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 Mes 100 comics préférés

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doop

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Date d'inscription : 26/08/2015

MessageSujet: top 100 partie 4    Ven 12 Aoû 2016 - 10:59

Juste un petit rappel, un oubli que j'ai raté dans ma liste chronologique :

31. 1985 SPECTACULAR SPIDER-MAN #107-110, Marvel Comics (Peter David / Rich Buckler/Kyle Baker-Brett Breeding-Joe Rubinstein)


Créee par BILL MANTLO et SAL BUSCEMA, JEAN DEWOLFF est un personnage apparu pour la première fois dans SPIDER MAN TEAM UP #48 (1976) . C'est un capitaine de la police de NEW YORK qui va devenir un personnage récurrent des différentes séries du tisseur de toile et notamment de la série SPECTACULAR SPIDER MAN (qui s'attarde plus sur les perosnnages secondaires qui gravitent autour de Peter Parker), où elle va rapidement prendre fait et cause pour le tisseur, le protégeant souvent lui et ses proches (comme la CHATTE NOIRE, petite amie de Spider-Man à 'époque et voleuse au grand coeur); même si cela lui vaut des remontrances de la part de ses collègues et de sa hiérarchie. DEWOLFF est un personnage intéressant, mais qui est quasiment toujours resté en second plan, il y a peu d'intrigues majeures la concernant et pourtant sa relation amicale avec le tisseur fait de JEAN une des préférées des lecteurs. ON apprendra un peu plus tard qu'elle est amoureuse en secret du tisseur, mais ne lui a jamais avoué.
C'est en 1985 qu'un tout jeune scénariste nommé PETER DAVID est fraîchement nommé sur le titre par l'éditeur JIM OWSLEY (CHRISTOPHER PRIEST). Aux dessins, le vétéran RICH BUCKLER épaulé par BRETT BREEDING, KYLE BAKER, JOE RUBINSTEIN et autres vont faire de ces quatre épisodes un des sommets dans l'histoire du tisseur, qui a de nombreuses conséquences jusqu'à aujourd'hui, puisque c'est aussi l'histoire qui va être plus tard à la base de la création de VENOM !
JEAN DEWOLFF est assassinée chez elle, ce qui va rendre Spider-Man fou furieux. Il aura d'ailleurs besoin de l'aide de Daredevil pour ne pas se laisser totalement déborder par la haine. Qui peut en vouloir à JEAN ? Tueur en série, secret du passé ? Et qui est ce SIN EATER, qui revendique son meurtre ?
C'est un excellent arc, qui permet à PETER DAVID de mettre en œuvre sa science de la psychologie des personnages. C'est un de ses premiers travaux MARVEL et on reconnait déjà la patte du scénariste, détonante par rapport au mielleux (mais de très bonne qualité) de la période MANTLO/MILGROM qui précède ces numéros. La mort de JEAN DEWOLFF, dès la quatrième page du récit est brutale et violente, poussant notre homme-arachnide vers des sensations et des émotions déjà entrevues dans Kraven Last Hunt.
DAVID brouille les pistes en nous donnant un suspect idéal, à savoir le révérend TOLLIVER; plus qu'antipathique pour finalement dénoncer un individu hors de tout soupçon. Sa caractérisation du personnage est forte, et les images choc sont nombreuses, amplifiées de plus par le parallèle avec le pauvre Mr POPCHICK (un ami de TANTE MAY) qui se fait sauvagement frapper au début de la série. C'est très bien pensé et s'il reste quand même quelques petits points du récit qui auraient pu être améliorés (l'identité du SIN EATER est un peu rapidement et assez naïvement amenée ), c'est vraiment bien écrit. Les réactions sont très humaines et on peut comprendre que PETER, par moments puisse complètement péter les plombs et utiliser toute sa force pour évacuer ses frustrations.
Les dessins de RICH BUCKLER sont quant à eux excellents. Rarement on avait vu ce dessinateur à un tel niveau de noirceur à part peut-être sur DEATHLOCK. Il faut dire que ce dessinateur est véritablement protéiforme, pouvant se transformer en clone de KIRBY sur THOR et en quasi-Neal Adams sur certains travaux, notamment Avengers. Les pages changent toutefois un peu en fonction de l'encreur, passant d'un très abrupt KYLE BAKER aux traits plus ronds de BRETT BREEDING ou de JOE RUBINSTEIN. Et pourtant, même avec les deux précédents encreurs dont le style n'est pas vraiment approprié à une certaine noirceur, les planches sont brutes et parfois violentes. C'est tout à l'honneur de BUCKLER qui livre certainement l'un de ses meilleurs travaux. Ce qui est un peu dommage, ce sont les différences d'encrage d'un bout à l'autre de la saga n'aident pas vraiment à la cohésion graphique. C'est en tout cas excellent et cela met en image parfaitement le scénario un peu plus adulte de DAVID .
Bref une excellente histoire avec des rebondissements à chaque page qui placent ces quatre épisodes parmi les meilleurs toutes séries SPIDER MAN confondues.
Ce sont quatre excellents épisodes, beaucoup plus importants que ce que l'on pourrait penser au premier abord car il va définir et agrandir l'univers de SPIDER MAN de façon assez incontournable.

32. 1988 STRAY TOASTERS, Marvel Comics (Bill Sienkiewicz)
Il est bien évident que l’on ne peut pas lire STRAY TOASTERS comme on lirait INVINCIBLE. On prend son temps, on se met au calme et pourtant on dévore cette bande dessinée atypique.

Dans un style narratif et visuel extrêmement proche de ELEKTRA ASSASSIN, Bill Sienkiewicz nous raconte une histoire de Tueur en série à la tête de grille-pain, de mère qui scarifie ses enfants, de policier fou et alcoolique en discussion avec des éléphants roses, du diable, d’un petit garçon électrique, d’un docteur démembré et fou d’amour ainsi que d’un procureur sado maso. Vous l'avez bien compris, c’est impossible à résumer.
Mais c'est une grande expérience.
Avec un style narratif extrêmement fouillis, qui donne très mal à la tête à la lecture des cinquante premières pages (on ne comprend pas grand-chose, l’une des marques de fabrique de l’auteur étant de mélanger la réalité et la fiction), nous nous trouvons avec un récit raconté à la première personne mais utilisant différent points de vue et différents narrateurs, avec pour seule distinction la couleur des bulles et la différence de lettrage suivant les personnages. Bien sûr, les pensées ne sont pas toujours en adéquation avec les cases de la BD ; ce qui peut grandement déconcerter au départ, surtout que l’intrigue est assez obscure. Comme dans ELEKTRA, Sienkiewicz nous livre le récit brut de décoffrage et ne prend pas le temps d'installer son action et ses personnages. Il faut tout de suite admettre ses idées les plus bizarres comme acquises, comme ce docteur qui perd ses membres et qui est totalement difforme, de même que le petit garçon électrique.
Il faut aussi avoir envie d’accepter tout ce que l'auteur nous offre, tout ce mélange entre réel, imaginaire et invention.
Je vous rassure, STRAY TOASTERS n’est pas une œuvre jolie mais totalement fermée, l’histoire et le style peuvent facilement déconcentrer et ennuyer les moins avertis des lecteurs, mais Sienkiewicz raconte une histoire qui tient debout (enfin, si l’on admet qu’un garçon de huit ans avec une prise électrique dans la tête branché sur du courant puisse exister et un tas d’autres choses) avec un début, une fin et une explication de toutes ces choses obscures qui nous font nous creuser la tête sur les cinquante premières pages.
Au niveau de l’histoire justement, le seul petit reproche que l’on pourrait faire, c’est qu’il use et abuse des cadres écrits à la première personne, qui sont parfois un peu redondants et souvent vraiment très nombreux, ce qui nuit un peu à notre envie de comprendre ce qu’il se passe.
Après, que dire graphiquement si ce n’est que c’est un maître en la matière, qui sait parfaitement doser le dessin, l’expérimental et les couleurs pour arriver à sublimer son texte et son histoire.
D’ailleurs, à la lecture de cette œuvre, je me demande bien quelle est la part réelle de FRANK MILLER dans ELEKTRA ASSASSIN, car vraiment, toute la structure narrative de STRAY TOASTERS, la manière de mettre en place les dessins, les personnages, les bulles et même les dialogues ressemblent comme deux gouttes d’eau à ce dernier récit, avec une histoire quand même un peu plus barrée.
Je ne sais pas si c’est encore trouvable en librairie, mais franchement cela vaut vraiment la peine, vous allez vivre une expérience assez surprenante.
Si jusque-là vous n’avez lu que du super héros, genre INFINITY CRISIS ou CIVIL WAR vous risquez largement d’être décontenancé par le texte, par le propos, par le dessin et par la manière dont c’est raconté, cela risque même de vous rebuter un bon moment, mais ce livre est exigeant ; il demande un réel effort au lecteur, et finalement, un comics qui nous fait réfléchir, c’est assez rare pour qu’on le signale. Personnellement, je suis un grand fan.


Titres écartés au profit de celui-ci :
MOONSHADOW (JM De Matteis / John J Muth) assez barré et expérimental, mais d'une poésie fabuleuse.


33. 1989 ALPHA FLIGHT #66, Marvel Comics (Mantlo/Haynes/Talaoc)



Alors oui, je vais surprendre tout le monde mais pour moi la meilleure période d'ALPHA FLIGHT n'est pas celle de John Byrne, c'est celle de Bill Mantlo et de James D. Hudnall.
Parce que ces deux scénaristes ont vraiment réalisé une série d'équipe avec des thèmes percutants. Arrêtons-nous d'ailleurs sur le cas de Bill Mantlo, scénariste qui a réalisé des tonnes de comics Marvel qui vont du pire au meilleur. Et c'est le meilleur qu'il nous offre ici, même s'il y a quelques problèmes avec les dialogues (un fait récurrent chez Mantlo), faisant de ce groupe une sorte de Doom Patrol totalement dysfonctionnelle. Imaginez un comics Marvel des années 80 où un des héros est handicapé, un autre enfermé dans un corps de femme et un autre totalement jaloux, au point qu'il va utiliser ses pouvoirs pour faire n'importe quoi, notamment essayer de piquer la petite amis de l'un de ses coéquipiers.
Ajoutez à cela un démon de la putréfaction et vous comprendrez que les premiers épisodes de Mantlo sont dignes d'une vraie série d'horreur. Alpha Flight est composé de héros aux pouvoirs improbables (une fille pourpre qui commande aux gens, un gars qui peut appeler différentes versions d'êtres humains (Manikin) a plusieurs étapes de l'histoire, comme un homme préhistorique, une amibe ou un scientifique futuriste) ce qui en fait une série plutôt innovante finalement. Et cet épisode 66, le dernier de Mantlo, nous livre une fin en apothéose. En effet, à cette époque, Mantlo avait de gros problèmes avec Marvel et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'est totalement lâché (d'ailleurs, il ne fera plus rien avant de se faire heurter par une voiture un ou deux ans plus tard) envers sa maison d'édition.  
L'histoire est très simple, Manikin brise la quatrième mur et apprend que l'on souhaite le tuer à  la fin de l'épisode. Il va donc tout faire, jusqu'à rencontrer son créateur (Bill Mantlo lui-même) pour éviter sa fin toute proche. Nous nous trouvons totalement dans le cadre d'un comic-book à double sens, où le scénariste règle ses comptes avec l'éditeur même si une pirouette à la fin atténue un peu le propos. Dans un ultime pied de nez à sa direction (qui voulait réellement tuer le personnage), Mantlo décide de lui laisser la vie. C'est vraiment intéressant lorsqu'on connaît le contexte et c'est réellement surprenant, même si les dessins sont assez faibles et mangés par l'encrage lourd de Jerry Talaoc et que les dialogues sont moyens. En tout cas, c'est un comic-book à lire.


34. 1989 AKHAM ASYLUM, DC Comics (Grant Morrison / Dave Mc Kean)
La première fois que j'ai lu ce graphic novel, c'était il y a plus de vingt ans, lorsque galvanisée par le succès du film de Tim Burton, la boîte d'édition COMICS USA nous a proposé ARKHAM ASYLUM dans les librairies Françaises. Réalisée par un scénariste qui m’était encore inconnu, GRANT MORRISON et un dessinateur que j’avais pu apprécier sur ORCHIDEE NOIRE, DAVE McKEAN, je me jetai à l'époque sur cette revue cartonnée grand format. ARKHAM ASYLUM nous raconte une histoire bien particulière de notre justicier masqué ; en effet, les criminels de l’asile ARKHAM se sont rebellés et tiennent le personnel en otage. Leur seule exigence : que BATMAN passe une nuit avec eux dans cet asile, là où est, selon eux, sa vraie place.
A l’époque, cela m’avait profondément marqué au niveau du scénario, bizarrement beaucoup plus que THE KILLING JOKE, sorti quelques mois plus tôt !
Déjà j’avais l’impression que certaines idées et concepts me passaient au-dessus de la tête (comme quoi finalement rien n’a changé chez MORRISON) et ce ton assez dur et adulte m’avait profondément troublé, MORRISON étant arrivé à mon avis à entrer non seulement dans l’esprit de BATMAN, mais surtout dans celui des criminels de l’asile, moins développés mais beaucoup plus intéressants. Et quels dessins ! Surtout quand l'édition française était en grand format !
Je l’ai relu il n’y a pas si longtemps et je dois franchement avouer que l’histoire a un petit peu vieilli. Il faut dire que depuis ARKAM ASYLUM , BATMAN a eu droit à des milliers d’aventures qui se sont toutes un peu inspirées de ce thème et qui ont un peu dilué les idées du scénariste, finalement assez conventionnelles et classiques. Encore une fois, ce qui fait la différence, c’est le traitement de l’histoire par DAVE Mc KEAN, peut-être pas vraiment à sa place sur ce genre de titre, mais qui nous livre certainement le JOKER le plus terrifiant jamais dessiné. Même si le développement du directeur de l'asile est assez phénoménal.
A mon avis, ce sont certainement les dessins qui priment aujourd’hui sur le scénario, qui fait de BATMAN un être complètement faible et au bout du rouleau, qui ne prévoit rien à l’avance et qui se débat difficilement avec sa folie vengeresse. On pourra quand même reprocher à cette bande dessinée une fin assez classique, MORRISON mélangeant fantastique et onirique pour sortir notre super héros d’une situation bien compromise. En revanche, les petites cases qui sont censées représenter les différents malades de l’asile en fin de livre sont toujours aussi fortes !
Même si ARKHAM ASYLUM est peut-être la bande dessinée qui me plaît maintenant le moins dans toute la liste, j’en garde un excellent souvenir, surtout parce que son côté assez dur et cru m’avait choqué à l’époque. Un bon one-shot qui a un peu perdu finalement mais qui reste tout de même dans la liste. En tout cas, c'est un comic-book qui m'a marqué !


- Titres écartés au profit de celui-ci :
DOOM PATROL #19-63 du même GRANT MORRISON : oui, cela fait mal au cœur parce que c'est un excellent comics et que c'est gênant de le voir écarté de la liste, mais je ne voulais pas en mettre trop. J'aurais tout à fait pu parler de Doom Patrol à la place mais je ne sais pas, je n'ai pas réussi à trouver un arc significatif.
BLACK ORCHID #1-3 de Neil Gaiman et du même Dave Mc Kean.
- THE KILLING JOKE, une bande dessinée réalisée par le talentueux Brian Bolland (Camelot 3000) et le génial Alan Moore qui retrace les origines définitives du Joker


35. 1989 FROM HELL, Taboo/Kitchen Sink Press (Alan Moore/Eddie Campbell)



C'est surtout l’expérience que j’ai eu avec ce livre qui est intéressante. MOORE (encore lui mais bon, c'était difficile de s'en passer) essaye toujours de pousser le processus de narration et d’intellectualisation des comics toujours plus loin, si bien que ses œuvres deviennent de plus en plus pointues, quitte à laisser beaucoup de lecteurs un peu moins au fait des choses de l’art et de la magie sur la carreau. C’est assez fermé, mais le scénariste arrive toujours à laisser une trame assez solide pour permettre au lecteur non initié de suivre le fil et d’apprécier l’histoire différemment. Mais je trouve qu’au fil du temps, ça devient quand même de plus en plus ardu, par exemple, sa LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN : BLACK DOSSIER m’a laissé de côté, pas compris, pas eu envie de faire l’effort, bref, je trouve que sur cette production, il a un peu raté son coup dans la mesure ou les innombrables références ne m’ont, cette fois ci pas permis d’entrer dans le bouquin et son univers! Et FROM HELL part un peu du même principe : MOORE nous raconte sa version de l’histoire de JACK L’EVENTREUR , qui recoupe quasiment tout ce qui avait été écrit à son propos, sans aucun raccourci et sans déblayer le terrain. Ce n’est pas la validité de sa théorie qui compte, on le comprend au fil des pages, c’est plus faire un bilan de tout ce qui a pu être écrit avant, et en même temps nous donner un aperçu de cette époque via le prisme de l’éventreur. Si l’on n'est pas à l’aise avec cette période, on peut vite se sentir perdu, mais l’avantage de FROM HELL, c’est que chaque case, chaque référence est indexée à la fin du livre, dans une annexe qui fait d’ailleurs une bonne quarantaine de pages !  Du coup, on se sent un peu moins mis de côté, Moore laissant les clefs pour appréhender son oeuvre dense et ultra-référencée.
Ce qui ne m’a pas empêché d’abandonner en cours de route, très rapidement, dès le deuxième ou troisième chapitre ! Trop dense, pas assez prêt pour me plonger dans cette lecture ambitieuse et exigeante. Jusqu’au jour où je suis retombé dessus, et là, j’ai dévoré, je dis bien dévoré tout le bouquin en moins de deux jours. Impossible de le lâcher jusqu’à le dernière case du dernier appendice. Que dire pour décrire le boulot du scénariste ? Rien. C’est ALAN MOORE, il écrit bien et c’est terriblement brillant. Après, il est vrai que ce FROM HELL peut paraître un peu ardu, avec les dessins d’EDDIE CAMPBELL qui ne sont pas non plus d’un accès absolument facile si on sort de dix ans de lecture de UNCANNY MARVEL ALL NEW POINT ONE POINT ONE ou de 52 NEW CRISIS DC REBIRTH . Sauf que, au fur et à mesure, on se rend compte que non seulement MOORE fait un travail énorme, mais que CAMPBELL se met au diapason, respectant à la lettre les instructions de son scénariste. D’une réalité crue, certaines de ses cases sont parfois assez insoutenables, avec finalement assez peu de travail sur l’image.  Et c’est ce dessin complètement réaliste et référencé (tout en gardant son côté dessin), très froid, qui permet l’incursion finale dans ce LONDRES de l’époque VICTORIENNE.
Certains passages sont peut-être un peu longuets ( GULL et la magie peut être) mais totalement essentiels si on veut apprécier l’œuvre dans sa totalité.
Et puis même si on n’a pas envie de se lancer dans la lecture acharnée des appendices, il reste quand même une trame somptueuse, qui nous plonge petit à petit dans la noirceur et la cruauté à condition de faire un petit effort.
Bref, FROM HELL est d’une réalité macabre et froide, menée de main de maître par les dialogues et les trames complexes du dieu vivant ALAN MOORE et les dessins terrifiants d'EDDIE CAMPBELL.
En plus, quand on referme ce bouquin, on se sent un peu plus intelligeant que quand on l’a ouvert.
Comme quoi il ne faut jamais désespérer quand on n'arrive pas au bout d’un livre d’ALAN MOORE, il faut juste attendre le bon moment !  Cela vaut le coup !

