 puisque ce scénariste a réalisé de très belles choses et cela aurait été dommage de ne pas en parler.



Dix ans après que des robots géants (les HARVESTERS ) aient détruit toute la galaxie, un jeune androïde (TIM 21) se réveille et découvre ce nouveau monde qui massacre désormais tous les individus artificiels. Malheureusement, TIM possède dans son code informatique des informations sur ces fameux HARVESTERS et il devient donc une cible pour de nombreuses factions, que ce soient des pirates, des membres du conseil uni des planètes ou encore une faction composée de robots rebelles qui essayent de survivre. Quels sont les secrets derrière l'existence de TIM 21 ?

Comme je l'ai dit plus haut, autant Jeff Lemire me semble assez limité quand il travaille sur des séries mainstream (JLA, X-Men, Green Arrow), autant quand il possède les rênes artistiques de ses séries, il peut livrer de très bonnes choses, surtout quand il s'agit de science-fiction. On se rappellera notamment de TRILLIUM, très bien réalisé que ce soit en termes d'histoire ou d'expérimentation graphique. Contrairement à TRILLIUM, il ne signe pas les dessins, laissant ses pinceaux et ses crayons à Dustin Nguyen, un dessinateur surdoué qui n'a jamais finalement réalisé son potentiel sur de très grandes séries, ce qu'il fait qu'il n'a, à mon sens, pas la renommée qu'il mérite.
Une fois n'est pas coutume, commençons par les dessins : c'est tout simplement magnifique. Non seulement Nguyen fait tout (dessins, couleurs, encrage) mais en plus il livre des planches belles à voir et très fluides dans leur narration. Les personnages sont bien campés, ils ont tous une attitude, un langage corporel et un physique différent et c'est du grand art en termes de dessins. On dirait que Nguyen a peint directement les planches, et cela donne une véritable poésie au titre, que je rapprocherais graphiquement d'une œuvre comme SHADOWMOON par J J Muth !
Les dessins sont une plus-value non négligeable pour ce DESCENDER.
Mais l'histoire est aussi d'un excellent niveau.
Si Lemire prend parfois son temps, son univers futuriste est très bien posé. Le personnage de TIM 21 est parfaitement décrit comme quelqu'un d'innocent et de naïf, qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Ses acolytes, s'ils ne sont pas très originaux, sont tout de même bien campés, avec une mention spéciale pour le petit robot-chien et le robot minier.
Nous avons donc une bonne équipe de protagonistes dans un univers bien campés et des dessins magnifiques. C'est donc déjà suffisant pour faire une bonne série, où les actions s'enchaînent sans temps mort.
Mais Lemire nous réserve encore quelques surprises, notamment sur la fin du volume avec deux grosses révélations coup sur coup (fin de l'épisode 4 et fin de l'épisode 6) qui relancent complètement la série et lui fait véritablement franchir un palier important de bonne série à très bonne série.
Pour résumer, DESCENDER est une excellente surprise. Non seulement Lemire maîtrise ses personnages et son univers mais son intrigue est très surprenante et à rebondissements. SI vous rajoutez des dessins absolument magnifiques, vous avez donc une série vraiment très conseillée. Une de mes meilleures lectures du moment.


Titres ecartés au profit de celui-ci :
- TRILLIUM (Jeff Lemire) où le scénariste/dessinateur joue avec les codes et les angles des planches pour une histoire à deux niveaux
- SWEET TOOTH (Jeff Lemire) une sorte de road movie apocalyptique avec un enfant hybride croisé avec un cerf !
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 30 Aoû 2016 - 18:37

Alors la suite des opérations :
Vendredi ou Samedi le début mon TOP 10 EVER avec les titres qui manquaient dans la liste : les places de 10 à 6 !
Ensuite, de Dimanche à Jeudi, chaque jour les titres de mon TOP 10 EVER qui vont de 5 à 1 !

Mais ce ne sera pas fini, en effet, j'ai un peu oublié quelques titres en cours de route, que le classement chronologique ne m'a pas permis de mettre. Du coup en fin de semaine prochaine les 3 (ou 4) titres qui auraient du figurer dans le top 100, suivis de la liste brute, complète et définitive (sans critique puisque tout aura déjà été fait).

Je ne pensais pas que ce serait un travail aussi violent (j'ai environ 70 pages word) et je suis heureux d'en voir enfin le bout !