36. 1989 LEX LUTHOR THE UNAUTHORIZED BIOGRAPHY (James D. Hudnall / Eduardo Barretto)


Dans un chalet en montagne, une prostituée ramène à LEX LUTHOR une cassette vidéo tirée des enregistrements de la police. Il s’agit en fait de l’interrogatoire de CLARK KENT (l'identité secrète de SUPERMAN), accusé du meurtre d’un journaliste : PETER SANDS. CLARK, qui a refusé un avocat est interrogé par les officiers ORTIZ et HARRIS, ces derniers, convaincus de la culpabilité de KENT essayent de le pousser à bout en lui montrant des photos de la victime ensanglantée ! La résolution de l'enquête et de l'intrigue va permettre au lecteur de découvrir le passé secret de Lex Luthor, comment il est arrivé au sommet de l'échelle et tous les cadavres qu'il dissimule dans son placard !
Un énorme choc sur le coin de la figure !
On parle de WATCHMEN, de DARK KNIGHT qui ont ouvert la voie des bandes dessinées noires et réalistes, mais on a tendance à oublier ce petit bijou, qui aborde des thèmes très adultes, avec un ton beaucoup plus noir et réaliste que les comics de cette époque. Je ne comprends pas pourquoi ce graphic novel est passé un peu aux oubliettes. Peut-être parce que son scénariste n’est pas franchement connu et que son dessinateur n’est pas le plus côté (pourtant, BARRETTO a pris en main les JEUNES TITANS et autres JLA, mais avec un style assez fluctuant…). Ces deux artistes nous livrent ici un travail absolument remarquable, le scénario pouvant faire un film et réussissant à faire du SUPERMAN sans le montrer une seule fois. Tout est construit, détaillé, il n’y a aucune faille, aucune erreur, aucun cliché. L’histoire parfaite, nous montrant comment faire du mal à CLARK KENT sans que SUPERMAN puisse intervenir, idée qui sera reprise maintes et maintes fois depuis. Voilà comment on peut faire une histoire absolument remarquable sur le super héros le plus boy scout du monde à l’époque et qui prouve bien qu'il suffit simplement d'une bonne histoire. Le portrait livré ici de LUTHOR est particulièrement terrifiant, et diaboliquement réussi.
BARRETTO, lui réussit à se mettre au diapason et à fournir une ambiance beaucoup plus glauque, sombre et réaliste qu’à l’accoutumée, prouvant qu’il peut élever son niveau graphique à la hauteur d’un GARCIA LOPEZ ou d’un PEREZ. Et dieu sait qu'au vu de ses prestations sur la série NEW TEEN TITANS, c'était loin d'être gagné ! C'est certainement son chef d'œuvre, en tout cas la bande dessinée dont il peut être le plus fier.
Un comic-book en tout point remarquable, qui séduit vingt ans après par son audace et la complexité des thèmes qu’elle aborde. Vous ne pouvez pas ne pas l’avoir dans votre bibliothèque !!!!!!

37.1989 SIGNAL TO NOISE, Dark Horse Comics (Neil Gaiman/Dave Mc Kean)


Un réalisateur va mourir. Alors qu'il ne lui reste que quelques jours, il décide de créer dans sa tête son film ultime, celui qu'il aurait toujours voulu réaliser sur l'apocalypse. Les deux histoires (sa fin personnelle et sa fin fantasmée) vont alors s'entremêler.
Désolé, je ne peux absolument pas faire mieux. C'est une histoire tout à fait impossible à résumer puisqu'elle est uniquement construite sur un personnage mourant qui crée des films dans sa tête.
Comment arriver à résumer autant de sentiments dans une critique alors que l'interaction constante entre les images et le texte est omniprésente, rendant certaines idées impossibles à décrire autrement que par des dessins.
Comment résumer ce bouquin ?
Comment vous donner envie ?
Simplement en vous disant qu'on ne peut pas rester indemne après la lecture de ce GRAPHIC NOVEL !
SIGNAL TO NOISE transcende toutes les qualités de Neil Gaiman, le scénariste dont le style d'écriture est certainement le plus fin et le plus abouti avec Alan Moore : des phrases qui font mouche, de la poésie à chaque coin de chapitre et surtout, une histoire glauque mais qui ne sombre pas dans la complaisance. Juste ce qu’il faut pour nous faire ressentir le désespoir et la fin qui s'approche.
Évidemment, force est de reconnaître que l’atout majeur de la bande dessinée reste le graphisme si changeant et absolument stupéfiant de MC KEAN, qui apporte une autre dimension à une histoire qui était déjà excellente. Ces deux auteurs ont trouvé le moyen de faire passer des émotions, uniquement des émotions pendant plus de 60 pages, nous livrant une histoire absolument touchante de réalisme. Certainement une des meilleures collaborations entre les deux hommes (avec à mon goût PUNCH et JUDY) qui a donné lieu à une publication aux éditions du Diable Vauvert sous le nom SIGNAL\BRUIT.


Titres écartés au profit de celui-ci:
THE TRAGICAL COMEDY OR COMICAL TRAGEDY OF MISTER PUNCH des mêmes auteurs pour une relecture assez effrayante de cette histoire classique.


38. 1990. DAREDEVIL #278-282, Marvel Comics (Ann Nocenti/john Romita jr/Al Williamson)


Là aussi, c'est difficile de résumer un run entier de trente épisodes avec simplement quelques numéros, sachant que, de plus, la grande majorité des sagas du run d'Ann Nocenti sur Daredevil sont tout bonnement exceptionnelles. Il faut dire que notre amie scénariste a des choses à dire : après avoir confronté Daredevil à la pollution, aux démons d'Inferno et au robot Ultron, la voici qui clôt son histoire avec cinq épisodes d'anthologie où Matt Murdock part en enfer et rencontre tout simplement… MEPHISTO, le vrai diable ! En fait, ce qui est véritablement novateur dans le Daredevil d'Ann Nocenti c'est qu'elle a tout simplement décidé de sortir notre héros de son cadre urbain pour lui présenter des menaces qu'il n'a pas l'habitude d'affronter ! Et elle emballe tout cela dans des récits où se mêlent politique, religion, discours sur la défense des animaux et sur le rôle de la femme.
C'est déjà exceptionnel au niveau de l'histoire, alors si en plus vous rajoutez des dessins sublimes de John Romita jr (il n'a à mon humble avis jamais rien fait de mieux depuis) encrés par Al Willimson, qui propose une version absolument novatrice de MEPHISTO, vous avez un run extraordinaire, qui se termine en apothéose avec cette histoire.
En effet, NOCENTI a dit à mon sens tout ce qu’elle avait à dire, aidée en cela par un JRJR qui a épuré son style au maximum au fur et à mesure des épisodes (peut-être trop diront certains).
Quelle audace pour un comics mainstream, NOCENTI et ROMITA se sont positionnés tout de suite dans une direction totalement opposée à celle prise par MILLER et ont fait évoluer notre héros de justicier urbain en représentant de l’espoir humain aux enfers ! Bien sûr que la venue du SILVER SURFER tombe comme un cheveu sur la soupe, mais franchement, je ne vois pas comment NOCENTI aurait pu s’en tirer autrement. Même si ce run n’a pas été décisif dans la carrière du justicier aveugle (on n’a plus jamais entendu parler de MEPHISTO ni de NUMERO 9 par exemple, et les auteurs suivants se sont très vite empressés de revenir aux racines Milleriennes du héros, grim and gritty oblige), on ne peut pas nier qu’il a été un tournant graphique majeur dans la carrière de JRJR qui a atteint le sommet de son art à cette période. Vraiment un grand plaisir, et je conseille à tout le monde de trouver ces épisodes en TPB (récemment il y a un EPIC COLLECTION)   sinon de remonter dans votre grenier avec les VERSIONS INTEGRALES SEMIC et de prendre plaisir à relire tout ça. Moi je me suis vraiment régalé.


39.1990. SHADE THE CHANGING MAN #1-3, DC Comics (Peter Milligan / Chris Bachalo / Mark Pennington)


Certainement pas les meilleurs épisodes de la saga mais bon, c'est peut être ceux que j'ai le plus lu de la série puisque le premier trade paperback est sorti bien avant que je ne récupère le reste en singles.
Certes, la série est loin d'être parfaite, mais c'est aussi ce qui fait son charme.
SHADE THE CHANGING MAN est une série créée par STEVE DITKO qui débute en 1977. C'est l'histoire d'un fugitif venu de la planète META possédant la M-VEST (MIRACO-VEST) qui lui permet de créer une image déformée de lui-même. Il essaye de prouver qu'il est innocent durant toute sa série, affrontant les agents de méta partis sur Terre le chercher. Il y a eu 8 numéros bimestriels avant que la série ne soit annulée lorsque DC décide de réduire de manière drastique le nombre de ses publications en 1978. Un neuvième numéro verra le jour un peu plus tard pour conclure l'histoire.
Il rejoindra brièvement la SUICIDE SQUAD quelques mois avant son relaunch par MILLIGAN et BACHALO. Peter Milligan est un auteur qui fait partie de "l'invasion britannique" de la fin des années 1980. Après s'être fait remarquer outre-manche notamment avec la série SKIN racontant les aventures d'un Skinhead atteint de déformation physique à cause de la thalidomide et un essai sur la mini-série SKREEMER pour DC Comics, l'éditrice Karen Beregr lui propose de relancer SHADE avec un jeune dessinateur, Chris Bachalo.
Comment résumer cette série ? C'est tout simplement impossible, ce qui ne veut pas dire que c'est compliqué à lire, juste que c'est très difficile et que cela ne se construit pas uniquement sur une intrigue. Le douzaine/quinzaine de premiers numéros nous propose une relecture assez cynique de l'Amérique, ses travers, ses défauts vus par les yeux d'un extraterrestre et d'une jeune fille dont les parents ont été assassinés par un tueur en série et dont le petit ami s'est fait descendre par la police parce qu'il était noir (en fait, la police arrive au moment où le petit ami et le tueur en série se battent et ils tirent sur … le noir). Je ne sais pas quoi dire d'autre. Avec des intrigues assez osées, tout le prisme de l'Amérique (la déification puis la destruction des idoles, le racisme, la folie) est passé à la moulinette à travers de scènes complètement dingues (comme cette tête de JFK géante qui sort d'un trottoir).
C'est loin d'être maîtrisé (au tout début, SHADE devait être une mini-série où un ELVIS géant allait parler de la malbouffe) mais c'est vraiment ce qui fait le charme de cette série, avec des dialogues bien sentis et une suite de scènes tout à fait bizarres, mal fichues mais qui font finalement sens.
Je ne sais pas quoi dire, si ce n'est que cette série nous propose certainement la plus belle progression artistique de l'histoire, les dessins de Chris Bachalo (bon dès le départ) atteignant des sommets à partir de l'épisode #12-13. Pour ceux qui ne le connaîtraient que par ses travaux récents chez Marvel, cela risque de vous faire une surprise. La série baisse un peu à partir du numéro 50 mais en attendant, c'est véritablement un petit joyau que je conseille fortement. Une série dont on ne ressort de toute façon pas insensible ! IL me semble que DC Comics a réédité deux ou trois TPB de la série : foncez !

40. 1990 THANOS QUEST (Starlin/Lim)



Punaise, ça fait quand même bizarre de passer de SHADE THE CHANGING MAN à THANOS QUEST, mais bon, c'est un peu le jeu de cette liste des 100.
Cette mini-série (deux épisodes de 40 pages) m'avait vraiment marqué à l'époque. Il s'agit du retour de Jim Starlin sur son personnage préféré (Thanos) après l'avoir ressuscité dans la série SILVER SURFER. Et je pense que Starlin avait envie de raconter cette histoire depuis très longtemps. En effet, il s'agit, encore une fois avec cet auteur, d'une quête initiatique où Thanos va récupérer après des combats physiques, spirituels, métaphysiques mais toujours homériques les gemmes de l'infini. C'est évidemment très basique en terme d'histoire et d'intrigue mais ce n'est pas l'essentiel ici, il s'agit simplement pour Starlin de se réapproprier le personnage et de le définir de nouveau pour des lecteurs qui n'auraient pas lu Adam Warlock quinze ans plus tôt (ce qui de fait était mon cas).
Ce qui est surtout surprenant, c'est la prestation absolument admirable du dessinateur Ron Lim.
Lim est un dessinateur de comics classique, qui a toujours livré des planches au storytelling impeccable mais qui a parfois du mal avec ses compositions ou ses personnages. Bref, c'est ce qu'on peut qualifier (mais sans aucun problème pour moi) de dessinateur de comics lambda. Sur ce Thanos Quest il est absolument méconnaissable, totalement transcendé par le script  et livre des planches vraiment fabuleuses, qui correspondent parfaitement à l'histoire.  
D'ailleurs la suite (INFINITY GAUNTLET pourtant dessinée par George Perez) est beaucoup moins réussie et Lim, à mon sens, ne n'atteindra plus jamais un tel niveau.
A lire.

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P'tit LU

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 12 Aoû 2016 - 11:49

J'ai lu le Arkham Asylum pour la première fois l'année dernière, et j'ai vraiment eu du mal. J'aime Morisson et McKean, et effectivement les dessins ne m'ont pas déçu, mais le thème de la folie de Batman (dans mes souvenirs il se demande s'il n'est pas aussi fou que ceux qu'il a fait enfermer, mais c'est assez flou j'avoue) ne m'a pas parlé. Peut-être parce que j'ai lu Killing Joke il y a une bonne dizaine d'année, qui pour moi avait déjà fait le tour de la question. Donc oui, peut-être que cet album était plus marquant dans le contexte où il est sorti.
Ou peut-être suis-je juste passé à côté Wink Peut-être une relecture s'impose-t-elle, après tout. Cependant la motivation n'est pas là.
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doop

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MessageSujet: top 100 partie 5 :   Sam 13 Aoû 2016 - 10:28

41. 1991 ? Fera partie du TOP 10

42. 1991 SANDMAN #32-37: A GAME OF YOU (Neil Gaiman/Shawn Mc Manus-Bryan Talbot-Coleen Doran/George Pratt-Dick Giardano-Stan Woch) , DC Comics


Cet arc est le préféré de Neil Gaiman sur la série Sandman, et ce n'est pas très étonnant. En effet, il parle de l'identité, de la quête de soi, de l'image et ce sont vraiment de sujets de prédilection de l'auteur. De plus, il engobe tout cela dans un royaume imaginaire fantasy où il excelle et où Shawn Mc Manus, le dessinateur est particulièrement à l'aise.
Ce n'était pourtant pas mon histoire préférée de Sandman et il m'a bien fallu une douzaine d'année en plus et deux ou trois relectures pour bien comprendre le message de l'auteur et la portée de son récit.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Sandman, je n'ai aucune difficulté à dire que c'est pour moi l'une des meilleures séries de tous les temps en comic-book, en tout cas c'est celle qui me touche le plus, non seulement grâce à l'écriture de Gaiman, que je trouve formidable, avec des dialogues qui font mouches, des phrases et des réactions qui deviennent instantanément des classiques et un travail soigné et abouti de tous les instants.
Elle nous raconte l'histoire de Dream, un des membres des 7 endless, qui représente la personnification du rêve.
Après avoir été emprisonné par un humain pendant 70 ans, ce dernier retourne aux affaires et il a beaucoup de choses à régler.
On retrouve dans ce story-arc le personnage de Barbie (une jeune fille blonde qui vient de divorcer de ..Ken qui est parti avec Cyndi !!!) découvert dans THE DOLL'S HOUSE dont un cauchemar lié à l'enfance a pris possession d'une partie de son esprit (et donc d'un bout du royaume des rêves). Barbie est accompagnée de THESSALY, une vieille sorcière qui a l'aspect d'une gamine de quinze ans et de WANDA, un transsexuel qui peine à se trouver. Ensemble et avec l'aide de Sandman (qui n'apparaît que dans le dernier épisode et uniquement sur deux ou trois pages) ils arriveront à redonner son intégrité à Barbie, mais cette aventure aura de fâcheuses conséquences sur ses partenaires. Cela donnera lieu peut-être à la scène la plus triste de l'histoire du comic-book, lorsque Barbie peindra un nom au rouge à lèvres sur une tombe.
Quelques mots sur les dessins de Shawn Mc Manus qui,s'ils peuvent surprendre un petit peu au début, sont tout à fait adaptés pour l'univers fantasy/enfantin coincé dans l'esprit de Barbie. Il est accompagné par Coleen Doran et son trait rugueux et de Bryan Talbot qui vient conclure l'histoire.
Un grand moment.



43.1992 HULK : FUTURE IMPERFECT, Marvel Comics (Peter David / George Perez)


Nous avons dans ces deux épisodes de quarante pages chacun une histoire exceptionnelle. C'est pour moi la quintessence de ce qu'a produit Peter David sur Incredible Hulk (il y est resté douze ans). Ici ce n'est donc pas la série régulière, mais cela y ressemble énormément et cela va poser des bases sur tout ce qui va arriver plus tard, puisque c'est la première fois qu'on nous présente le MAESTRO, une version alternative et malfaisante de Hulk, personnage qui existe encore aujourd'hui (notamment dans le crossover SECRET WARS). Comme avec ce scénariste, il y a toujours un projet à long terme et en dehors d'être une histoire tout à fait auto-contenue, on pourra y trouver des bases sur l'évolution de certains personnages, notamment Rick Jones et sa petite-fille du futur. Brune Banner y voit donc ce qu'il pourrait devenir s'il ne se contrôle pas plus et cela lui rajoute bien évidemment beaucoup d'humanité.
De plus, les dessins sont signés George Perez (qui fait un superbe retour après avoir passé des années chez DC sur notamment Wonder Woman) et cela fonctionne à merveille ! En effet, les dessins détaillés de l'artiste conviennent parfaitement au scénario malicieux et plein de références de David. Les deux artistes seront d'ailleurs réunis sur une série indépendante : SACHS AND VIOLENS un an plus tard.
Bref, c'est véritablement excellent et superbement dessiné !

Titres écartés au profit de celui-ci:
INCREDIBLE HULK #372-435 qui sont les meilleurs épisodes de la période Peter David avec trois dessinateurs hors pair : Dale Keown,Gary Frank et Liam Sharp. Si vous voulez lire du Hulk, ce sont ces épisodes-là !

INCREDIBLE HULK #312 (Mantlo/Mignola) Sans oublier ce numéro, l'un des premiers à poser les bases d'un Hulk beaucoup plus humain et sensible que ce que l'on imagine !


44.1992 Sera dans mon top 10

45. 1993 DEATH : THE HIGH COST OF LIVING #1-3 , DC Comics (Neil Gaiman/Chris Bachalo).


Que dire sur cette mini-série qui explore en profondeur le personnage de Death, la sœur de Sandman introduite dans Sandman #7. Tout d'abord qu'elle est scénarisée par Neil Gaiman, mon scénariste préféré et Chris Bachalo, mon dessinateur préféré et qu'elle parle de Death, l'un de mes personnages préférés. Du coup, c'est un peu normal de retrouver cette mini-série de 3 épisodes dans mon Top 100. Si Sandman est la personnification du rêve, Death, comme son nom l'indique, est la personnification de la mort. Sauf que c'est l'une des plus humaines de toute la tribu des endless et certainement l'un des personnages fétiches de Gaiman.
Le pitch est très simple: A chaque siècle, Death prend une forme mortelle pour mieux comprendre à quoi les vies humaines qu’elle prend ressemblent, pour avoir un goût de sentiment de mortalité ;c’est le prix qu’elle doit payer tous les 100 ans.
Et voici donc la forme humaine de Death, Didi, qui va passer sa journée avec un adolescent torturé : Sexton Furnival. Ensemble, ils vont rencontrer des sorciers, des personnages bizarres et profonds, bref, ils vont découvrir le sens de la vie !

GAIMAN joue sur ses forces, c'est-à-dire les personnages. Quasiment pas d’action, un scénario assez linéaire et ça marche à fond. Gaiman peut se consacrer pleinement aux dialogues, presque tout le temps à double sens sur le rôle et la fonction de Death et c’est une de ses spécialités, ces petites réparties qui n’ont pas beaucoup de valeur, mais qui définissent si bien les personnages. Voir le scan où Sexton demande à Didi que si elle était vraiment la mort, elle aurait dû être présente lors de la mort de THEO (un des méchants qui meurt en présence des protagonistes principaux), DEATH lui répond alors : « mais j’étais présente !», c’est ce qui pour moi définit essentiellement le style de GAIMAN, des petites phrases qui font mouche ! Tout est bien pensé, Didi qui s’éclate à bouffer tout et n’importe quoi, qui touche des bébés dans le ventre de leurs mamans, qui vit, tout simplement, alors que c’est la mort. Des running gags (elle ne paye jamais rien) qui signifient finalement beaucoup; de plus, le personnage de Sexton, assez basique au départ (un ado suicidaire) se développe et s’ouvre au fur et à mesure de sa progression avec Didi. Comme à son habitude, GAIMAN introduit d’énormes références aux personnages déjà existant dans SANDMAN sans que cela gêne la compréhension du récit, d’ailleurs, cette fois ci, GAIMAN ne nous abreuve quasiment pas de références littéraires et nous livre une série simple, comme son héroïne.
Mais je peux difficilement être partial lorsqu’il s’agit de GAIMAN. Pour moi, cette histoire est certainement l’une des meilleures qu’il ait écrites, et pourrait même être une très bonne introduction à l’univers de la série SANDMAN. En plus on a droit à du vintage CHRIS BACHALO qui nous livre aussi avec MARK BUCKINGHAM l’une de ses meilleures prestations sur une série (avec peut-être son LOTDK encré par MARK PENNINGTON et ses GEN X avec Mark Buckingham). ON a souvent tendance à lui reprocher de dessiner de manière assez compliquée et confuse, ce n'est pas du totu le cas ici. On a une succession de toutes petites cases, avec de petites scènes de vie qui nous encrent pleinement dans le réel, comme un jouet clown qui ne rebondit pas, une cigarette qui se consume, ou alors tous ces panels de discussion entre DEATH et Sexton. Il sait manager les splash pages aussi a bon escient, et puis, personne ne dessine DEATH mieux que lui. La force de BACHALO, ce sont les expressions des personnages, ici, il est vraiment servi. On pourra quand même reprocher à GAIMAN de ne pas avoir donné toute son ampleur au personnage de THE EREMITE qui fait un peu doublon avec MAD HETTIE.
Pour résumer : une histoire simple, GAIMAN qui flirte avec la poésie et Bachalo a son meilleur. ESSENTIEL !


Titres écartés au profit de celui-ci:
- LEGENDS OF THE DARK KNIGHT #64 (Delano/Bachalo/Pennington) Terminus, une des meilleures histoires de Batman !
- THE MAXX #1-6 par Sam Keith, un autre grand artiste qui se lâche totalement sur cette série image.


46. 1993 Ce titre ne sera pas dans mon Top 10, mais dans mon TOP 3 !

47. 1994 Generation X #1-6 (Scott Lobdell/Chris Bachalo/Mark Buckingham)



Eh oui, c'est vraiment la fête de Chris Bachalo sur ce post puisqu'il est encore cité !  Après son passage sur Death, le voici passé chez Marvel où, après un passage sur Hulk et sur X-Men Unlimited, il atterrit sur une nouvelle série mutante, GENERATION X ! Cette série nous raconte les aventures de la troisième génération de mutants et est scénarisée par Scott Lobdell, l'un des principaux scénaristes des X-Men à l'époque et qui se trouve certainement dans sa meilleure période scénaristique. En effet, Lobdell a livré dans les années 1990 une excellente prestation sur les titres mutants, réussissant à privilégier l'action, les sentiments et les cheminements psychologiques de ses personnages.
Et que dire de Chris Bachalo, qui cette fois-ci est encré par Mark Buckingham, qui est certainement son meilleur encreur et qui tracera ensuite sa propre carrière en tant que dessinateur vedette, notamment sur la série FABLES.
Et Bachalo apporte définitivement un ton très VERTIGO à la série, avec des personnages aux pouvoirs bizarres et pour le coup, très différents. C'est certainement la dernière meilleure introduction d'équipe mutante, jamais égalée depuis dans les comics Marvel où des personnages sans nom et sans personnalité apparaissent et disparaissent en moins de dix numéros.
On avait par exemple droit à CHAMBER, jeune garçon anglais et acerbe dont le bas du visage a explosé lors de la première apparition de ses pouvoirs, HUSK, qui peut changer de forme mais à condition de s'arracher la peau ou encore MONDO, dont on ne sait rien. Chaque personnage a ses faiblesses, ses névroses et c'est parfaitement exploité dans ce seul premier numéro. De plus, c'est la première série à faire définitivement passer Emma Frost du côté des héros, nous expliquant qu'elle est une éducatrice avant tout. Son duo avec Banshee fonctionne parfaitement.
C'est, même à la relecture, parfaitement excellent !
Quand on pense à toutes ses nouvelles séries relaunchées, rebootées, avec à chaque fois des personnages kleenex aussitôt oubliés et mal fagotés dont Marvel nous abreuve depuis 6 ou 7 ans, voilà sur quoi il aurait fallu prendre exemple.  


Titres écartés au profit de celui-ci:
- GENERATION NEXT #1-4 des mêmes auteurs, un grand moment, qui propulse nos jeunes mutants dans les pages de l'AGE d'APOCALYPSE et où Bachalo se lâche réellement !

D'ailleurs, les six premiers numéros (qui vont introduire aussi MARROW) et leur suite dans AGE OF APOCALYPSE (GENERATION NEXT) font tout simplement partie des meilleures lectures mutantes de la décennie !
A relire d'urgence !


48. 1994 STARMAN #0-5, DC Comics (James Robinson/Tony  Harris / Wade Von Grawbadger)


STARMAN a été l’un des cinq titres lancés par DC à l’occasion du crossover ZERO HOUR. Comme beaucoup d’autres titres ce même mois, il va donc commencer par un numéro #0.
Les autres titres étaient FATE, XENOBROOD, PRIMAL FORCE et MANHUNTER !
Evidemment, cela a été le seul à perdurer et a atteindre plus de 20 numéros.
Devenue instantanément culte, elle a permis à ses auteurs d’être nommés pour de nombreux AWARDS (les EISNER en particulier) et a permis d’installer un retour aux personnages rétro qui va enclencher quelques temps plus tard le retour de la JSA sous la plume du même JAMES ROBINSON.
TED KNIGHT, alias STARMAN est trop vieux pour assurer la protection d'OPAL CITY. Il va donc demander à ses fils DAVID et JACK de reprendre le flambeau. SI JACK n'en veut pas du tout, DAVID accepte.
Et cet arc contient tout ce qui fonctionne chez DC, à savoir la notion d'héritage (puisque le fils reprend contre sa volonté le manteau de héros du père) et aussi beaucoup de surprises, avec la mort du héros dès la troisième page!
En effet, quelques mois plus tôt on avait assisté à l’adoubement de DAVID KNIGHT comme nouveau STARMAN et tous les lecteurs s’attendaient à voir ses aventures. Et Robinson prend tout le monde de revers. Tout est réuni ici pour nous faire vivre de bons moments, le style de ROBINSON, qui s’attarde sur tous les petits détails de objets de collection de la boutique de JACK est terriblement efficace sans être pour le moins du monde pompeux et ennuyeux. Il va installer via des flashbacks une rivalité entre les deux frères pour l’admiration leur père ; un DAVID arrogant qui pense qu’il a pris le dessus en mettant le costume et un JACK qui répond par la moquerie, sans penser une seule seconde que cela peut blesser un tant soit peu l'héritage de Starman.
De plus, ROBINSON est autant intéressé par le destin de Jack que par la ville d'OPAL CITY, n'hésitant pas à réaliser des épisodes entiers sur des personnages emblématiques de la ville, comme les O'DARE (une famille de policiers) ou THE SHADE, un méchant de Flash devenu depuis un personnage assez neutre et aux motivations bien plus complexes qu'il y paraît !
Les dessins sont signés TONY HARRIS dont le style est très très bon pour une de ses premières œuvres. Lorgnant vers un dessin plus stylisé et beaucoup moins photo-réaliste que dans ses œuvres actuelles, son trait, renforcé par l’encrage de VON GRAWBADGER, est nettement plus épais et plus sombre, louchant presque vers du MIGNOLA.
Si le premier arc ne fait que quatre numéros (0-3), j'ai intégré ici les numéros 4 et 5 qui sont certainement les plus réussis de toute la série, puisque le 4 montre tout le talent de scénariste de ROBINSON et que le 5 étrenne une idée surprenante : chaque année, JACK aura une discussion avec son frère DAVID. C’est très bien vu car cela va lui permettre de poser son récit et de faire réfléchir JACK sur ce qu’il est devenu au fur et à mesure de ses aventures. Un excellent concept, qui fonctionnera parfaitement. Le noir et blanc (seul DAVID est en couleur) renforce évidemment encore plus le magnifique travail de HARRIS, de plus en plus à l’aise sur le personnage, les scènes d’action, peut être encore un peu hésitantes, sont néanmoins de mieux en mieux maîtrisées
Harris sera remplacé au bout d'une vingtaine de numéros par Peter Snejbjerg, encore meilleur !
Autant vous dire que c'est une énorme série sans vraiment grand temps mort !



49. 1995 ASTRO CITY #1-6 LIFE IN THE BIG CITY, Image Comics, DC Comics (Kurt Busiek / Brent Anderson)


Je ne sais pas si c'est mon arc préféré d'Astro City mais c'est certainement celui qui pose les bases de cet univers. Kurt Busiek, qui vient de se faire reconnaître dans le monde des comics avec le succès de la mini-série MARVELS avec Alex Ross, continue de surfer sur l'idée de voir les super-héros par le petit bout de la lorgnette, c’est-à-dire par les humains. Et il magnifie cette idée sur cette série, bien aidé par les designs d'Alex Ross et les dessins impeccables de Brent Anderson.
Busiek est un fan de comics de la première heure, capable de donner l'histoire de n'importe quel numéro de n'importe quel comics et il connaît parfaitement cet univers. Il va donc créer chez Image son propre univers, qui est un hommage à tous les héros de son enfance, le SAMARITAN qui est un clone de Superman, WINGED VICTORY qui est une sorte de Wonder Woman et ainsi de suite. Ce qui l'intéresse dans cette série, c'est de nous donner une autre version de la grande histoire et c'est exactement ce qui se passe dans ces six numéros indépendants mais pas tant que ça.
Car en dépit de ses nombreuses histoires solos, Busiek construit à long terme, certaines références revenant dix ou vingt épisodes plus tard. En fait, ce qui intéresse Busiek, c'est vraiment de construire son univers de manière non chronologique et par petites touches. De fait, il recompose totalement la découverte d'un univers partagé par un lecteur, mais dans un seul comics. C'est comme si on prenait la série maintenant et qu'on découvrait des arcs plus anciens, plus récents mais tout est parfaitement coordonné.
Astro City, c'est vraiment une série parfaite quand on a un peu de connaissances sur le medium. Après, le lecteur lambda pourra aussi y trouver de bonnes histoires, souvent bien tournées et bien construites, mais il manquera un petit quelque chose. Quelques mots sur les dessins de Brent Anderson, qui sans être totalement exceptionnels, livre une prestation sur la longueur et tout à fait correcte, sans faute !



Titres écartés au profit de celui-ci :
- MARVELS par Busiek et Ross qui est une excellente mini-série qui met l'accent sur les humains !



50. DRUID #1-4, Marvel Comics (Warren Ellis/Leonardo Manco)


Après l’échec de la série HELLSTORM (arrêt au numéro 21 en dépit d’un succès critique); la direction de MARVEL va demander à la rédactrice MARIE JAVINS de plancher sur un comics mensuel qui continuerait à explorer les personnages mystiques de son univers.
Elle va donc proposer aux deux auteurs WARREN ELLIS et LEONARDO MANCO qui en avaient réalisé les derniers épisodes,  de lancer un comics mensuel reprenant les mêmes thèmes que leur précédente production, à savoir un héros  "mystique" oublié remis au goût du jour et orienter la série vers de l’horreur pure et du fantastique à défaut de faire du super héros.
Nous sommes en 1995 : WARREN ELLIS, qui a le vent en poupe chez MARVEL (on vient de lui confier la série EXCALIBUR) décide donc de remettre le DOCTOR DRUID sur le devant de la scène. Après accord de la rédaction, ELLIS et MANCO se retrouvent donc pour ce magazine mensuel qui ne durera que ….quatre numéros……A la différence des autres séries peuplées de personnages griffus et méchants, la série DRUID va développer son côté horreur gore, allant assez loin dans les descriptions visuelles (pas de sceau du COMICS CODE d’ailleurs) ; LEONARDO MANCO s’en donnant  à cœur joie dans les scènes trash et gluantes. On précisera aussi que cette série fait partie de la ligne MARVEL EDGE , composée de magazines censés être beaucoup plus sombres et violents que la moyenne, avec des héros très noirs et des récits plus matures (DAREDEVIL, GHOST RIDER , PUNISHER, HULK par DAVID et SHARP). Peu de ces histoires ont néanmoins atteint le niveau d’horreur proposé par DRUID ! Il faut dire que toutes n’avaient pas LEONARDO MANCO comme dessinateur et WARREN ELLIS comme scénariste.
L'histoire est assez simple, Dr DRUID est un personnage secondaire qui a très mal tourné, pour beaucoup il est juste une fumisterie. Au bord du gouffre, le docteur décide de franchir un cap, de passer outre ses hésitations et ses peurs afin d’assumer pleinement son héritage celte et devenir le dernier DRUIDE sur Terre, disposant des ressources et des expériences de tous les autres druides ayant déjà existé. Son lien étroit avec la planète et ses prédécesseurs font bien évidemment penser au DOCTEUR d’AUTHORITY, que WARREN ELLIS créera plus tard pour la firme WILDSTORM !