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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 30 Aoû 2016 - 21:38


The Unwritten est effectivement bien meilleur que Fables.
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psychocouac

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 30 Aoû 2016 - 23:35

Je n'ai pas encore lu le dernier post de Doop mais
Rawhide Kid a écrit:

The Unwritten est effectivement bien meilleur que Fables.
NOOooooooooooooooonnn! Evil or Very Mad
The unwritten ça part pas mal mais ça devient assez rapidement beaucoup moins intéressant.

Sinon j'ai pas mal d'images qui passent pas depuis l'avant dernier post. Je crois que ça a commencé avec Marvel Divas.
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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 31 Aoû 2016 - 11:35

psychocouac a écrit:
Je n'ai pas encore lu le dernier post de Doop mais
Rawhide Kid a écrit:

The Unwritten est effectivement bien meilleur que Fables.
NOOooooooooooooooonnn! Evil or Very Mad
The unwritten ça part pas mal mais ça devient assez rapidement beaucoup moins intéressant.
Faux, mais au moins ça t'a été intéressant à un moment. Fables n'a pas su être intéressant dès sa première histoire qui prend un temps infini à présenter des clichés.

psychocouac a écrit:
Sinon j'ai pas mal d'images qui passent pas depuis l'avant dernier post. Je crois que ça a commencé avec Marvel Divas.
Pareil.
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psychocouac

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 31 Aoû 2016 - 14:05

Rawhide Kid a écrit:
psychocouac a écrit:
Je n'ai pas encore lu le dernier post de Doop mais
Rawhide Kid a écrit:

The Unwritten est effectivement bien meilleur que Fables.
NOOooooooooooooooonnn! Evil or Very Mad
The unwritten ça part pas mal mais ça devient assez rapidement beaucoup moins intéressant.
Faux, mais au moins ça t'a été intéressant à un moment. Fables n'a pas su être intéressant dès sa première histoire qui prend un temps infini à présenter des clichés.
En fait, les séries ont des déroulements inverses.
Fables, les deux voire trois premiers arcs sont, il est vrai, plutôt moyens ; mais une fois que ça a démarré, c'est constamment excellent.
The unwritten, ça part sur les chapeaux de roues, on est tout de suite happé par l'intrigue ; mais au bout d'un moment ça traîîîîîîîne, ça diverge, ça se perd. Je n'ai jamais lu la fin d'ailleurs.

Bon, après les goûts, les couleurs, tout ça tout ça.
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 31 Aoû 2016 - 20:03

C'est marrant, chez moi toutes les images passent !
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Jeu 1 Sep 2016 - 7:58

Pour moi, c'est à partir de Journey Into Mystery que ça coince.
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 2 Sep 2016 - 11:53

J'ai fini par lire le dernier post. Bon je ne suis définitivement pas d'accord avec toi sur unwritten et j'ai déjà dit pourquoi.
Par contre, je suis content de retrouver Journey into Mystery. Au même titre que Silent War, c'est une série que j'avais vraiment beaucoup apprécié alors que je pense pas qu'elle soit régulièrement cité.
Je suis plus étonné de voir Young Avengers.  The wicked and the divine me parait tout de même largement mieux (et encore je ne la rangerai pas non plus dans mes comics préféré).
Le Silver Surfer de Slott est sympa mais pas bouleversant non plus. A choisir, j'ai préféré le WW d'Azarello.
En tous cas, je te trouve courageux de mettre des séries récentes comme Descender. C'est vrai que c'est joli et très intéressant mais il est peut-être un peu tôt pour dire si ce sera vraiment bien.
Je vais voir si je peux lire XMen Legacy sur marvel unlimited. Je suis complètement passé à coté de cette série. Pour moi, Xmen legacy, c'était surtout la série où on suivait Malicia et ses xmen dans des aventures pas folichonnes.
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 2 Sep 2016 - 17:42

psychocouac a écrit:
Pour moi, Xmen legacy, c'était surtout la série où on suivait Malicia et ses xmen dans des aventures pas folichonnes.

Mais ça, c'était avant !

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 2 Sep 2016 - 18:13

psychocouac a écrit:
Je vais voir si je peux lire XMen Legacy sur marvel unlimited. Je suis complètement passé à coté de cette série. Pour moi, Xmen legacy, c'était surtout la série où on suivait Malicia et ses xmen dans des aventures pas folichonnes.
Le run de 25 numéros par Spurrier avec Légion est juste absolument génial ! A tel point que j'ai pris les TPB 3 et 4 en numérique en les payant plein pot.
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 2 Sep 2016 - 18:46

Pas compris Supreme Blue Rose et pourtant je m'y suis repris à 3 fois. peut-être que la quatrième sera la bonne. Smile Mais c'est effectivement super beau.
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