Implorant ses dieux, il va alors se transformer et sa métamorphose est assez effrayante : implorant les divinités celtiques sous son chêne sacré à l’intérieur même de son appartement, LUDGATE expulse en une seconde toute sa graisse et son corps se tord et se modifie jusqu’à prendre la forme d’un personnage sombre et inquiétant une créature sombre et inquiétante, à l’instar des personnages très populaires de cette décennie chez MARVEL et IMAGE (le fameux style  » GRIM and GRITTY  » ).
Nous ne nous trouvons absolument pas dans une série MARVEL classique et les deux auteurs vont pousser le bouchon très très loin pour du Marvel. Afin d’éviter l’écueil du personnage trop puissant (et par définition difficile à mettre en  danger) et de préserver le suspense, ELLIS insère un talon d’Achille dans l’omnipotence de son personnage : ce dernier est en effet victime d’une malédiction appelée GEIS ; un interdit qu’il ne doit pas braver sous peine de déchaîner la colère des divinités Celtiques qui l’ont investi. Afin de pimenter l’histoire, DRUID n’a aucune idée de ce dont il s’agit, le GEIS n’étant pas révélé au druide concerné. Cette très bonne idée va aussi permettre  à  ELLIS (comme on va malheureusement pouvoir s’en rendre compte plus tard)  de conclure en un minimum de temps son histoire, puisque le lecteur ne sait pas non plus quelle est l’interdit qui frappe le héros ! Le scénariste peut donc tout se permettre. Il faut aussi à la série DRUID une trame de base, et pour cela ELLIS retourne aux origines du personnage tel qu’il a été défini par LEE et KIRBY : LUDGATE va devenir un enquêteur de l’occulte, spécialisé dans les affaires magiques et venant à l’aide de tous ceux qui auront besoin de ses conseils. C’est encore bien vu, puisque dans la tradition celte, c’est effectivement le rôle d’un druide que d’aider les autres. ELLIS va aussi très rapidement (début de l’épisode 2) installer un suspense constant dans sa série en faisant apparaître aux yeux du héros une vision de mort : une jeune femme en train de laver ses vêtements tâchés de sang dans une rivière (référence à une vieille légende, THE WASHER WOMAN AT THE FORD), qui lui fait comprendre que sa mort est non seulement inévitable, mais aussi très proche. Je ne pense pas  qu’ELLIS avait prévu que cette vision se réaliserait dès le #4. Certaines planches sont répugnantes à souhait et on comprend aisément que MARVEL ait décidé d’arrêter là cette série, le ton de l’ouvrage ne correspondant pas, au vu des ventes du titre, à ce qu’attendaient les lecteurs gavés de ROB LIEFELD et autres JIM LEE.
La rédactrice MARIE JAVINS va donc devoir annoncer la mort dans l’âme à ELLIS et MANCO la requalification de DRUID en mini série de quatre épisodes.  On comprend la rage du scénariste qui s’était énormément investi dans le projet et qui allait même proposer des essais sur le druidisme dans le courrier des lecteurs .Sa frustration, se lit d’ailleurs dans  le titre de son dernier épisode : SICK OF IT ALL ! (MARRE DE TOUT CA ! )
Il lui faut donc conclure tout ce qu’il avait commencé à assembler en vingt-quatre pages seulement, et il va décider d’employer la manière forte en pulvérisant tout sur son passage. C'est en effet DAIMON HELLSTORM qui réduit le corps de DRUID en poussière et le met littéralement à la poubelle !
Pour résumer, DRUID partait sur d’excellentes bases et on sentait WARREN ELLIS très impliqué dans ses histoires et la mythologie druidique. En dépit d’un côté peut être un peu trop gore et provocateur, les thèmes développés sont excellents et la maestria de LEONARDO MANCO, avec un style très griffonné et beaucoup moins clair qu’à l’accoutumée explose à chaque page. LEONARDO MANCO restera dans le giron MARVEL mais n’aura pas beaucoup de chance non plus puisqu’il signera les parties graphiques de WEREWOLF BY NIGHT (arrêt au sixième épisode avec PAUL JENKINS au scénario) et du regretté DEATHLOCK avec JOE CASEY (arrêt au neuvième épisode). Entre temps, il signera un one-shot avec PETER MILLIGAN ARCHANGEL, PHANTOM WINGS et finira son travail MARVEL par un annual AVENGERS dans les années 2000.
WARREN ELLIS quant à lui a rapidement compris qu’il ne pourrait pas réussir chez MARVEL en livrant des histoires provocantes, il se contentera donc de ressusciter le titre THOR devenu moribond avec MIKE DEODATO pour quelques épisodes et de raconter les aventures du groupe mutant EXCALIBUR. Il créera ensuite le personnage de SPIDER JERUSALEM chez VERTIGO et AUTHORITY chez IMAGE dont certaines prémices peuvent se retrouver dans DRUID ! Je ne m’attarde pas plus sur la carrière de ce scénariste d’exception, mais il est quand même intéressant de découvrir cette série qui est l’un de ses premiers travaux pour la maison des idées.


Titres écartés au profit de celui-ci:
- HELLSTORM, PRINCE OF LIES par la même équipe et avec Peter Gross
- LUCIFER, par Mike Carey et Peter Gross, qui nous raconte les aventures du prince de l'enfer descendu sur terre, une très bonne série
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snake plissken

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 17 Aoû 2016 - 13:37

moi aussi j'adore les listes!
Pas encore tout lu mais grand merci pour le post. c'est super intéressant tant dans la diversité des genres que des formats. Et puis la présentation de chaque n'est ni trop longue ni trop courte.
Et aussi la listes des titres écartés, j'aime bien cette idée Wink
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fred le mallrat

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 17 Aoû 2016 - 15:22

Pour Druid : je met quand même Les Hellstorm de la même équipe audessus.
D ailleurs dans Hellstorm aussi Ellis repondait au courrier des lecteurs... sauf à la fin où Javons devait le faire à sa place suite a l arret des séries...

Je pense que beaucoup de lecteurs sétaient aussi investis dans ces séries... d ailleurs moi l arret m avait bien dégouté à une époque où j avais du mal avec les lignes de Marvel et DC (sauf vertigo)..

A savoir que la malediction d ellis va continuer.
Il avait prévu une série Satana avec Ariel Olivetti dans el cadre de la collection Strange Tales (avec le werewolf de Jenkins/Manco et le man-thing de Dematteis/Sharpe). Elle sera sollicitée (je me souviens l avoir commandé) mais ne sortira jamais. Ellis a partir du script en fera Strange Kisses chez Avatar.
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fred le mallrat

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Sam 20 Aoû 2016 - 13:41

Je n ai pas du tout accroché a Stary Toaster.. c est beau mais...

Bien d accord avec toi sur le fait que le meilleur d AF c est Mantlo est pas Byrne (par contre Hudnall... bof)

Signal to Noise et Generation X.. j aime bien mais sans plus.

Le reste serait dans mon top aussi
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Céd

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Sam 20 Aoû 2016 - 16:50

Belle liste!
Je n'ai pas encore lu tous tes avis, mais ce que j'ai déjà lu me plaît beaucoup.
Tu sais partager ton enthousiasme, tes impressions, ta nostalgie parfois...
Nostalgie que je peux partager. Quand tu vois ce qu'il se faisait à certaines époques...
Bref!
Merci pour ce sujet dense et passionnant! Razz
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doop

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MessageSujet: Et la suite est là !!!   Sam 20 Aoû 2016 - 17:03

Désolé pour le retard, mais cette partie là est super dense : ca m'a pris un temps fou !
51. 1995 JOKER : DEVIL'S ADVOCATE (Dixon/Nolan/Hanna)
Alors oui, traitez moi de vieux nostalgique mais à mon sens, personne n'a réussi à faire du Joker un personnage aussi terrifiant depuis. C'est pour moi le one-shot qui définit le mieux le personnage, ce clown psychopathe qui n'a pas besoin d'avoir le visage défiguré, arraché ou des tatouages pour être effrayant. L'histoire est très simple : le Joker est condamné à mort pour quelque chose qu'il n'a pas commis. Et le seul qui peut l'innocenter c'est Batman.
On pourra dire ce que l'on veut, Chuck Dixon et Graham Nolan sont deux bons faiseurs de comics, ils ne seront jamais des superstars et ce sont des auteurs en voie de disparition (soyons lucides, quel scénariste est désormais capable de rester, plus de cinquante épisodes sur une série et quel dessinateur est capable de produire au minimum dix comics par an), c’est-à-dire le genre d'artistes capables de tenir la baraque, d'assurer les délais et de faire du lien sur la longueur avec un univers cohérent, bref, développer tranquillement des personnages. Et ce sont certainement ceux qui les connaissent le mieux.
Ce one-shot nous propose aussi l'une des scènes les plus impressionnantes de toute l'histoire de Batman : le Joker se cogne la tête sur une table, juste pour arriver à ses fins. Voilà ! Pas besoin d'en faire plus, c'est certainement la scène qui installe le mieux la personnalité du Joker pré-2000 et le retour du glauque pour le cool.
C'est surtout pour cette scène que j'ai choisi de mettre ce comics, qui correspond aussi à ce que j'attends dans mes lectures, des histoires bien troussées, des dessins corrects et surtout une volonté de livrer une histoire sans artifice et de toucher juste. Ce DEVIL'S ADVOCATE est certainement ce qu'on fait de mieux sur le Joker, le vrai et quand on y réfléchit un peu, je trouve quand même assez regrettable de voir ce qu'il est devenu depuis, comme si la plupart des auteurs du moment avaient renié cet aspect, fondamental, du personnage : derrière un aspect ridicule et comique, c'est un psychopathe et c'est cette distinction qui rend le personnage encore plus terrifiant. Le Joker de Moore et Bolland ressemblait à une crevette, il ne s'était pas arraché le visage pour se le reclouer histoire de montrer qu'il est méchant ! C'est la distinction entre son apparence et ses actes qui le font passer du cadre d'un méchant à un gars terrifiant, pas la peine d'entrer dans une surenchère gore et glauque, il suffit juste de bien l'écrire, ce qui est le cas ici !


52. 1996 ? fera partie de mon TOP 10

53. 1996. KINGDOM COME (Mark Waid/Alex Ross), DC Comics

KINGDOM COME est une excellente histoire. Elle nous raconte les dérives des super héros du futur, devenus de plus en plus déshumanisées et qui ne pensent qu’à leur propre carrière. Les auteurs vont donc opposer à ses personnages le meilleur d’entre tous les héros, à savoir SUPERMAN !
KINGDOM COME, au-delà du fait de proposer une intrigue tout à fait conséquente aborde un thème tout à fait cher au cœur d'ALEX ROSS et de MARK WAID, c’est à dire le retour au concept du héros. Marre de tous ces héros « gris », ils sont là pour faire le bien et les deux auteurs le revendiquent haut et fort ! Ils en ont assez de tous ces nouveaux super héros super violents et c’est donc carrément un retour aux icones que proposent ROSS et WAID , et c’est superbement fait. En effet, les dessins iconiques d’ALEX ROSS se prêtent magnifiquement à ce genre d’état d’esprit : son SUPERMAN est majestueux, rétro, c'est l'Amérique et c'est tout ! Ne nous leurrons pas : plus qu’une histoire de héros située dans un futur alternatif, c’est avant tout une histoire de SUPERMAN que nous offrent là les deux auteurs.
Cela permet de laisser ROSS, qui est aussi un homme de concept et de design, de faire joujou avec la plupart des personnages DC, on pourra ainsi apercevoir les enfants de ROBIN et STARFIRE, de RA’S AL GHUL etc…. Pas de WALLY WEST, pas de KYLE RAYNER, c’est BARRY ALLEN et HAL JORDAN qui portent le manteau de FLASH et GREEN LANTERN, les vrais car seul l’aspect iconique compte ici.
Alors c’est sûr que comparé à certains récits actuels, qui se plaisent à déconstruire la naïveté des super-héros et leur côté boy-scout, KINGDOM COME en tant que réflexion sur le super héros peut sembler vieillot et désuet, trop premier degré mais je trouve quand même que c’est une brillante idée, orchestrée de manière tout à fait originale et détaillée. Et puis, ce n’est pas comme si le côté premier degré n’était pas totalement assumé ; WAID est bien trop malin pour ça, et on peut lui faire confiance.
Graphiquement, que dire si ce n’est que ALEX ROSS a quand même ouvert une brèche dans l’industrie des comics en proposant des personnages et des planches tellement réalistes que beaucoup s’en sont inspirés depuis pour des films ou des publicités. Les scènes de l’arrivée de SUPERMAN ou de CAPTAIN MARVEL restent dans toutes les mémoires (DALE EAGLESHAM les a d’ailleurs réutilisées dans la JSA) et le succès commercial et critique de cette série est tout à fait mérité.
De plus, KINGDOM COME est passé d’un statut d’ELSEWORLD (ce qu’il était censé être à la base) à un statut de futur possible de l’univers DC depuis quelques temps, on revoit le personnage de SUPERMAN dans un des derniers arcs de la JLA par exemple.
Je l’ai relu il n’y a pas si longtemps et j’y ai pris toujours autant de plaisir !
C’était quand même finalement assez osé de sortir une histoire pareille, qui assume totalement le côté chevalier blanc des super héros à l’époque des WOLVERINE et d’autres séries cyniques et désabusées. Un joli complément qui pose déjà les bases d’un retour du super héros en tant que chevalier blanc.

54. 1997 TRANSMETROPOLITAN #13-18 (Warren Ellis/Darick Robertson), DC Comics
Retour du scénariste Warren Ellis, qui après s'être gravement embrouillé avec Marvel suite à l'arrêt de ses deux séries horrifiques, passe chez Helix (une ligne SF de DC Comics) puis Vertigo pour livrer certainement sa meilleure série sur le long terme.
WARREN ELLIS a plusieurs particularités, en effet il essaye toujours (et peut être de plus en plus) de donner une base technologique à ses histoires, essayant de mettre en place une sorte de modernité qui n’existait peut être pas beaucoup avant , c’est aussi un auteur qui décompresse beaucoup, surtout quand il fait des choses un peu moins personnelles pour les grandes compagnies, comme par exemple ses séries MARVEL (NEW UNIVERSAL ou THUNDERBOLTS où je ne le trouve pas très impliqué, je ne parle même pas de AVATAR mais il faut reconnaitre que depuis un an ou deux, son retour chez IMAGE est excellent ).
Et pourtant, quand quelque chose lui tient à cœur, il peut livrer des bandes dessinées d’anthologie, comme par exemple ce TRANSMETROPOLITAN, qui a le mérite d’être sa série la plus longue (60 numéros d’affilée) et dans lequel, à mon sens, il s’est le plus investi.
Il faut dire que ce personnage de SPIDER JERUSALEM lui ressemble tellement.
Nous nous trouvons dans un futur proche. SPIDER JERUSALEM est un journaliste cynique, drogué et désabusé, un hommage futuriste à Hunter Thompson et au journalisme "gonzo" ultra-arbitraire. Il s’est retiré dans l’isolement le plus total loin de la ville (une BABYLONE futuriste où tout est poussé à l’extrême) après l’élection du nouveau président que SPIDER avait combattu dans ses éditos. Malheureusement lié par un contrat implacable, SPIDER J se voit obligé de retourner dans cette mégalopole en perdition et de faire à nouveau des articles. Comme il ne peut pas s’en empêcher, il va alors dénoncer la corruption et la bassesse de toute cette société du futur, qu’il déteste et qui le lui rend bien.
TRANSMETROPOLITAN est une grande réussite tout du long de ses soixante numéros (bon, on excusera une légère baisse de régime autour du numéro 30-40 ) car quasiment tout repose sur son personnage, SPIDER J, qu’on pourrait penser complètement déshumanisé. Et pourtant, au fil des épisodes, on se rend compte que le journaliste est bien sur autre chose que la caricature qu’il donne de lui, il est profond, sensible, et il lui arrive même parfois d’être raffiné.
La série ne tient quasiment que sur ce personnage, et c’est assez fort de durer aussi longtemps avec ce seul concept, mais ELLIS relance souvent en utilisant des principes pas très originaux certes (la maladie de SPIDER J) mais tout à fait cohérents.
Alors évidemment TRANSMETROPOLITAN est une série qui dénonce les travers de notre société de consommation totale et peut être que dans cette période ou les humains n’existent carrément plus (ils sont tous devenus des veaux consommateurs et assistés, incapables de réfléchir par eux-mêmes) , SPIDER J, tout original et décalé qu’il soit, apporte la bonne parole. On pourrait croire ça assez convenu et original mais même pas, il est trop jusqu'au-boutiste pour accepter ce rôle, c’est un accélérateur de mouvement, le petit grain de sable dans la machine qui va passer la totalité de ses épisodes à combattre un système bien trop grand pour lui avec toujours ce doigt tendu bien haut à la face des dirigeants.
C’est bien vu de la part de ce scénariste, qui utilise en plus le fait que l’action se déroule dans le futur pour sortir ses concepts scientifiques un peu tordus dont il a le secret.
Mais TRANSMETROPOLITAN doit aussi une grande partie de sa réussite à DARICK ROBERTSON le dessinateur au départ un peu à contre-emploi (on rappelle qu’il sortait de plusieurs fill-ins chez MARVEL dont notamment la série CABLE ou la SAGA DU CLONE) et qui s’éclate comme un petit fou à faire tout ce qu’on lui avait interdit de faire jusqu’à présent. ROBERTSON rajoute des tonnes de détails, de petites choses qui finissent par donner une grande cohérence à l’univers d’ELLIS, parfois, il pousse un peu trop dans la provoc, mais c’est assez rare et ça ne me choque pas. C’était exactement le dessinateur qu’il fallait pour cette série.
Encore une fois, c'est difficile de choisir un arc spécifique mais je pense que ce YEAR OF THE BASTARD se trouve être un résumé parfait de cette saga. C'est en effet le moment que l'on attend tous, celui où après avoir repris la température de la ville, il se remet dans le bain de la politique, avec une couverture sur la future élection présidentielle. C'est aussi dans cet arc que l'on nous introduit une de ses nouvelles assistantes, HELENA, la fille de son directeur. A mon sens, c'est vraiment sur ces épisodes que Warren Ellis prend en main son histoire et son personnage.




55.1995 CASSIDY : BLOOD AND WHISKEY, DC Comics (Ennis / Dillon)
Je viens de me rendre compte que souvent, j'ai tendance à choisir les premiers TPB de séries cultes, mais peut-être parce que ce sont les numéros que j'ai le plus relus et que j'ai un peu de mal à me rappeler précisément les histoires, même si certaines m'ont marqué plus que d'autres. Dans le cas de Preacher, j'ai failli prendre Gone To Texas (le premier arc de la série régulière) mais en réfléchissant parmi tous les évènements marquants de cette série, j'ai finalement opté pour ce one-shot, une annexe au titre régulier, parce qu'il synthétise à mon sens un aspect profond de cette série : se démarquer totalement de la production Vertigo de l'époque, très centrée sur la magie. Garth Ennis, c'est le cousin sale qui boit et qui jure dans la réunion de famille, celui qui fera tout le contraire de ce qu'on attend de lui, bref, le mouton noir. Et c'est exactement ce qu'il fait en proposant un récit très ancré dans l'Amérique profonde (alors que c'est un scénariste Britannique) et provocateur, totalement en opposition avec les textes racés de Gaiman ou les récits très Anglais de Morrison, de Delano ou de Milligan.
Dans ce one-shot, Garth Ennis met Cassidy, le vampire Irlandais qui boit face à des pseudo-goths de la nouvelle Orléans qui ont lu trop de romans d'Ann Rice et se baptisent eux-mêmes "les enfants du sang". On est bien évidemment dans la parodie, dans la moquerie puisqu'un personnage du groupe ressemble trait pour trait à… Neil Gaiman, utilisant même la police de caractère de Sandman et que la fin est un énorme pied de nez à tout ce style.
Mais ce serait un petit peu trop réducteur car, quand il le veut (et il le fait de moins en moins), Ennis est un sacré scénariste, capable de faire passer énormément d'émotion et de sensibilité. Ce n'est pas ce que l'on remarque au premier abord, effectivement, mais il suffit de lire certains de ses épisodes de HITMAN pour s'en rendre compte. Et on le voit un peu ici, avec un récit qui prend une tournure parfois un peu sombre et rugueuse, bien loin de la farce.
Pour moi, c'est un excellent récit, mais il n'est que la face visible de l'ICEBERG puisque c'est toute la série PREACHER qu'il faut lire.
Parlons aussi des dessins de Steve Dillon, qui à mon sens n'a plus jamais fait aussi bien depuis. Il dessine tous les épisodes de la série ainsi que la plupart des one-shot auxiliaires. En effet, c'est l'un des seuls qui peut proposer du gore, du cracra mais aussi de la comédie dans le même dessin. C'est un sacré tour de force.


Titres écartés au profit de celui-ci :
HITMAN : quand Garth Ennis pousse petit à petit les codes du comics mainstream en créant un personnage hyper attachant (Tommy Monaghan) et bien plus respectueux des super-héros que l'on croit.


56. AVENGERS vol 3 #1-4, Marvel Comics (Kurt Busiek/ George Perez)
Après la tentative finalement infructueuse (et disons-le clairement assez abominable, remembrer Chap Yaep) de HEROES REBORN, Marvel nous propose un véritable retour aux sources avec ses HEROES RETURN, à mon sens le dernier relaunch d'envergure qui a fonctionné en laissant les clefs à des personnes complètement faites pour écrire et dessiner ces nouvelles séries. Rappelons rapidement que HEROES RETURN, c'était CAPTAIN AMERICA par Waid et Garney, IRON MAN par Busiek et Chen, FANTASTIC FOUR par Lobdell et Davis et donc cet Avengers par Busiek et Perez. Bref, des gens qui ont des choses à dire sur les personnages qu'on leur octroie, des fans de la première heure bien loin de tous les trucs hyper buzzés du moment qui ne cherchent pas à déconstruire, à se moquer, à renouveler, juste à magnifier. Des scénaristes solides, des dessinateurs solides et des séries qu'on relit encore maintenant avec plaisir.
Car cet arc des AVENGERS est pour moi ce qu'on fait de mieux en superslip, avec un Kurt Busiek qui est non seulement un spécialiste de l'histoire Marvel mais aussi un scénariste capable de monter de belles histoires et qui devait rêver de ce moment depuis des années. Du coup, il balance tout ce qu'il a, se faisant plaisir avec un retour aux sources bienvenu et une opposition entre tous les Vengeurs (depuis la création de l'équipe) et Morgane !!! IL termine avec un numéro très classique : une nouvelle line-up !
Je les ai relus il n'y a pas très longtemps et je dois vous avouer que c'est encore un superbe moment, surtout si on le compare au gloubi boulga qui est publié depuis la fin de ce run, de Bendis à Hickman. C'est certainement la dernière fois qu'on a ressenti un peu d'émotion dans cette série, avec par exemple le personnage de Carol Danvers, remise sur le devant de la scène ou la relation Vision/Wanda.
Et non seulement Busiek s'en donne à cœur joie, mais George Perez aussi : il remplit des pages avec des dizaines de personnages, des modifications de costumes, des réinterprétations moyenâgeuses de nos héros et c'est un pur moment de comics de base.
Ces épisodes des Avengers sont pour moi tout ce qu'on attend d'une histoire de super-héros maintream sur une grosse franchise (et tout ce qui a disparu depuis l'avènement du buzz, des arcs et des scénaristes et dessinateurs étoiles filantes).
Après tout n'est pas réussi dans ce run qui dure une bonne soixantaine de numéros, mais on a droit à de très bons moments de bravoure, comme le dernier arc avec la guerre qui oppose la terre à Kang le conquérant !

Titres écartés au profit de celui-ci :
AVENGERS vol 3 : (Busiek/Dwyer-Anderson) #44 -55 KANG DYNASTY, une saga généralement pas appréciée mais qui tient la dragée haute, par exemple aux Avengers de Remender.
AVENGERS FOREVER #1-12 (Busiek/Pacheco) : une maxi-série de 12 épisodes qui met en scène différents Avengers pris dans différentes époques : un must avec en plus les dessins de Carlos Pacheco qui est au top !

THOR #36-79 (Jurgens) avec des épisodes plus adultes et plus matures, qui proposent une version où Thor assume son statut de dieu sur Terre. Très intéressant !

FANTASTIC FOUR vol 3 #1-3 (Lobdell/alan Davis) : à mon sens les épisodes les plus prometteurs de toute l'histoire Marvel, mais qui n'ont pas confirmé avec le départ des auteurs au bout de trois numéros.




57. PLANETARY #1-27, (Warren Ellis/John Cassady) DC Comics
J'avais lu les quelques premiers épisodes de PLANETARY, mais j'avais laissé tomber l'affaire au vu des nombreux retards accumulés par les auteurs. En plus, n'ayant lu que les cinq / six premiers, j'avais eu du mal à me faire une idée de la trame. J'avais donc laissé tranquillement la série se dérouler avant de tout relire d'un bloc ; et c'est absolument magnifique !
Pour moi, PLANETARY est avec TRANSMETROPOLITAN le meilleur travail d'un Warren Ellis (encore lui), tout en se démarquant complètement : aucune once de cynisme dans cette série, ce qui prouve que l'auteur peut vraiment tout faire. Il livre une histoire qui se veut un hommage non seulement à la culture pulp des années 50, mais aussi à la science-fiction de cette époque et enveloppe le tout dans une réflexion sur l'histoire et le futur des comics.
Tout ça en 27 épisodes assez différents et déconnectés. Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est loin d'être compliqué, l'histoire prend tout son sens petit à petit et c'est ici un vrai travail d'orfèvre. Et pourtant, cela se passe dans l'univers WILDTORM, pas vraiment réputé pour sa subtilité (quoique certaines séries pourraient me faire mentir).
PLANETARY nous raconte donc l'histoire d'un groupe de trois personnages qui se définissent un petit peu comme les archéologues de l'univers WILDSTORM, ils vont fouiner dans les recoins perdus de l'histoire découvrant des secrets oubliés depuis des décennies. Sauf que chaque secret à une signification, qui s'intègre parfaitement dans l'histoire globale de la série. Chaque détail à son importance et ELLIS réussit à faire monter la sauce assez rapidement, avec une menace assez identifiable (les 4, version méchante et pas du tout voilée des FANTASTIC FOUR), des mystères qui tiennent en haleine (qui est le quatrième membre de PLANETARY) et des révélations incessantes à partir du milieu de la série.
En plus de l'histoire, parfaitement bien construite, que ce soit dans un contexte individuel ou global. On a, comme je le disais plus haut, une véritable réflexion sur l'évolution des comics et des héros, des personnages du golden age, comme DOC SAVAGE sont confrontés à ceux du SILVER AGE (les FANTASTIC FOUR) , et on a même une apparition de certains personnages VERTIGO . Le mieux, c'est qu'à mon sens la conclusion d'ELLIS est totalement optimiste, et ça fait du bien par rapport au cynisme ambiant. Pour le coup, on est un peu sur des théories un peu contraires à TRANSMETROPOLITAN. ELLIS veut nous rassurer en nous montrant que le meilleur reste à venir.
Les concepts de science-fiction sont tout bonnement hallucinants, ce qui fait de PLANETARY plus une série SF que de super héros, et ça c'est rare.
L'avant dernier épisode est surprenant, dans la mesure où il résout un peu vite la problématique de la série, mais c'est pour nous dévoiler un autre aspect de l'œuvre dans le dernier épisode: le lien très fort entre les quatre membres de l'équipe, pour le coup, ce sont eux les véritables FF, et je reconnais que ça peut surprendre, mais c'est ce dernier épisode qui pour moi enfonce le clou de l'optimisme.
Le scenario est impeccable, les dessins de JOHN CASSADAY le sont tout autant. L'avantage aussi, c'est qu'ELLIS ne se renferme pas dans une diarrhée verbale, tout est compréhensible parfois uniquement grâce aux silences et à la narration de CASSADAY. J'ai dû lire ces 27 épisodes très rapidement, mais chacun d'entre eux apporte quelque chose qui fait au final une histoire beaucoup plus dense que prévue.
Un grand moment de lecture pour une des meilleures séries de ces vingt dernières années.
Titres écartés pour celui-ci:
- DESOLATION JONES : Peut être le comics qui aurait dû se retrouver dans ce top 100 mais dont on n'a jamais eu la fin. Par Ellis mais surtout JH Williams III.


58. CHASE TPB, DC Comics (D. Curtis Johnson/JH Williams III – Eric Canete- Yannick Paquette-Bob Hall-Charlie Adlard)
Pour tout vous dire, il s'agit d'une de mes séries préférées de tous les temps, certainement parce que c'est la première série que j'ai découvert en VO au numéro 1 et que je pensais avoir trouvé un dessinateur pas connu mais qui allait devenir une star: JH Williams III. Donc oui, il y a un peu de nostalgie, mais voir DC faire une compilation non seulement des 10 épisodes de la série, plus un épisode de Batman où Chase apparaît pour la première fois, plus toutes les apparitions de l'héroïne dans les différents Sceret Files and Origins, donc un gros pavé de plus de trois cent cinquante pages pour 29.99 , je n'allais pas me priver, mes singles tombant un peu en miettes.
C'est simple, même en essayant de faire abstraction de la nostalgie et en essayant d'avoir une vision un peu plus distante de la chose, ces épisodes de CHASE constituent quand même une excellente série, avec un personnage de femme forte qui va certainement inspirer beaucoup de scénaristes par la suite. CAMERON CHASE est un agent du DEO (Departement of Extranormal Opérations), un organisme chargé de s'occuper de surveiller les métahumains et de régler les problèmes inhérents aux affrontements entre ces derniers et des menaces extérieures.
Les idées sont partout dans ce comics, j'ai rarement vu un univers aussi développé , ce que font Johnson et Williams III sur le DEO, sur les parents de Chase, sur ses relations avec sa sœur, son petit ami est juste époustouflant ! Ils arrivent à nous donner non seulement une héroïne tout à fait crédible, pas bombasse, qui fume, qui jure un peu, bref, une véritable bad girl qui n'a pas besoin de montrer ses nichons pour prendre le pouvoir. Evidemment, le personnage de Cameron Chase, son allergie aux super héros, sa voiture pourrie sont des éléments qui fonctionnent instantanément. Le meilleur, c'est que vraisemblablement, les deux auteurs avaient des plans à très long terme pour la jeune fille, distillant au fur et à mesure des informations qui étaient censées revenir.
Si on devait compare Chase avec un comics de l'époque, je vais sans hésiter le relier à Starman, pour sa description pointue du personnage principal, son univers riche et nouveau, mais aussi cette idée de faire dessiner à des guests (et pas des moindres, puisqu'il y a Bob hall et Charlie Adlard) des épisodes qui se situent dans le passé du personnage et qui nous en apprennent un peu plus.
Les personnages principaux ne sont peut être pas totalement développés, mais je pense que c'est plus dû à l'arrêt brutal de la série qu'à autre chose.
Car contrairement à Starman, Chase va s'arrêter après dix numéros, et on n'aura donc jamais d'exploitation de l'univers crée par les deux auteurs. Alors il y a une fin, disons que cela ne se termine pas un queue de poisson, mais c'est vraiment du gâchis de voir l'arrêt d'une série avec un tel potentiel et un tel niveau d'écriture. Car une chose est sûre, c'est que D.Curtis Johnson est très bon, très à l'aise avec non seulement ses idées, mais ses dialogues et sa manière d'écrire. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, mais c'était un très bon.
Un autre très bon, c'est bien évidemment JH Williams III qui déjà, commence à expérimenter les manières de raconter une histoire dès son deuxième numéro. Sa maestria explose littéralement au tout dernier épisode, situé dans le futur et où l'on croit voir des prémices de ce qu'il va faire dans Promethea, avec une première version de TEXT.ure.
C'est un vrai bonheur de découvrir ou de redécouvrir ses planches , on assiste vraiment à l'éclosion d'un grand artiste.
Alors oui, parfois il y a quelques petites faiblesses (le storytelling de Williams III est encore parfois hésitant, Curtis Johnson commet lui aussi quelques lourdeurs) mais c'est vraiment chercher la petite bête.

59. BLACK PANTHER #1-5, Marvel Comics (Christopher Priest/Mark Teixeira-Vince Evans)
Encore une fois, je vais parler du tout premier arc parce qu'il est essential dans la construction de ce personnage et de la direction de la série, même si j'ai des souvenirs réguliers et essentiels de ce run qui dure près d'une soixantaine de numéros.
Alors que Marvel relance certaines séries sous le label Marvel Knight, on propose à Christopher Priest (bien connu pour son comics parodique Quantum et Woody et son travail sur Spider-Man) de s'occuper de Black Panther, une série qui n'existe plus depuis de nombreuses années et dont le personnage est un peu tombé dans l'oubli.
Priest ne se fait pas prier ( oui, je sais…) et accepte, même s'il est contrarié par le fait qu'on lui propose un héros noir (il ne voulait pas se retrouvé cantonné à ce genre de séries, lui-même étant noir). Et il va renouer avec certains aspects du run de Don Mc Gregor en remettant au centre de l'intrigue le Wakanda et sa politique. Il fait de T'Challa un monarque beaucoup plus qu'un super-héros et introduit Everett K. Ross, une liaison gouvernementale qui sert non seulement de référent comique, mais qui en plus est notre point de vue dans cette intrigue politique et mystique puisque le premier adversaire de notre prince est tout simplement Mephisto.
De fait, Christopher Priest nous livre un travail tout à fait fantastique, sans grande surprise si l'on connaît déjà Quantum and Woody mais insiste moins sur le côté parodique. Il s'approprie de fait nettement plus le personnage et nous livre, sur la longueur, une histoire passionnante, complexe, drôle et très bien écrite, avec des protagonistes qui sont véritablement bien définis. En fait, le ton est nettement plus adulte, on ne prend pas les lecteurs pour des imbéciales avec une structure narrative complexe et ultra-référencée. Bref, des épisodes qu'on ne peut pas lire vite fait et qui demandent un peu plus que 1% de notre cerveau disponible. La guerre entre Atlantis et le Wakanda (autour de l'épisode #30) est un véritable bijou, surtout quand on le compare au très médiocre AVX ! Aux dessins, c'est Mark Texeira qui livre une prestation tout à fait correcte, elle aussi tout à fait habituelle par rapport à ses précédents travaux. C'est un peu dommage car l'essentiel du run est dessiné par Sal Velluto, dessinateur un peu oublié qui livre des planches vraiment très solides et particulièrement bien travaillées.
Un run d'excellence, même si Priest se perd un petit peu vers le cinquantième numéro.
Titres écartés au profit de celui-ci:
- Quantum and Woody vol 1 (Priest/Bright), Valiant
- Quantum and Woody vol 2 (James Asmus) qui est exceptionnellement brillant et que je conseille vivement, c'est du véritable humour parodique actuel.


60.1998. BATMAN : NO MAN'S LAND, DC Comics (Bob Gale/Alex Maleev) (Batman : No Man's Land #1, Shadow of the Bat #83, Batman #563, Detective Comics #730)
Alors Batman No Man's Land rentre dans la catégorie des MEGA CROSSOVERS dans la mesure où il a concerné 4 séries mensuelles et des dizaines de titres satellites durant au moins un an, ça fait facile une cinquantaine de numéros (est-ce que ce ne serait-pas le plus gros crossover avant les années 2000?). A la suite d'un tremblement de terre et d'une épidémie, GOTHAM CITY est déclarée NO MAN'S LAND, c’est-à-dire que plus personne ne peut y entrer ni en sortir et qu'il n'y a plus de lois !
La plupart des méchants échappés d'Arkham se sont organisés en gangs et se sont partagé tous les quartiers de la ville.
Il ne reste que les quelques braves de la police de Gotham pour essayer de protéger la population et de faire régner un semblant d'ordre. Car en effet, Batman a disparu, laissant les survivants et ceux qui sont restés dans le désarroi le plus profond.
Car après s'être fait débouter par la justice, Bruce Wayne l'a eu un peu mauvaise et il lui a fallu du temps non seulement pour digérer la nouvelle mais aussi pour s'organiser.
Ces quatre épisodes forment le début de l'histoire et il faut reconnaître qu'ils sont une réussite en tous points.
L'histoire est impeccable, pose tous les tenants et les aboutissants de ce nouveau statuquo et développe plein de personnages secondaires.
Une histoire impeccable, dense et extraordinairement bien conçue jusque dans ses moindres détails ! Tout est pensé, réfléchi et on est tout de suite captivé par cette ambiance de fin du monde. GALE met en place des intrigues haletantes : qui est cette nouvelle BATGIRL, la connaît-on, est ce BARBARA GORDON, une inconnue ou quelqu’un d’autre (la femme de GORDON, qui a toujours été pro batman ??????).On a aussi L’affrontement entre les idéaux de GORDON et ceux de PETIT (un de ses lieutenants) et le fait que le premier doit obligatoirement franchir certaines limites pour arriver à ses fins.
On voit bien les épisodes à venir, BATMAN va reprendre la ville petit à petit… Et voilà un crossover de plus d’une cinquantaine de numéro défini intégralement par le premier arc en quatre partie, tout y est, tout est clair et présenté impeccablement, il ne reste plus qu’à lire la suite. Un petit mot sur les dessins, c’est ALEX MALEEV encré par WAYNE FAUCHER (qui n’est pas vraiment l’encreur à priori le plus adapté au style de MALEEV), et bizarrement, l’encrage du dernier atténue la noirceur du deuxième pour donner des dessins très efficaces, extrêmement denses (au moins vingt idées par planche) et dont le style rappelle franchement celui d'un croisement entre Michael Lark et Mike Mignola.
Cette histoire est vraiment importante car elle intègre beaucoup d'éléments et que ce crossover fait à mon sens partie d'un des crossovers les plus réussis toutes compagnies confondues. On y trouve des histoires formidables, des petites pépites, des évènements importants et c'est aussi le passage de témoin entre l'ancienne génération des scénaristes de Batman (Doug Moench, Chuck Dixon) et les nouveaux (Greg Rucka, Ed Brubaker).
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fred le mallrat

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Sam 20 Aoû 2016 - 21:10

Pas lu joher s advocate...
J adore BP, Planetary et d autres et Chase que j ai surement découvert grace a toi...

Mais.. en tant que fanboy des avengers... je ne comprends pas l engouement pour Busiek/Perez (certes plus que celui pour bendis)..
A part Ultron Unlimited (et Forever mais c est avec Pacheco).. ce run manque pour moi de personnalité.. j y vois trop celui de michelinie (et celui d englehart ou Shooter1)..
C est bien mais il n arrive pas dans mon top 5... des avengers (Thomas, Englehart, Stern et je pense que je mets Michelinie ensuite.. apres ca se bat surement entre Harras, Remender (UA) et Ewing (MA) puis Busiek.
Tes remplacants avec le Thor de Jurgens et les FF de Lobdell.. ne sont pas non plus des runs que je retiendrais même pour ses série dans un Top 5.. Jurgens un peu pour la même raison qu avengers de busiek.. on fait un tour du propriétaire de differends runs mais sans reelle passion.

Je suis pas non plus fans de No Man's Land.. qui s etire un peu trop (comme tous les cross batman) et brasse trop de monde (comme tous cross Batman..)

Enfin Kingdome come est pour moi un trés bon comics mais surévalué.. je prefere Marvels.
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Sam 20 Aoû 2016 - 21:36

Alors pour les Avengers, je dois t'avouer que le run de Stern me laisse assez froid, surtout avec Buscema / Palmer (pas taper pas taper). Michelinie ouais, mais pour le coup, je pense que j'ai vraiment adoré ce numéro à l'époquen(Avengers de BUsiek et Perez), c'était pour moi un évènement, à tel point que j'avais acheté le ROUGH CUT !
Englehart, ben la madonne celeste, c'est surtout les dessins qui m'ennuient.
NO man's land, ces 4 premiers épisodes sont fabuleux !!!! Et le reste de la saga regorge de très bonnes choses, avec pas que des clampins niveau dessins (D'ISRAELI, SIENKIEWICZ, BUSCEMA, EAGLESHAM, GUY DAVIS etc etc)

Marvels j'ai hésité mais encore une fois, KINGDOM COME me semble plus fort niveau scénar et j'avais déjà ASTRO CITY dans cette veine.
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Céd

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Dim 21 Aoû 2016 - 13:28

doop a écrit:
Alors pour les Avengers, je dois t'avouer que le run de Stern me laisse assez froid, surtout avec Buscema / Palmer (pas taper pas taper).

Non?! Shocked
Alors là, tu me surprends! Et me déçois... Si, si...
Jusqu'ici, c'était un quasi sans faute de ta part! Laughing
Comment ne pas aimer la période Stern/Buscema?!

Enfin bon, tu as très justement noté que les trois petits épisodes des FF de Lobdell/Davis auraient pu être le début d'une saga légendaire des Fantastiques, ceci étant malheureusement gâché par la suite.
Quel dommage que Marvel n'ait pas pu garder ce tandem sur la série.
On en aurait parlé pendant des années comme d'une référence essentielle, j'en suis certain.

Puisque tu as évoqué ces petits épisodes qu'on oublie un peu trop vite (car beaucoup trop peu!), je te pardonne... un peu. Laughing
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 17:21

61. 1998 INHUMANS (Paul Jenkins/Jae Lee)

La ligne MARVEL KNIGHTS dirigée par Joe Quesada et Jimmy Palmiotti a vraiment été une réussite (si l'on fait abstraction de la série PUNISHER où Frank Castle se retrouve en tant qu'agent du paradis) puisqu'elle a proposé Black Panther, Daredevil par Smith puis Bendis mais aussi cette série Inhumans scénarisée par Paul Jenkins (pas très connu à l'époque) mais surtout dessiné par Jae Lee. Pour ceux qui n'étaient pas encore nés à cette époque Jae Lee est un des dessinateurs qui a connu un succès fulgurant au début des années 90. Il lui a fallu simplement une seule série, Namor et quelques apparitions sur X-Factor pour être décrété superstar des comics et être embauché par Jim Lee et consorts chez Image, où il va produire sa propre série, Hellshock, qui ne durera que…trois numéros. En effet, à l'époque Jae Lee, qui essaye de réaliser la meilleure bande dessinée possible, se perd dans son perfectionnisme et n'arrivera que bien plus tard à mener son projet au bout. De fait, il avait complètement disparu des radars avant de se voir proposer cette maxi-série en douze épisodes. C'était tout de même un petit évènement. Et à la lecture des premières pages, on se rend compte que le style du dessinateur (à la relecture, ses Namor étaient plein de défauts) a nettement évolué et pour le mieux. En dépit de quelques retards me semble-t-il, Jae Lee nous livre une prestation d'anthologie, certainement son travail le plus régulier et le plus abouti.
Mais finalement, ce n'est pas le principal atout de cette série. En effet, Paul Jenkins livre un travail tout en sensibilité, dont chaque épisode jette un regard particulier sur un membre de la famille des inhumains, avec un ton très personnel et surtout très sensible. Le pinacle de cette série étant certainement un épisode entier centré sur LOCKJAW, le chien de la famille ! Bien évidemment, tout cela est ancré dans une intrigue globale qui passe finalement un peu au second plan mais chacun des cinq ou six premiers épisodes est un petit bijou en soi. Cette série est absolument formidable, auto contenue et très représentative de ce que le scénariste peut faire en terme de caractérisation et de sensibilité

Titres écartés au profit de celui-ci :
- PETER PARKER SPIDER-MAN #19-50 (Jenkins / Buckingham) où les deux auteurs arrivent à redéfinir totalement le personnage de Peter Parker pour un run méconnu mais débordant d'humour et de sensibilité.

- SENTRY (Jenkins/Jae Lee) avec la même équipe et qui nous livre une sorte de version Marvel de Miracleman. Excellent !





62. 1998 DEADPOOL #11, Marvel Comics (Joe Kelly / Pete Woods / Nathan Massengill-Al MIlgrom-Joe Sinnott)

En regardant cette liste, je viens de me rendre compte qu'il n'y a pas beaucoup de titres humoristiques. Et c'est un peu dommage, parce que souvent il est beaucoup plus difficile de faire du "bon humour" que de la provoc ou du dark-dépressif.
Je voulais mettre aussi sur le devant de la scène le scénariste Joe Kelly, qui sait non seulement gérer les scènes d'action mais aussi les dialogues et les situations décalées.
Ce DEADPOOL, vilain de deuxième ordre créé par Rob Liefeld a connu le succès dans les années 90 en tant que mercenaire déjanté et sans pitié. Réflexion parfaite des attentes des lecteurs mainstream de l'époque (malheureusement), ce personnage a fait grimper les ventes de tous les titres où il s'est retrouvé invité, à tel point que quelques années plus tard on décide, après deux mini-séries assez oubliables, de lui confier sa propre série régulière.
Bien évidemment, Deadpool est un personnage sans aucun intérêt, surtout si on regarde d'un œil extérieur ou qu'on prête un peu attention à ses premières apparitions, pire, si on a vu le film sorti tout récemment.
Sauf que voilà, comme le disait un certain philosophe, la vérité est souvent ailleurs, et il n'y a pas de mauvais personnages en comics, simplement des scénaristes et des éditeurs mauvais ou fainéants.
Et il faut reconnaître que ce super-héros a été souvent plutôt bien servi tout au long de ses nombreuses séries, généralement pour des runs qui sont passés totalement sous le radar des lecteurs, contrairement à d'autres qui ont connu un fort succès en dépit de leur qualité médiocre et de leur humour au ras des paquerettes.
Et ici, la série est confiée à Joe Kelly, qui fait ses premières gammes chez Marvel et qui prouve à tous ses lecteurs qu'il est pétri de talent en mélangeant parodie, action mais aussi histoire assez complexe et de la sensibilité.
Qu'on ne s'y trompe pas, il n'y a pas vraiment de sentiments ni d'émotion dans cet épisode, totalement parodique et dans lequel Deadpool se retrouve projeté dans le passé, en plein dans le cœur d'AMAZING SPIDER-MAN #47, qu'on a déjà critiqué ici. Ce qui est très drôle, c'est de voir l'interaction entre ce mercenaire loufoque et le comic-book des années 60. Kelly passe tout à la moulinette, les dialogues de l'époque, les réactions des "jeunes de l'époque" et c'est tout simplement succulent. Car c'est fait sans aucune méchanceté, Kelly se moque gentiment tout en respectant à la case près l'intrigue principale, sauf que Peter est remplacé par Deadpool et que tante May est remplacée par Blind Al. Kelly se moque des cheveux des Osborn, nous livre des dialogues très drôles (le HAKUNA MATATA lorsque Deadpool rencontre Kraven le chasseur) tout en nous montrant que finalement, la vie de Peter Parker était beaucoup plus simple et facile à l'époque. Si on va chercher un peu plus loin, on peut y voir un discours comme quoi les années 2000 sont plus difficiles pour les adolescents que les années 60, que la simplicité est partie, que la bonne humeur est moins présente et du coup, derrière une idée totalement potache on peut y voir tout de même une certaine forme de réflexion sur la société.
Dommage que les dessins ne soient pas trop à la hauteur. Pete Woods n'a en effet pas encore atteint le maximum de son potentiel et si cela passe lorsqu'il est encré par Al Milgrom et Joe SInnott pour les parties dans le passé, c'est beaucoup moins sympathique quand il est encré par Nathan Massengill pour les parties se déroulant dans les années 2000.
Cela reste de toute façon un excellent épisode.

Titres écartés au profit de celui-ci:
- la série CABLE ET DEADPOOL par Fabian Nicieza et Patrick Zircher, qui après 6 épisodes d'introduction devient une très grande série

- le run de POSEHN et DUGGAN sur Deadpool (autour de 2014) avec un premier arc ou Deadpool doit exécuter les présidents des Etats Unis qui sont tous revenus à la vie.

- La JLA/JLI de GIffen/De Matteis/Maguire qui est aussi très parodique et qui joue la carte de l'humour

- MISS HULK par John Byrne où notre héroïne brise le quatrième mur elle aussi.

- AMBUSH BUG de Keith Giffen, parodique et loufoque

- MISS HULK de Dan Slott/Juan Bobillo qui se situe sur les mêmes bases (humour + action).



63. 1999. DEATHLOCK #1-11 (Joe Casey/Leonardo Manco), Marvel Comics

Cette série est l’une des trois séries lancées au cours de l’année 1999 sous le label M-TECH, qui était censée raconter des histoires concernant des super héros mécaniques, à savoir WARLOCK, MACHINE MAN (X 51) et DEATHLOCK.

On avait donc trois séries lancée à grands renforts de publicité puisque le prologue de M-TECH est raconté dans deux annuals X MEN, dessinées par Rick LEONARDI et scénarisées par ALAN DAVIS. A noter que ces deux annuals sont vraiment très pauvres, Davis suivant des consignes éditoriales et Léonardi faisant de loin l’un de ses plus mauvais travaux. Alors il faut bien comprendre que ces trois séries ont fait long feu, ne trouvant pas leur public et n’allant pas plus loin, je crois, que la douzaine de numéros. Il faut dire que les séries n’avaient pas grand intérêt avec pourtant Louise Simonson et Pascual Ferry sur WARLOCK et Joe Bennet et Karl BOLLERS sur X 51.
Mais comme dans tous ces lancements destinés à une mort très rapide (un peu comme la ligne tsunami) on trouve parfois de bonnes surprises, ici donc le titre DEATHLOCK, par Joe CASEY et Léonardo MANCO.
Joe Casey, qui habite à Hollywood et écrit aussi pour le cinéma, a commencé sa carrière mainstream en reprenant le titre CABLE lorsque James Robinson laisse tomber après quelques numéros. Il établira avec le dessinateur LADRONN un run de référence sur ce titre, qui lui donnera accès à plein d’autres séries chez Marvel, DC (ADVENTURES OF SUPERMAN) et Wildstorm notamment. Il reprendra en même temps que Grant Morrison les X men mais sera rapidement remplacé après beaucoup de critiques par …Chuck Austen. On pourra citer aussi son immense run sur WILDCATS vol 2 et WILDCATS 3.0 (dont on reparlera très vite) avec notamment Sean Phillips qui lui a ouvert les portes d’un succès critique à défaut d’un succès en librairie.
Deathlock est quant à lui un personnage des années 70 crée par Rich Buckler pour une série elle aussi assez intéressante. Il s'agit d'un être humain dont la moitié du corps a été attachée à des parties robotiques et qui se débat entre sa conscience humaine et ses réactions mécaniques.
Ici, Casey remet tout à zéro en proposant un nouveau personnage, l'agent Truman déjà développé dans les pages de CABLE et qui finit paralysé. Le SHIELD décide donc d'en faire le nouveau Deathlock.
Sauf que cette fois-ci le dialogue est nettement plus intérieur, puisque le personnage n'apparaît pour la première fois qu'à l'issue de l'épisode 5. Tout le reste est composé de monologues intérieurs dont les sentiments du personnage sont exprimés uniquement par des définitions du dictionnaire. Avec un style plutôt décompressé, Joe Casey n'a pas peur d'utiliser des moyens très adultes et des sujets matures (notamment les élections présidentielles, un vilain très dérangeant et très organique, le clown), ce qui tranche quand même beaucoup avec la production de l'époque. Bref, ce DEATHLOCK est tout ce que les lecteurs de l'époque n'attendaient pas, cela n'a donc pas fonctionné.
Quelques mots sur LEONARDO MANCO, le dessinateur dont on a déjà parlé ici et qui livre une prestation fabuleuse. Malheureusement, il a fait preuve de très peu de régularité, ne dessinant qu'un épisode sur deux, ce qui pose quand même un petit problème de cohérence graphique et nuit un peu à l'ensemble. Cela reste une série plus qu'intéressante.

Titres écartés au profit de celui-ci :
CABLE #50-70 : Là aussi, avec un personnage caricatural et sans intérêt, Joe Casey réussit à faire une histoire solide, intelligente et mature, accompagné par un dessinateur au style particulier et rétro qui fonctionne parfaitement : JOSE LADRONN.



64. 1999 PROMETHEA #1-32 (Alan Moore/JH Williams III), Wildstorm, DC Comics
J’ai une relation bizarre avec PROMETHEA.
Je devais être le seul lecteur à l’époque à acheter le titre en single plus pour J.H. Williams III (que je suivais depuis CHASE et son TANGENT) que pour Alan Moore.
PROMETHEA est l’un des titres phares de la collection ABC (America’s best comics), une ligne de la maison d’édition WILDSTORM, confiée aux bons soins du génial Alan Moore, qui faisait son grand retour dans l’industrie du comics avec pas moins de trois séries régulières (PROMETHEA, TOP TEN, TOM STRONG) , une mini série (LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN ) et une anthologie (TOMORROW STORIES). Le bue de la ligne ABC était très simple : redéfinir les comics pour le siècle à venir, ni plus ni moins !
Un petit peu à l’image de son travail sur SUPREME, Alan Moore va donc offrir aux lecteurs des personnages comme TOM STRONG, GREYSHIRT et, dans le cas qui nous intéresse, PROMETHEA !
Les premiers numéros m’avaient complètement ravis, impressionné par le travail de Moore et de Williams, je me faisais un plaisir de lire les aventures de notre science-héroïne tous les mois (ou tous les deux mois plutôt). Pourtant, à un moment, j’ai craqué. Autour des numéros 13/14, le titre a commencé à me passer au-dessus de la tête, Moore orientant son récit vers une description de la magie via les symboles de la kabbale qui m’a totalement perturbé. Au bout d’un moment (où les titres mensuels de PROMETHEA s’entassaient sur mon armoire sans être lus) j’ai décidé de l’arrêter, la fréquence de parution étant en plus devenue de plus en plus erratique.
Deux ou trois ans plus tard, je m’étais dit que c’était bête, et j’ai commencé à rechercher les back issues de PROMETHEA pour tout compléter jusqu’au numéro 25 (la série était encore en cours de parution, autour du numéro 29/30).
Je reprends donc ma relecture des numéros, et même problème, j’ai craqué au bout d’une vingtaine de numéros cette fois ci. La kabbale a eu raison de moi une fois de plus !
Exit encore une fois PROMETHEA qui est restée sur le coin de mon, étagère, tout là-bas, bien au fond !
Deux ou trois ans plus tard, je me suis rendu compte que le dernier TPB de PROMETHEA, le volume 5 reprenait exactement tous les épisodes qui me manquaient jusqu’à la fin. Je décidai donc de l’acheter en me disant qu’à l’occasion…..
L’occasion est arrivée sous la forme de surveillances de bac.
Plus de vingt-cinq heures à surveiller des gamins qui sont un par table et 15 par classe, la plupart du temps sur de longues périodes de quatre heures. Autant vous dire qu’on s’ennuie beaucoup et qu’il me fallait « de la réserve ». Je me suis dit que c’était le moment idéal pour redonner une chance à ce titre. Après tout, il m’avait bien fallu plus d’un an et quatre ou cinq essais pour dépasser les trente premières pages de FROM HELL qui est devenue l’une des meilleures lectures de ma vie !
Pourtant, je ne suis pas parti avec un a priori positif vis à vis de Alan Moore.
J’ose l’affirmer tout haut, je ne suis pas arrivé à terminer le LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN : BLACK DOSSIER, j’ai explosé en vol, anéanti par trop de références au-dessus de ma simple compréhension de lecteur de base. A mon sens, Alan Moore s’est raté sur cette bande dessinée, car il n’a pas su la rendre lisible pour tous et pour ceux qui n’étaient pas aussi cultivés que lui, ce qui est largement mon cas. Peut-être dans un an ou deux…..
J’avais toutes les raisons de craindre donc PROMETHEA, qui me semblait plus être une sorte d’essai sur la magie et les symboles cabalistiques qu’autre chose.
J’avais bien tort.
PROMETHEA nous raconte l’histoire d’une super héroïne, personnification de l’imagination qui a l’habitude de prendre possession du corps des auteurs qui écrivent sur elle (un poète du siècle dernier, une illustratrice de romans, un créateur de comic books. ). Cette fois ci, nous sommes en 1999 sur une terre qui est bien différentes de la nôtre. PROMETHEA prend possession du corps de la jeune SOPHIE BANGS, une étudiante qui faisait des recherches sur elle et ses apparitions dans les différents médiums. A chaque fois que SOPHIE écrit un poème sur elle, PROMETHEA apparaît pour combattre les démons et le mal. SOPHIE entre en relation avec BARBARA SHELLEY, la dernière incarnation en date de PROMETHEA, qui lui raconte toute l’histoire des PROMETHEA, comment elle a possédé le corps des différents artistes depuis plus de 100 ans.
Voilà en gros un résumé tout à fait incomplet des deux ou trois premiers épisodes. Evidemment, au départ, on pense tout de suite à un hommage aux héroïnes des années 40/50 , et peut être encore plus à WONDER WOMAN. On se trompe bien évidemment.

PROMETHEA peut être divisée en gros en trois parties : une première partie (#1 à #11) où SOPHIE découvre ses pouvoirs ; les histoires des PROMETHEA qui l’ont précédée et va mettre à mal une société secrète qui veut sa mort; une deuxième où elle va découvrir l’histoire de la magie via les tarots, les planètes de la kaballe et tous les symboles mystiques cachés dans le langage puis revenir sur Terre pour affronter la PROMETHEA qui l’a remplacée lors de son odyssée dans les arcanes magiques (#12 à #25) et enfin une troisième partie qui se déroule trois ans plus tard et qui nous raconte comment PROMETHEA va déclencher la fin du monde. (#26 à #31, contenu dans le dernier TPB). On peut mettre à part le numéro #32, le dernier de la série, que je détaillerai un peu plus tard.

La première partie est tout à fait géniale !
Moore nous introduit une planète Terre largement différente de la nôtre, avec un maire aux multiples personnalités, où la ville de NEW YORK est submergée par la technologie et les informations via une chaîne d’informations continue appelée TEXTURE. On pense peut être un peu à du TRANSMETROPOLITAN, en beaucoup moins sarcastique et en beaucoup plus détaillé. La grande facilité d’Alan Moore, c’est qu’il peut vous créer un univers complet en très peu de pages, et c’est le cas ici, quand même ; le WEEPING GORILLA (qui préfigure la folie actuelle pour les memes et autres videos youtube) justifie quasiment à lui tout seul l’achat de PROMETHEA, et ce n’est pourtant qu’un gimmick !
En plus, c’est extrêmement bien réfléchi et pensé. Il nous introduit le concept d’IMMATERIA, là où se trouvent tous les rêves et toutes les pensées des humains (on aurait pu penser à une redite du DREAMING de SANDMAN, mais là encore rien à voir, c’est beaucoup plus poussé) et occasionnellement toutes les autres PROMETHEAS, que SOPHIE va rencontrer dès le troisième numéro.
S’en suivent les différentes histoires des PROMETHEAS, qui sont généralement de grandes réussites. Au départ, le but était je pense de faire dessiner les histoires de chaque PROMETHEA par un dessinateur différent (on voit du CHARLES VESS et du JOSE VILLARUBIA qui offre un roman photo ! ) mais cette idée tombe à l’eau très vite ; ce qui n’est pas gênant puisque J.H. WILLIAMS est capable de modifier son style de dessin à l’infini.
Tous les numéros sont quasiment parfaits pris un par un. Encore plus lorsqu’on les lit à la suite. Le style de Williams, un petit peu sage sur les trois premiers épisodes (à l’image de son travail sur CHASE) explose carrément dès le numéro 4, où il utilise à chaque fois de nouvelles techniques de dessin, il impose de nouvelles idées et de nouvelles manières de raconter une histoire (Moore y est certainement pour quelque chose lui aussi).
De gros points forts en ce qui concerne l’histoire : l’univers décrit par Moore, les FIVE SWELL GUYS, sorte de quatre fantastiques de NEW YORK qui sont tout bonnement impeccables dès leur première apparition, THE PAINTED DOLL, une version tout bonnement terrifiante du JOKER et surtout, l’ambiance et le contexte crées par l’auteur.
On peut noter quelques points faibles ; à savoir le personnage de SOPHIE certainement un peu trop lisse, qui n’a pas véritablement d’existence en dehors de la relation avec sa meilleure amie STACIA et de sa mère et le numéro #10 , un peu décevant car il ressemble beaucoup à l’histoire de sexe mystique de la série SWAMP THING que Moore avait écrite il y a plus de vingt an sans apporter grand-chose de plus (mais je suis peut-être un peu sévère).
Cette première partie se termine en gros sur le #12 qui est tout simplement l’un des épisodes les plus impeccables de l’histoire. C’est un festival de technique d’écriture, de références et de maîtrise artistique. Pour vous expliquer, chacune des pages est une splash-page, correspondant à une carte de tarot, Moore, via BARBARA SHELLEY expliquant l’histoire de l’univers à PROMETHEA via ces cartes. Mais ce n’est pas tout, on a pour chacune des 22 pages une anagramme différente de PROMETHEA (METAPHORE, APE MOTHER , HEAR TEMPO …) qui sont toutes en relation avec le thème de la carte décrite sur la page la page. Si vous rajoutez à cela en bas de page ALEISTER CROWLEY, le magicien qui raconte au lecteur une histoire, dont certaines bribes sont captées par PROMETHEA qui se trouve au-dessus. Evidemment la dernière page est en correspondance avec la première.
En dehors du simple exercice technique absolument génial (même si bon, parfois, les anagrammes sont peut-être un peu tirées par les cheveux), c’est une véritable communion entre le discours, les dessins et le format du comics.
Un épisode absolument remarquable qui fait la transition entre la première et a deuxième partie.
Celle sur laquelle j’avais toujours buté !
Cette fois ci, la magie a opéré…..
Je suis bien rentré dans chacun des numéros associé aux numéros, aux sphères de la kabbale.
Bon, à la longue c’est quand même assez redondant, SOPHIE servant souvent à servir la soupe aux théories d’Alan Moore avec son rôle de jeune candide qui ré explique les concepts. (« Ah ! certainement que ça c’est comme ça pour montrer que ceci est ….. ») mais c’est loin d’être indigeste. Et puis cela permet à J.H. WILLIAMS de s’en donner à cœur joie, adoptant un ton, une imagerie, un style différent pour chacune des sphères censées représenter le langage, les émotions, etc…. Il faut bien évidemment souligner le travail énorme et phénoménal de JEROMY COX aux couleurs et de TODD KLEIN au lettrage.
Moore parsème évidemment ses numéros de trouvailles artistiques assez phénoménales ; la première qui me vient à l’esprit étant SOPHIE et BARBARA qui marchent sans fin sur un cercle de MOEBIUS ; même si le dialogue est peut-être plus facile que ce qu’on peut penser.
C’est loin d’être du blabla sur la magie, et l’intrigue avance quand même.
Sur Terre, où SOPHIE a laissé la place à un autre aspect de PROMETHEA qui a possédé le corps de STACIA et aussi dans les hautes sphères kabbalistiques où l’on apprend que PROMETHEA a un destin bien particulier (qui était déjà plus ou moins évoqué dans la première partie).
PROMETHEA change de peau, adoptant alors une forme plus adaptée à ce qu’elle doit faire dans la troisième partie. Mais avant, il faudra se débarrasser de STACIA, qui a pris goût à l’aventure et qui ne veut plus laisser sa place. Cela donnera lieu à un numéro de procès, où Moore cette fois ci est tombé un peu dans la facilité en essayant d’appliquer le jugement de Salomon aux deux PROMETHEA. Personnellement, je l’ai trouvé un peu léger sur ce coup-là, et la résolution ne me satisfait pas. C’est quand même un sacré voyage que nous offre Moore, ce n’est pas si ardu que ça à comprendre, et l’avantage, c’est que c’est tellement bien écrit que c’est facile à lire en VO. Je crois qu’il faut tout simplement y rentrer et se laisser porter.
Bon, Moore tourne parfois son récit un peu dans tous les sens en essayant de faire des comparaisons, je ne comprends pas pourquoi le mari de BARBARA était dans la plus haute sphère, mais la forme est tellement géniale et à chaque fois différente que c’est finalement un vrai bonheur.
Je pense que J.H. WILLIAMS (avec COX et KLEIN ) donne véritablement tout ce qu’il a pour faire passer le message, et c’est totalement réussi.
La troisième et dernière partie, la plus courte nous raconte ce qui se passe trois ans plus tard. SOPHIE a appris quel devait être le rôle de PROMETHEA et le refuse. Elle est poursuivie par les agences fédérales et se cache pendant trois ans. Elle sera retrouvée par TOM STRONG et les héros de la ligne ABC.
Les premiers épisodes ont du mal à me convaincre. Je ne comprends pas pourquoi Alan Moore a décidé de mettre un pont de trois ans entre la deuxième et la troisième partie, cela ne me semble pas justifié et l’arrivée de TOM STRONG me déçoit un peu. En effet, on a été habitué à des numéros tous très spéciaux et très novateurs dans la narration sue tout de suite, dés qu’on retombe sur une histoire un peu plus linéaire, on est déçu. Personnellement, le fait de voir débarquer TOM STRONG m’a un peu sorti du récit. Rappelons que j’ai tout lu à la suite en deux jours.
Heureusement, arrivent les numéros 30 et le début du trente et un qui nous font comprendre que Moore avait un plan dans la tête depuis le début. Ou pas…..
Car son personnage a énormément évolué entre le premier et le troisième numéro, et on se demande parfois s’il savait où il voulait aller.
Qu’importe, il réussit le tour de force de réunir tous les personnages de son récit dans deux derniers numéros absolument magistraux, qui s’adressent directement au lecteur dans une sorte de lecture à plusieurs niveaux différents , un peu comme le ANIMAL MAN de GRANT MORRISON, mais avec une maestria graphique et scénaristique en plus.
Reste le problème de la fin. Après un tel climax, on s’attendait à quelque chose d’encore plus fou, plus fort, et voilà que Alan Moore nous sort une happy end.
J’ai eu du mal à y croire, mais bon, pourquoi pas, cela permet une respiration à la fin de l’histoire, qui aurait peut-être dû s’arrêter quelques pages avant la fin du numéro 31. Franchement, le fait qu’un des agents du FBI finisse avec STACIA, le bonheur de SOPHIE, de sa mère, c’est trop beau pour ne pas avoir été mûrement réfléchi, mais je ne comprends pas pourquoi sur le coup.
De toute façon, je ne vois pas comment il aurait pu finir. En fait ce qui me gêne, c’est peut-être le personnage de SOPHIE, pour lequel je n’arrive désespérément pas à m’attacher (idem pour sa mère).
Je n’ai pas trop compris ce que venaient faire les héros de ABC dans cette troisième partie, dont je n’ai pas aimé le début en dehors du fait d permettre à WILLIMAS de les dessiner en fonction du style de leur créateur (STRONG est dessiné façon SPROUSE, JACK B.QUICK dans celui de NOWLAN, JONNI FUTURE façon ADAMS.). Il le refera plus tard dans le BATMAN de GRANT MORRISON.
En dehors du happy end, la fin est absolument magistrale , réunissant texte et dessins dans un grand tout mené de main de maître qui finit d’achever la démonstration entreprise depuis le début. Splendides peintures de WILLIAMS aussi.

Reste le dernier numéro, le 32 qui est totalement à part. C’est en fait une leçon de vie de PROMETHEA, qui nous fait un petit discours sur tous les principes expliqués dans les numéros précédents, entourée par de petits encarts informatifs assez bien fais. C’est encore une fois impeccable et bien écrit. Cela se suit très facilement et ce n’est pas redondant du tout. Nous voilà traversant les différents chemins de la kabbale sans aucune difficulté. Evidemment, il faut que Moore rajoute un exercice purement technique, à savoir que dans le numéro 32 en single, les pages étaient imprimées de telle sorte qu’en les dégrafant, on pouvait former un poster recto verso. Bon, dans le TPB les pages ont été réarrangées et on a droit au poster à la fin dans des pages détachables. Véritable chef d’œuvre technique tout en étant une réussite artistique totale, ce dernier numéro est une vraie fin à cette série tout à fait exceptionnelle.
Dire qu’il m’a fallu presque dix ans pour en arriver au bout.
Que vous dire de plus, brillante techniquement, sidérante graphiquement, avec un discours quand même relativement accessible (plus que LoEG Black dossier…) PROMETHEA est un chef d’œuvre, avec un réel discours , qui mérite vraiment d’être lu. On en ressort heureux en tout cas, même si cela peut parfois prendre du temps.
Pour moi, ce n’est pas le meilleur Alan Moore (FROM HELL reste devant) mais c’est assurément la meilleure communion possible entre un scénariste , un dessinateur et certainement le lecteur.
A lire ou a posséder absolument.



65.1999 RISING STARS, Image Comics (JM Straczynski / Keu Cha-Ken Lashley-Christian Zanier- Stuart Immonen- Brent Anderson )
Ce Rising Stars est un excellent exemple de titre foiré mais intéressant. En plus, je voulais choisir cette histoire même si on aurait pu penser que dans le même genre MIDNIGHT NATION (du même scénariste) est bien supérieur. Sauf que je pense que la grande majorité des lecteurs a en fait laissé tomber Rising Stars en cours de route, lassée par les changements de dessinateur incessants et les retards de la bande dessinée (a-t-elle-même été intégralement publiée en VF à l'époque ? ). Il a fallu attendre la réédition de la série par les EDITIONS DELCOURT en trois volumes bien séparés (qui correspondent aux trois actes de la série) pour redécouvrir cette histoire et se rendre compte qu'elle était nettement meilleure que dans mes souvenirs.
Le premier volume commence vraiment très bien. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, voici un petit résumé : En 1969, une boule de feu passe au-dessus de la ville de PEDERSON.
Neuf mois plus tard, tous les enfants qui se trouvaient in-utéro à l'époque du passage de la boule se retrouvent dotés de pouvoirs surhumains. Intégrés à la société, ils deviennent célèbres ou restent dans l'ombre selon leurs pouvoirs ou leur mentalité. Sauf que voilà, quelqu'un commence à assassiner les "spéciaux" de PETERSON les uns après les autres. Pourquoi ?
Si on remet cette série dans le contexte de l'époque, c'est une vraie réussite. Straczynski analyse finement et avec justesse ses personnages, trouvant toujours un angle d'attaque très différent et très réaliste qui fonctionne à merveille. D'ailleurs, des tonnes de séries TV se sont à mon humble avis inspirées de RISING STARS, on peut citer en vrac les 4400 ou HEROES voire même le AMERICA'S GOT POWERS de Brian Hitch. C'est à se demander pourquoi il n'y a jamais eu de procès pour plagiat. Les personnages principaux sont intéressants (même si certains sont un peu clichés quand même) et l'intrigue prend corps petit à petit, pour finir sur un retournement de situation qui lance parfaitement la deuxième partie
Vraiment JM Straczynski a de très bonnes idées, c'est bien écrit et bien fichu.
En revanche le dessin……
Quelle horreur. Ce n'est pas compliqué, il n'y en a aucun pour rattraper l'autre. Cela donne une impression de dessinateur des années 90-2000 qui essaye désespérément de pomper le style de MARC SILVESTRI ! C'est vraiment moche à en pleurer. Tous les défauts des comics TOP COW. Alors oui, si on compare à une petite partie des comics d'aujourd'hui (où parfois ce sont les mêmes qui officient genre LASHLEY) , c'est forcément un peu meilleur, mais vraiment , ça ne met pas en valeur le scénario de Stracz, qui aurait mérité quelque chose d'un peu plus subtil.
J'avoue que j'ai attaqué le deuxième tome de la version Française avec une grande appréhension. C'est en fait cette partie-là du récit qui m'avait fait abandonner la série dix ans plus tôt. Et pourtant, j'ai eu une bonne surprise. Je m'attendais à une réelle baisse de la qualité de l'histoire mais il n'en est rien. C'est peut-être un peu moins personnel que lors du premier volume, et le travail du scénariste est peut-être un peu moins bien ciselé, mais on passe un excellent moment.
IL y a un trou de cinq ans entre ce volume et le précédent, et je trouve, à ma grande surprise encore une fois, que JMS le gère carrément bien.
Il arrive à créer une menace à grande échelle tout en continuant de développer certains petits aspects de la vie de ses héros, avec toujours ce ton assez personnel qui caractérise l'auteur. Cela fonctionne donc plutôt pas mal. En revanche, niveau dessins, c'est assez immonde. Lashley et Zanier nous offrent tout ce qu'on ne regrette pas des années 90 avec des prestations dégueulasses ou proportions incertaines se mélangent à un manque de storytelling et de créativité et où il devient impossible de distinguer qui est qui. Heureusement, arrivent pour les trois derniers numéros Stuart Immonen et Brent Anderson (qui restera jusqu'à la fin) et qui finissent de me convaincre que s'ils avaient été là dès le départ, les gens parleraient de RISING STARS autrement.
Eh ben, globalement, c'est peut-être un peu en dessous du premier volume, mais cela reste en tout cas plutôt bien fichu.

Et il faut bien le reconnaître : c'est une excellente surprise! Je sais que Straczynski a eu énormément de mal à terminer son récit (je pense qu'il y a eu plus de deux ans d'écart entre le début et la fin des épisodes de ce volume) et que généralement, tout ce qu'il termine (à l'exception de MIDNIGHT NATION) finit en eau de boudin. C'est d'ailleurs ce qui m'avait fait lâcher la VO de ce titre. Le scénariste nous livre des épisodes d'un excellent niveau, toujours avec un ton intimiste réussi qui semble être sa marque de fabrique. On assiste à la montée en puissance des spéciaux, puis de la résistance de quelques humains vis-à-vis de cette nouvelle révolution. Dans les cinq premiers épisodes, le parti pris de Stracz est résolument optimiste, il démontre comment des super-humains pourraient effectivement résoudre tous les problèmes de l'humanité, à condition que celle-ci le veuille. C'est encore une fois très bien écrit et vraiment de très grande qualité.
Reste les trois derniers épisodes qui constituent l'arc final. Ils sont un peu moins bons, même si encore une fois, quelques idées sont plutôt bien fichues et on sent un peu trop de bons sentiments. L'avant dernière scène en est un exemple parfait, avec l'énergie des spéciaux qui résout tous les problèmes, et on a presque envie de chanter "Heal The World" tellement c'est bon enfant. Mais bon après tout, on a tellement eu de titres dark et glauquissimes depuis des années qu'un peu de guimauve ne fait pas de mal non plus. Après, est ce que ce n'est pas un peu trop pro-Américain ? Je ne le pense pas !
La dernière scène en revanche est vraiment sympathique et clôture parfaitement le récit.
Et la bonne surprise de ce volume, c'est qu'il est dessiné en entier par Brent Anderson et que ça nous change des clones de chez Image, genre Christian Zanier ou Ken Lashley. Le dessin est donc pour ce tome une plus-value non négligeable.

Pour faire le bilan : eh bien je suis surpris de la qualité de RISING STARS. Dans mon souvenir, je le sentais un peu plus mauvais et surtout daté, mais la lecture qu'offre DELCOURT avec ses trois tomes bien séparés nous permet non seulement de redécouvrir le récit en entier et surtout de voir que c'est absolument bien construit. Il y a bien trois actes, et le troisième est loin d'être mauvais. Le gros souci de RISING STARS a été son manque de cohérence et surtout de qualité artistique sur ses douze premiers numéros, mais ce n'est plus le cas vers la fin, puisque BRENT ANDERSON est largement à la hauteur et livre un travail tout à fait honnête. Mais c'est clairement une excellente saga, un peu old school, sans provocation gratuite et avec un scénario qui tient la route.

Titres écartés au profit de celui-ci :
- MIDNIGHT NATION (Straczynski/Gary Frank) : une excellente histoire en douze parties sublimement dessinée
- SPIDER-MAN #471-500 où le scénariste réussit à relancer et à orienter d'une manière tout à fait originale l'histoire de Peter Parker et de Mary Jane et qui font partie des meilleurs épisodes des tisseurs de toile.


66. TOP TEN #1-12, Wildstorm, DC Comics (Alan Moore/ Gene Ha-Zander Cannon)
Alan Moore s'attaque ici au domaine de la série télévisée. En effet, ce TOP 10 est conçu comme une saison de série policière, avec un fil rouge et des épisodes plus ou moins interconnectés. Sauf que cette fois-ci, cela se passe dans une ville (Neopolis) où tout le monde à des superpouvoirs. Nous suivons donc les péripéties d'un commissariat et de ses protagonistes, ce qui pourrait faire penser à HILL STEET BLUES ou THE SHIELD. C'était d'ailleurs l'idée de départ de Moore.
A travers les yeux d'une jeune rookie qui va faire équipe avec un officier un peu rustaud, nous avons droit à douze épisodes où intrigue policière se mêle à de la science-fiction et du fameux "sense of wonder" si cher à l'auteur.
Bien sûr, ce TOP 10 peut faire grandement penser à ASTRO CITY sauf que les thèmes abordés sont bien plus délicats. Là où Kurt Busiek se contente de rendre hommage aux super-héros de son enfance, Moore en profite pour, comme à son habitue, explorer des sujets tels que la religion, la sexualité et flirte même avec la zoophilie (puisque l'un des protagonistes est un officier chien qui parle et qui est très attiré par le gent féminine.
De plus, Gene Ha et Zander Cannon truffent toutes leurs planches de détails absolument délicieux et qui font référence aux super-héros (je me rappelle encore ce background avec un galactus chat qui combat des souris). Cela n'a rien à voir dans l'histoire, cela rajoute simplement du contenu et de la qualité.
De plus, c'est certainement l'histoire la moins compliquée et la plus linéaire du scénariste. En tout cas, c'est une excellente idée pour les gens qui voudraient commencer Alan Moore.





67. 2000 JLA : HEAVEN'S LADDER (Mark Waid/Bryan Hitch/Paul Neary) DC Comics
Lorsque Grant Morrison quitte la JLA, il est remplacé par Mark Waid, un auteur qui n'a jamais véritablement déçu et à qui on associé Bryan Hitch, tout juste sorti de AUTHORITY. Sauf qu'avant de commencer leur run (finalement bien décevant, qui se rappelle de la fairy queen?), les deux auteurs nous ont livré une bande dessinée de 72 pages en format Tabloïd intitulée Heaven's Ladder. Je ne sais pas pourquoi (à la relecture c'est quand même plutôt pas mal) mais ce bouquin reste pour moi un objet important, un livre qui me permet de le citer dans le top 100.
Certainement grâce aux dessins, qui prennent toute leur ampleur avec le format utilisé.
L'histoire est simple, l'une des races les plus anciennes de l'univers va mourir. Elle décide alors de "capturer" des planètes afin d'étudier leurs philosophies et leurs notions théologiques face à la mort.
Bien évidemment, un autre groupe préfèrerait la destruction de ses planètes et voilà donc notre JLA confrontée à une race infiniment plus puissante qu'elle doit convaincre de remettre la terre et les autres planètes à leur place.
Ce qui rend vraiment ce livre indispensable, en dehors de l'histoire, c'est vraiment la manière de dessiner de Hitch, peut-être son meilleur travail d'ailleurs. En effet, la profondeur et les échelles sont gigantesques, et il arrive parfaitement à nous plonger dans cet univers où tout est démesuré !
On a aussi droit aux membres historiques de la JLA qui fonctionnent parfaitement, même si les relations entre les personnages auraient pu être un peu plus poussées. Non, c'est vraiment une excellente histoire, mais qui vaut surtout par ses dessins et son format différent. Une curiosité.
Titres écartés pour celui-ci:
- SUPERMAN PEACE ON EARTH, lui aussi dans un format tabloïd avec aux dessins Alex Ross et qui se penche sur Superman et ses pouvoirs

- AUTHORITY #1-12 où le scénario de Warren Ellis laisse la place à des dessins somptueux de Bryan Hitch, c'est sur cette série que le talent du dessinateur explose littéralement


68. WILDCATS #8-28, DC Comics (Joe Casey/ Sean Phillips)

Depuis sa relance par Scott Lobdell et Travis Charest, la nouvelle série Wildcats avait du plomb dans l'aile : scénarii confus, retards terribles aux dessins, il fallait donc remettre de l'ordre, et c'est chose faite avec une nouvelle équipe artistique qui va assurer régulièrement une production de très bonne qualité, à savoir JOE CASEY, reconnu pour son run sur CABLE (Marvel) où il avait déjà repris les idées de JAMES ROBINSON et aux dessins SEAN PHILLIPS, choix assez curieux quand on sait que son travail jusqu'alors se limitait à des productions VERTIGO très loin de l'univers super héroïque et coloré des WILDCATS. La suite prouvera que ce dessinateur est parfaitement adapté à ce genre de récit (CASEY n'étant pas particulièrement porté sur l'action) puisque ce dernier est devenu depuis une méga star des comics avec des projets aussi ambitieux que CRIMINAL (avec ED BRUBAKER) ou MARVEL ZOMBIES.
Evidemment, avant de reprendre une série, il faut boucler toutes les intrigues secondaires, et ici, CASEY réussit le tour de force de donner une cohérence à tous les numéros précédents en seulement trois numéros.

Le style a énormément changé par rapport à LOBDELL, puisqu'on a maintenant beaucoup de dialogues et de réflexions intérieures qui donnent une dimension beaucoup plus noire et profonde au récit, ce qui convient, je le répète parfaitement au style de SEAN PHILLIPS.
Après avoir résolu tous les problèmes précédents, le scénariste va pouvoir maintenant repartir à zéro et donner une toute nouvelle dimension à ces héros Wildstorm tout en couleurs. Et il va prendre la direction la plus improbable possible, puisqu'il va faire passer le titre de "comics de super-héros" à "thriller d'anticipation technologique". Les méchnats ne sont plus unidimensionnels et Joe Casey a plus l'air de s'intéresser à la stratégie d'entreprise de Spartan (l'un des héros) qu'aux personnages en eux-mêmes. C'est vraiment inattendu. Il introduit aussi de nouveaux personnages et donne aux anciens une profondeur absolument insoupçonnée, chose que même Alan Moore n'avait pas réussi à faire dans un précédent volume de la série (il avait été obligé de fabriquer de nouveaux personnages).
Une série splendide et très conseillée

Titres écartés au profit de celui-ci:
- WILDCATS 3.0 par Casey et N'Guyen qui pousse encore le bouchon un peu plus loin.
- GLOBAL FREQUENCY , mini série en douze épisodes par Warren Ellis et une tripotée de dessinateurs



69. 2001 ACTION COMICS #775 , DC Comics (Joe Kelly/Doug Mahnke-Lee Bermejo)
Cet épisode de Superman est pour moi un véritable petit bijou. En effet, à l'époque où le plupart des séries vendeuses nous proposaient des héros cyniques, méchants et n'hésitant pas à utiliser leurs pouvoirs de manière inconsidérée pour arriver à leurs fins (oui, je pense notamment à Authority), les super-héros "classiques" sont devenus ringards dans l'esprit de beaucoup de lecteurs, notamment le meilleur d'entre eux, Superman.
Combien de fois ai-je entendu la phrase "oui, mais Superman c'est nul, il est trop gentil et trop niais, je préfère nettement Batman qui est … dark…" ou pire "on ne peut rien faire avec ce personnage" ? Trop souvent.
Et c'est une erreur classique. J'aurais tendance à dire qu'on préfère Batman quand on est un ado et Superman quand on devient plus vieux. Et qu''il n'y a pas de mauvais héros, simplement de mauvais scénaristes.
Superman est pour moi le super-héros ultime, celui qui a les pouvoirs d'un dieu mais qui se met à la place des humains. Alors oui, il sauve les petits chatons dans les arbres, mais depuis quand est-ce interdit d'être bon et gentil ? N'est-ce pas le principe de base d'un super-héros? C'est pour cela que je n'adhère pas à la version récente de Superman dans les films de Snyder, c'est pour moi un déni total de l'essence du personnage et un sacrifice de ses fondements principaux pour plaire à une certaine frange du public.
En un seul numéro seulement, Joe Kelly remet à leur place toutes les personnes qui trouvent le personnages nunuche et sans intérêt, en l'opposant à une équipe composée de héros cyniques et méchants, dont le fameux Manchester Black (caricature de n'importe quel super-héros de la ligne Wildstorm) qui reproche à l'homme d'acier de ne pas être assez méchant et de ne pas utiliser ses pouvoirs pour tuer ses adversaires.
Superman va alors lui donner une bonne leçon de morale, utilisant ses pouvoirs de manière assez inédite pour justement prouver que lui, Superman, est bien meilleur que ça.
Je ne vous dévoile pas tout, mais je vous conseille largement de vous pencher sur ce numéro, qui pour moi résumé totalement ce que doit être Superman.
Quelques mots sur les dessins de Doug Mahnke, excellents et de Lee Bermejo, qui alternent et qui sont tout à fait corrects.
Bref, je pourrais faire quatre pages sur le sujet, mais je considère ce numéro comme une pierre angulaire de toutes les histoires faites sur le personnage accompagné d'une jolie réflexion sur ce qu'est devenu le medium dans les années 2000.


Titres écartés au profit de celui-ci:
- Whatever Happened to the Man of Tomorrow (Moore/Swan) qui livre lui aussi une superbe definition du Superman pré-crisis
- JUSTICE LEAGUE DARK (Kelly/Mahnke) où les deux auteurs reprennent le personnage de Manchester Black au profit d'une justice league plus pro-active.
- JLA : OBSIDIAN AGE par toujours les mêmes auteurs et où le JLA est capturée et disparaît. C'est aux autres justiciers de les remplacer. C'est tout simplement excellent


70.2001. ALIAS #1-9, Marvel Comics (Brian Bendis/Michael Gaydos)

J'aurais pu mettre les premiers épisodes de Daredevil par Bendis et Maleev mais j'ai préféré ces premiers épisodes de la série Alias car à mon sens ils représentent tout ce que Brian Bendis a pu faire de bien à l'époque et tout ce qu'il a apporté.
En effet, ce scénariste qui avait commencé par des graphic novels (le très bon TORSO) puis par des dessins sur WAR MACHINE a commencé à se faire en nom en scénarisant la série SAM et TWITCH chez IMAGE, avant d'être débarqué sur la ligne ULTIMATE. On lui offre ensuite Daredevil et Alias, qui devait à l'origine être une série sur les aventures de Jessica Drew, alias Spider-Woman. Mais le personnage devant être réutilisé, Bendis crée sa propre héroïne, une détective privée dépressive et mal dans sa peau qui essaye de se remettre petit à petit d'un enlèvement. Petit détail : Jessica a des pouvoirs et a même été une super-héroïne nommée Jewel.
Dès le début, Bendis nous offre un récit très adulte, avec des scènes de sexe explicites et une tension comparable à ce que l'on retrouve dans les romans noirs. Jessica est un superbe personnage, parfaitement décrit et tout en sensibilité, entourée par des personnages secondaires plutôt bien sentis et qui va aller explorer les coins les plus sombres de l'univers Marvel.
Ici il s'agit de retrouver une personne disparue, qui va l'entraîner dans un complot à plus large échelle. Elle sera notamment accusée de meurtre et confrontée à Rick Jones, le président des USA et Captain América.
De plus, les dessins de Mike Gaydos correspondent parfaitement à cette ambiance plus adulte et plus mature.
D'habitude, on encense Brian Bendis pour ses dialogues, ici je trouve qu'il est nettement meilleur sur son intrigue et sur l'exploration intérieure de ses personnages.
Relu très récemment, cet arc est vraiment d'une très grande qualité.



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fred le mallrat

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 18:16

Promethea, Top Ten et Inhumans sont pour moi des tueries.

Deathlok.. j adore manco mais j ai trouvé ca confus (mais je suis pas sur ed l avoir lu dans l ordre non plus..)
Deadpool, je decouvre tardivement et j aime bien mais je préfère de loin Duggan.
Rising Star comme toi je préfère à Midnight nation.. que j ai trouvé un peu vide à la fin. Mais Rising Star a un concept trés bon... mais.. comme souvent avec JMS.. il a du mal sur la longueur. Y a un gout de peut mieux faire..

Alias j adore mais il y aquand même déjà chez Bendis des fin wtf.. déjà au 1er arc... c est du deus ex machina à qusi chaque conclusion et des trucs pas trés crédibles.. (dans la rc avec Spiderwoman.. où le gars surpuissant finit par prendre une raclée alors qu un numero avant.. il est trop fort..)

Wildcats et Superman.. j aime bien mais.. sans plus. Je prefere 3.0. d un coté ou le run de Loeb de l autre.

Pas lu la JLA..
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psychocouac

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 18:47

Je l'ai déjà dit mais j'aime beaucoup ta liste. Je ne commente pas à chaque fois faute de temps mais je lis tous tes posts avec intérêt.

Je suis d'accord avec Fred sur Top Ten et Promethea (même si j'ai subi les mêmes difficultés que toi à certains moments pour ce deuxième titre).

Je n'avais lu que le premier numéro d'Inhuman à l'époque. Je crois que c'était tombé à un moment où je lachais plus ou moins les comics ce qui fait que je n'ai jamais connu la suite.

J'aime bien Alias mais pas au point de la mettre dans un top. Ca se laisse lire mais je n'ai jamais trouvé ça transcendant.

J'aime beaucoup le début de la série Deadpool, qui mêlait si bien déjà à l'époque, humour, tragédie et héroïsme, mais à choisir je crois que je préfère le run de POSEHN et DUGGAN. La recette est la même quand on y pense mais je trouve la formule plus efficace dans ce run plus récent.

Heaven's ladder, je l'ai en grand et bel album VF. J'aime bien mais sincèrement sans Hitch ça n'aurait quasiment aucun intéret (en tous cas, je ne l'aurais pas acheté).

Je n'ai jamais lu cette période de WildCats. Je suis parti en même temps que Jim Lee. Quant à Rising Stars, je n'ai jamais lu la fin. J'ai tout ce qui est sorti en format kiosque en VF à l'époque mais malheureusement, ça n'inclut pas la fin. Pour être honnête, je croyais que la série n'avait jamais été conclue. Il faudra que je la lise un jour même si au point où j'en étais rendu, la série avait perdu pas mal de son intérêt à mes yeux. Mais bon, ça fait longtemps et je ne m'en rappelle plus si bien.
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 19:18

Merci Embarassed Embarassed

Sinon je te conseille vivement de te pencher sur WILDCATS vol 2 et le 3.0, je ne sais pas si des tpb existent mais franchement ca vaut le coup !
Tu as même avant le WILDCATS de ROBINSON/MOORE/CHAREST disponible en deux gros TPB !
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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 20:57

Promethea et Top 10 qui ne sont pas dans le Top 10 ?
Y'a pas intérêt à y voir du Johns ou du JMS*... S'il y a du Austen, je m'incline.

Je n'ai jamais accroché à l'humour pas drôle de Deadpool donc le voir prendre la place des JLA/JLI et de Miss Hulk est bien triste. La preuve: Crying or Very sad

Il m'est amusant de noter que pour Deathlock et The Inhumans, je me suis forcé à les acheter parce que je savais qu'il y avait quelque chose de singulier sur ces titres mais ils ne me parlent absolument pas. Mais je retiens une citation des Inhumains (d'habitude je ne retiens rien, même des trucs que j'adore): From diversity comes equality.

Oui, je ne dis que des choses relativement négatives mais c'est parce que je suis bien incapable de faire un Top 100.

*aaaaaaaaah, je viens de voir que tu écris que son run sur Spider-Man est l'un des meilleurs sur le personnage, re- Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 21:17

Rawhide Kid a écrit:

Oui, je ne dis que des choses relativement négatives mais c'est parce que je suis bien incapable de faire un Top 100.

Je croyais que tu allais dire que tu es "incapable de dire des choses positives" !



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Rawhide Kid

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 21:26

C'est pas vrai !
...
Merde, encore raté !
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mar 23 Aoû 2016 - 21:45

Je viens de regarder, je n'ai pas honte du tout de mon TOP 10 Wink
Et y'a pas de Straczynski Wink
Ni de Johns
Ni de austen.....
Bon, en revanche y'a du Claremont et du Wolfman.

Mais là pour le TOP 10, je me fais plaisir, c'est à dire je mets mes dix comics que j'emporterais avec moi dans la tombe même s'ils sont pourris.... ceux qui m'ont fait vibrer, procuré une étincelle au moment de l'achat et/ou de la lecture....
Mais y'aura du Moore (du coup c'est pas dur à trouver).

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 24 Aoû 2016 - 11:19

Pas de honte à mettre du Claremont dans ton top 10. Je me suis amusé à faire un top après avoir lu le tien. Il n'y a pas 100 comics et il ne s'agit pas de mes comics préférés mais de ceux qui m'ont le plus marqué (la nuance est fine mais bel et bien là).
Il y a beaucoup de Claremont!
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 24 Aoû 2016 - 13:19

Mets la en ligne !!!!!!
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kab
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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 24 Aoû 2016 - 17:31

Moi énormenent d'Ellis et de Morrison.

_________________
Dieu est amour et Jesus change le beurre en vaseline. Dieu est in.
Parole de Thieffain repris par Benabar
Merci JS.

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Mer 24 Aoû 2016 - 17:33

doop a écrit:
Mets la en ligne !!!!!!
Je le ferai peut-être quand tu auras fini la tienne.
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fred le mallrat

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Jeu 25 Aoû 2016 - 0:43

c est compliqué quand on y réfléchit...
l idée de le faire par année est pas mal car je pense que sans cela tu as tendance a en oublier.
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doop

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MessageSujet: Re: Mes 100 comics préférés   Ven 26 Aoû 2016 - 10:53

J'en ai déjà oublié, je ferai un top 3 ou 4 des titres que j'ai oublié Wink

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